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Je hais les bien-pensants. Depuis quelques jours, ils se sentent investis d’une nouvelle mission, et clament à qui veut bien l’entendre que c’est scandaleux d’imaginer diffuser les résultats sur le web à partir de 18h.

Certes, la loi prévoit que ce soit à 20h, et il faut respecter la loi, ne voyez pas en moi un rebelle anarchiste qui vous inciterait à braver l’interdit en les publiant sur vos blogs. Mais soyons honnêtes : qui sont ceux qui s’insurgent contre la publication des premiers résultats ? Ceux là même qui, appartenant au microcosme politico-médiatique, les auront, de par leur fonction ! Tout ça parce que le pic d’audience ne va pas leur profiter !!!

Quand ils disent que les résultats peuvent influencer le vote des derniers à se rendre aux urnes, ça peut se comprendre. Encore que. Qui sont les derniers à ce rendre aux urnes, après 18h ? Pour une majorité, ce sont des urbains qui rentrent de promenade ou de week-end. Là où, à priori, ils n’ont pas accès au web. Perso je ne suis jamais allé au parc avec des enfants et… mon ordinateur wifi.

Et quelle est la proportion de ceux qui ont le 3G et qui surfent sur le web depuis leur téléphone portable et qui dans le même temps n’auraient pas déjà votés ? De même, à combien de voix se montent le nombre de gens qui iront regarder les résultats partiels avant de se rendre aux urnes ? On ne se ferait pas des nœuds au cerveau, là, par hasard ?

D’autre part, et c’est là que ça m’amuse. Certains de ces bien-pensants ont même déclarés que c’était inéquitable que les internautes puissent être mieux informés que ceux qui n’ont pas internet. Revoilà le serpent de mer de la fracture numérique… malheureusement très mal utilisé.

D’une part, les internautes ont toujours plus d’offre que ceux qui n’ont pas internet, quel que soit le sujet, étant donné qu’internet est précisément quelque chose de plus que de ne pas l’avoir. Voilà pour la lapalissade que m’ont forcé à écrire ces bien-pensants, rien que pour ça je les hais.

D’autre part –et c’est là le plus drôle- je m’estime, bien qu’internaute, traité de manière inéquitable par rapport aux rédactions qui elles auront les résultats. Comment ça elles en ont besoin pour travailler ? Je m’en fiche complètement, c’est inéquitable ! Bref, vous en voulez encore des arguments débiles ? Nan parce qu’à ce jeu, je suis très forte.

Enfin, et pour terminer, tous ces bien-pensants sont les premiers à appeler leurs réseaux pour avoir la tendance. Et n’importe qui en mesure d’avoir des infos iraient à la pêche, c’est complètement naturel. Aussi mêler la démocratie à cette lutte pour l’audience, venant de ces journalistes, c’est tout de même l’hôpital qui se fout de la charité.

Voilà pourquoi, dimanche, je vais couper la poire en deux. Je ne vais pas crier avec la meute à ce scandale fictif mêlant la démocratie à une simple lutte d’audience –bien que je me réjouisse qu’une fois de plus internet soit au centre de la campagne électorale- mais je ne vais pas non plus publier les résultats sur mon blog –non par idéologie, mais parce que je ne serai pas en mesure de vérifier les rumeurs. Et donc… je me contenterai d’aller surfer sur les sites européens !!!