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Et c’est reparti pour un tour ! Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se sont lancés à fond dans la campagne pour le deuxième tour : Ségo était hier soir à Valence, Sarko à Dijon.

Au rayon  politique politicienne de notre grand magasin France, Sarko emporte la palme haut la main grâce à ce magnifique doublé : d’une part, il s’attache le soutien d’Eric Besson le soir même où Ségolène se rend dans le département de ce dernier, d’autre part, il ajoute à son pupitre un bandeau de couleur… orange centriste !

Dans le même temps, le même match se joue sur TF1. Là encore, Sarko a sortie l’artillerie lourde. Fis des Hortefeux (grillé sur la proportionnelle), Morano (tombée en disgrâce), Dati (pas assez mûre), du trio Copé, Jego, Bertrand (trop agressifs), Fillon (trop girouette), l’UMP sort des valeurs sûres et réputées calmes : et c’est Alain Juppé qui s’y colle…

Et pour cause : Alain Juppé est précisément celui qui, lorsqu’il était président de l’UMP, n’a pas tué l’UDF en ne positionnant pas, lors des législatives de 2002, des candidats UMP face au centristes susceptibles de l’emporter. Une attitude longtemps décriée par Nicolas Sarkozy, qui n’hésitait pas à se montrer extrêmement dur avec son prédécesseur, quand ce n’était pas, dans des circonstances plus off, carrément insultant.

C’est d’ailleurs le même Nicolas Sarkozy qui jurait ses grands dieux qu’il serait celui qui tuerait l’UDF en présentant systématiquement un candidat face à eux dans toutes les élections, et qu’il ne prononcerait jamais le nom de François Bayrou –« je ne parle pas de ce qui n’existe pas ».

Ce qui explique tout de suite mieux pourquoi le candidat centriste ne devrait pas prendre parti en faveur de l’UMP. Et pour les accords pré-électoraux éventuels sur les législatives, aucun sarkozyste n’est apte à discuter : seuls les vieux de la vieille, les rebus d’hier, sont à même de se faire entendre des centristes qu’ils n’ont jamais négligé. En la matière, Alain Juppé est l’homme de la situation.

Au vu du score des centristes, il est désormais complètement évident pour tout le monde que la Sarkozie ne gagnera pas la présidentielle seule. Contrairement à ce que le score de 30% laisserait à penser, de prime abord, Nicolas Sarkozy n’est pas tout puissant dans son camp. Au sein de l’UMP, il a eu besoin de l’union de la droite pour réaliser un tel score, et pour gagner, il a besoin de la diplomatie des chiraquiens pour récupérer les voix des brebis égarées.

Si Sarkozy est élu le 6 mai, voilà qui présumera un scrutin intéressant pour les élections à venir à la présidence de l’Assemblée Nationale, mais aussi et surtout à la présidence de l’UMP, en novembre prochain.