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Symptôme révélateur du manque de qualité des candidats à la candidature les plus populaires selon eux-mêmes et les sondages, la presse de leur propre camp les lâche.

La presse écrite, après avoir encensé ceux qui la nourrissaient, a en effet entamé son analyse, et commence à réaliser que la gestion de la France ne relève pas d’une bulle de communication. Il n’est donc pas trop tard.

Tout a commencé en septembre du côté de Nicolas Sarkozy, lorsque les premiers coups lui ont été porté par le pourtant longtemps très balladuro-sarkozyste quotidien Le Parisien. Et aujourd’hui, c’est Libération, LE journal de gauche, qui descend Ségolène en flèche.

Ce qui leur est reproché ? De faire une campagne marketing, alimentée au gré des sondages. Certes. D’ailleurs Nicolas Sarkozy ne s’en cache pas. Lors des briefings hebdomadaires des permanents de l’UMP, la stratégie est martelée, les sondages décortiqués, les conclusions tirées.

Hâtivement ?
Evidemment. Les Français aiment conserver le mystère, et si ils n’ont pas forcément honte de révéler leurs penchants, ils ont rarement envie de se révéler si longtemps à l’avance. En effet, l’écrasante majorité des électeurs n’a pas encore fait son choix.

Et pour cause. Les Français savent bien que tout le monde n’est pas encore entré en campagne. Aussi il reste logique de trouver en tête ceux qui s’agitent le plus dans les médias. C’est un moyen de permettre à la presse, qui est associée à ses sondages, de s’auto-convaincre d’un potentiel résultat.

Mais pour les sondés, c’est un jeu. Un remake du chat et de la souris : cours après mon intention de vote, mais tu ne l’attraperas pas…

La preuve ?
Les sondages ne donnent jamais le bon résultat, contrairement à des pays comme le Canada, où la marge d’erreur est extrêmement réduite.

Pourquoi ?
Tout d’abord, pour une raison technique : les sondages sont mal échantillonnés et basés sur un trop petit nombre de sondés, ce qui ne permet aucun affinage.
Ensuite, parce qu’ils sont trop nombreux, et finissent par agacer les Français.
Enfin, parce qu’ils constituent une introspection dans un acte considéré en France comme intime.

Ce qui est grave, dans cette campagne, c’est que les candidats affinent leurs propositions et se livrent à une surenchère de mesures toujours plus démagogiques et empruntées à tous les points de l’échiquier politique, selon les résultats de ces sondages… et donc sur du vent.

Le risque ?
Que les Français votent totalement autre chose que ce que les sondages annoncent.
D’où la nécessité, pour éviter un second 21 avril, de leur présenter d’autres choix.

Si la multiplication des petits candidats est un handicap car elle ne permet pas aux Français de faire un choix crédible pour le pays, il semble désormais indispensable de présenter des candidats solides, afin de ne pas voler le premier tour des Français…

Plus que jamais, la thématique des primaires au sein des partis est derrière nous. Les adhérents des deux grands partis, PS et UMP confondus, réunissent à peine 1% du corps électoral. Aussi ils ne sont pas aptes à désigner les candidats qui se présenteront devant les électeurs.

Cessons ce non-sens : il est temps de penser aux 99% de Français non encartés, et de leur offrir un vrai premier tour.