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453 jours de chômage. 15 mois à Pôle Emploi. Et toujours pas l’ombre d’une embauche à l’horizon. Ni d’un rendez-vous à Pôle Emploi, mais ce point là m’arrange tant ils sont une gêne plutôt qu’une aide.

Reste qu’en 15 mois, ma situation n’a pas évoluée. Elle s’est juste enrichie de plusieurs centaines de candidatures, pourtant toutes ciblées. Et ça finit par peser… Sans parler de vous tous, pour qui c’est carrément suspect.

Pourtant, depuis l’été, j’ai enchaîné les entretiens d’embauche, et beaucoup d’entre eux ce sont bien passés. Oh bien sûr, j’ai eu droit à l’entretien pour voir ma tronche, ou à celui qui m’expliquait à quel point j’étais surdimensionnée pour le poste. Mais j’ai aussi rencontré un recruteur capable de m’expliquer précisément que j’étais très bien pour le poste mais qu’il avait trouvé quelqu’un qui disposait d’une expérience dans le secteur et qui s’intègrerait donc plus vite. Tous les entretiens que j’ai passé récemment se sont même extrêmement bien déroulés, et je semblais convenir parfaitement, à part peut être sur ce poste dans un très bel endroit, payé fort mal, et pour lequel j’ai le handicap majeur d’avoir du reporter l’entretien en raison de mes problèmes de dos.

J’ai également passé mon CV à toutes les personnes qui me le réclamaient très fort –juste pour voir si j’avais un peu de bonne volonté mais sans oser me le dire en face-, même si je sais que ce moyen ne donne jamais rien d’autre qu’un peu trop d’espoir, systématiquement déçu. Les statistiques sont là, implacables : 0% de réponse sur la centaine de CV passés par ce biais. Néanmoins je l’ai fait, pour éloigner les soupçons de profiter des allocations pour ne surtout pas chercher de travail. Et si on parlait des promesses de me faire un retour, même d’attente, ou même négatif ? Nan, nan, nan, c’est moi la chômeuse délinquante, c’est à moi de faire mes preuves, mais personne n’est tenu de me répondre. Sinon c’est pas du jeu.

Bref, pas l’ombre d’une réponse. C’est toujours le désert absolu. Tant et si bien que je finis par douter que cela change. Non, je n’y crois plus. Mais n’imaginez pas que j’ai perdu confiance en moi. Bien au contraire. Je suis persuadée d’être une excellente travailleuse, et de disposer de nombreuses qualités qui apporteraient beaucoup à une structure. Parce que je suis une collaboratrice loyale et fidèle, en plus de mes compétences techniques, exprimées dans de multiples domaines, et qui ne sont plus à démontrer. Si l’on ajoute que je dispose d’excellentes références… Malgré tous mes atouts, j’ai cependant acquis la certitude que personne n’était foutu de le voir, parce que je suis trop comme ci, ou pas assez comme ça. Syndrome de la vache qui rit.

Profil trop polyvalent, atypique, pas dans les clous de ce que l’on enseigne aux RH. Excellent peut être, mais pas rassurant, surtout en période de crise. Alors que quand on me connaît, on sait ma fiabilité. Le recrutement, c’est simple comme un coup de fil à mes références… Mais y’a de la friture sur la ligne. Lassée par toutes les fausses excuses entendues pour ne pas me prendre –quand j’ai eu la chance d’avoir un retour, c’est-à-dire sur 1% des candidatures posées- j’ai fini par en prendre mon parti : je suis peut-être au top, mais personne n’aura le courage de me faire confiance, parce que telle Zézette épouse X, je ne rentre pas dans les cases. Et non, ça ne signifie pas que je vais me pendre. Juste que je suis réaliste sur les affres du chômage de longue durée. Car il ne s’agit nullement de mes compétences qui elles, sont bien réelles.

C’est idiot, mais c’est comme ça : peu importe le savoir-faire, il faut juste disposer d’un parcours-type pour servir de doudou aux DRH et les ras-su-rer face au monstre de la crise. Désolé, mais je ne cherche pas en baby-sitting pour adultes attardés tétanisés à l’idée de se planter dans les choix qu’ils font dans leur job. Et si je veux bien tout faire pour trouver un emploi, vous comprendrez qu’il m’est compliqué de modifier mon parcours. Non, amis fonctionnaires ou étudiants bref ceux n’ayant jamais cherché un job, on ne peut pas mentir sur le CV : nombreux sont les cabinets de recrutement à vérifier ce qui est indiqué sur le papier, voire à nous demander la liste de tous nos certificats de travail sur cinq générations.

Quant à mes proches, famille et amis… Leur discours –si tant est qu’il y en ait jamais eu un- a bien changé. Plus personne ne me dit qu’il ne s’inquiète pas pour moi. Plus personne ne me dit que je suis brillante. Plus personne ne me dit rien, à vrai dire. Le mieux pour moi est encore qu’ils s’abstiennent de me distiller leurs bons conseils –terme très surfait tant la teneur desdits conseils est franchement discutable- voire qu’ils évitent carrément d’aborder le sujet. Quant à ceux qui pensent encore que j’ai du travail ou qui me proposent de venir chez eux aux prochaines vacances, comment dire… Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé.

Tout ceci ne m’empêchera pas de continuer à chercher vaillamment du travail, à montrer ma réelle motivation pour décrocher tel ou tel poste, et à profondément croire que je suis taillée pour l’occuper. Simplement, sans aucune illusion sur les ressources prétendument humaines qui me font face. Le chômage de longue durée, ça vous remet les deux pieds bien dans la merde réalité.

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