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La semaine passée a vu son lot de propositions ubuesques proposées par les uns et les autres.

Sur le grill, évidemment, les jurys populaires de Ségolène. La baudruche du PS, qui n’en finit pas de perdre de l’altitude dans les sondages face aux deux autres candidats à la candidature de son parti, n’a rien trouvé de moins que de soumettre régulièrement l’action des élus locaux à des jurys de personnes tirées au sort sur les listes électorales.

Comme l’a rappelé Valérie Pécresse, député des Yvelines et porte-parole de l’UMP, c’est une idée purement maoïste, tant dans la forme que dans la dénomination : « Remplacer le suffrage universel par le tirage au sort (…), cela renvoie à une vision un peu étrange de la démocratie qui rappelle le temps de la révolution culturelle de Mao en Chine.« .

En effet, la démocratie ne doit pas verser dans l’extrémité de mettre une épée de Damoclès au dessus des serviteurs de la République chaque fois qu’ils construisent un équipement ou changent le sens de circulation d’une rue.

D’une part, il existe déjà des structures dédiées à la démocratie participative si chère à Ségolène Royal. Les comités consultatifs de quartier ont en effet déjà le rôle d’indiquer aux élus l’avis de la population en amont de tel ou tel projet, et permettent ainsi de tenir compte de l’avis des administrés.

D’autre part, il serait dangereux de constituer de tels jurys populaires, qui pourraient en effet se transformer en véritables comités de salut public. N’oublions pas que les jurys condamnent, et ne rendent pas d’avis. Si en matière judiciaire les jurys d’assise sont tirés au sort, ils sont toutefois déconnectés de la chose jugée, avec laquelle ils n’ont aucune proximité. A contrario, le jury populaire d’une commune aurait à juger le travail de son maire… avec lequel il a par essence un lien : celui d’avoir voté ou non pour lui. Il ne saurait donc être impartial.

Laurent Fabius, lui, pense qu’ »Il ne faut surtout pas épouser une espèce de populisme qui ferait le lit de l’extrême droite. » En effet, et c’est le dernier point, une politique mise en action au cours d’un mandat ne peut être jugée avant son terme, et la sanction repose sur le suffrage universel. Il ne saurait être question de vider ce dernier de son sens, dans cette course à l’échalote visant à toucher le pompon du marin – pardon, à entrer à l’Elysée. A force de vouloir flatter le peuple, on risquerait ainsi de lui retirer le plus important. Et comme le peuple n’est pas dupe, il aura pris le large avant. Reste à savoir où…

Avant de chercher à avoir constamment l’aval des Français, encore faudrait-il leur faire des propositions. Et pour le moment, ce qu’ils veulent, c’est savoir comment ils vont boucler leur fin de mois. Et donc, qu’on leur propose des idées concernant l’emploi, le coût de la vie, du logement, des impôts… et au centre de tout ça, comment se résout le problème de la baisse constante du pouvoir d’achat.

Comme le confirme le sondage LH2-RMC paru ce jour dans 20 minutes, et qui place en tête des priorités des français l’emploi, suivi de l’action sociale et de la rénovation urbaine, mais devant l’insécurité, c’est sur ce cette question centrale que ce fera la présidentielle cette année, qu’elle soit ou non traité par les candidats. A eux d’être vigilants s’ils ne veulent pas assister à une fuite des électeurs…