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Du haut de mes 33 ans, je me sens à fond dans la vague orange qui a déferlé sur la France.

Militante UMP depuis 2002 et le choc avec Le Pen, je me suis pas retrouvé dans une grande partie du programme de Nicolas Sarkozy -étant résolument de droite- mais absolument pas dans les valeurs qu’il a défendues.

Je n’ai que trop vu sa manière de gouverner le parti, à base de chantage et de pressions, je ne peux pas accepter les atteintes à la liberté de la presse et d’opinion. Selon mon intime conviction, l’UMP est devenue un RPR-bis, un parti de godillots dans lequel aucun avis ne peut différer de la tête pensante puisqu’il faut gagner. Fut-ce à tout prix ?

Lorsque j’ai senti que Chirac ne se représenterait pas –bien avant son annonce officielle – je me suis retrouvée orpheline, allant jusqu’à penser que peut être j’allais arrêter la politique. Avec mes amis, nous avons alors longuement discuté : le choix de François Bayrou s’est imposé à beaucoup d’entre nous.

Petit à petit, je suis entrée dans la campagne. Auprès de mon entourage d’abord, cherchant à les convaincre, souvent avec succès. Puis dans les bistrots, prenant toute ma place dans les conversations de comptoirs. Et enfin sur le terrain, en allant en meeting, en emmenant avec moi des amis à convaincre.

C’est donc le cœur léger et le sourire aux lèvres que j’ai voté ce 23 avril. Pour moi c’était une belle journée que celle où j’allais dire « non à Sarko » tout en votant pour mes valeurs de droite, à savoir la liberté et la responsabilité : pour le respect des libertés fondamentales, et pour la responsabilité de ne pas mettre un homme dont je doute au pouvoir.

Le 23 avril à 20 heures, je n’ai pas été déçue. Bien qu’ayant longuement espéré l’élimination de Ségolène Royal, je me doutais que la diabolisation de François Bayrou en fin de campagne du premier tour lui serait fatale, convainquant une partie de ceux qui envisageaient de lui accorder leur suffrage à finalement voter utile.

Ce 23 avril, à 20 heures, j’étais fière. Fière que 18,57% de la population ait voté pour une autre vision de la politique. Fière de cette prise de conscience massive, et de ce refus du système tel qu’il est et que je connais si bien. Fière de cette osmose humaniste entre ces 6 millions d’électeurs. A ce moment, j’ai pris conscience que j’avais définitivement rejoint la Génération Orange.

Voilà pourquoi François Bayrou joue une carte intéressante en proposant la création du Parti Démocrate. Il me semble en effet que la Génération Orange a une place de choix à y prendre, pour incarner ce grand mouvement de rénovation de la vie politique française. Tout dépendra de ce qu’il en fera.