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Brahim Chioua, président du Studio Canal, vient d’annoncer officiellement la mise en chantier de Hungry Heart.

Au menu de ces révélations : le retour de la tribu Kusturica, une histoire d’amour douce amère dans le style Chat noir chat blanc, un budget de 8 millions de dollars, et un accord pour trois films avec Le Studio Canal.

Emir Kusturica laisse pour un temps son idée d’adapter Cyrano de Bergerac dans une version moderne se déroulant à New York. Le nez est pour un temps remisé au placard, mais reste en développement chez Emotions Picture, la société de Jean-François Fonlupt.

Exit le Nez, bonjour le cœur… Car Hungry Heart est avant tout une histoire d’amour. Durant le conflit dans les Balkans, le fils d’un chef de guerre est fait prisonnier par les bosniaques. La seule manière de le sortir de là est de procéder à un échange. Le père envisage donc de libérer une bosniaque. Mais lors des négociations, il tombe fou amoureux d’elle. Selon Brahim Chioua, patron du Studio Canal, le film sera une comédie douce-amère dans la veine de Chat noir chat blanc.

Côté tournage, peu de news. Le casting n’est pas encore établi, mais les acteurs seront balkaniques, et l’on devrait retrouver parmi eux un certain nombre d’habitués de la tribu Kusturica. La langue sera naturellement le serbe. Enfin le premier clap devrait résonner en février 2002, et le dernier 7 mois plus tard. D’ici là, Emir Kusturica poursuivra les repérages dans la montagne yougoslave, à 300 kilomètres de Belgrade, et peaufinera son scénario dès le mois de novembre.

Côté business, c’est Pierre Edelman qui a apporté ce projet à la branche production du pôle Canal +, après qu’Emir eut laissé de côté Le Nez. C’est un bon deal pour Emir, puisqu’Hungry Heart est le premier long-métrage d’un accord signé entre Emir Kusturica et Le Studio Canal, qui en comptera trois. On ne sait pour le moment rien des deux autres. La production exécutive sera assurée par Les films Alain Sarde, filiale du groupe, pour un budget de 8 millions de dollars.

Côté distribution, cet accord ouvre de nouvelles perspectives à Emir. Le Studio Canal fait en effet partie de la nébuleuse Vivendi-Universal, et ce partenaire pourrait donc faciliter l’exportation d’Emir outre-Atlantique. Nouveau deal, nouvelles perspectives de marché… voilà de quoi pimenter la carrière du réalisateur yougoslave. Enfin n’oublions pas que le réalisateur est un habitué des grands festivals, lors desquels il a toujours été primé. Alors, que vise cette fois la production ? Berlin, Cannes, Venise ? Réponse… en 2003 !