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Dans le débat qui a opposé François Bayrou à Ségolène Royal ce samedi 28 avril, une question importante a été abordée, sur laquelle je suis en désaccord avec les deux protagonistes de cette discussion : Bayrou et Royal se sont exprimés contre l’indemnité chômage de 5 ans pour les députés battus, au motif que la durée d’indemnisation est bien plus longue que celle des français.

Tout d’abord, cette indemnité n’est perçue que tant que les députés battus n’ont pas retrouvé d’emploi. Ensuite, elle est bien évidemment dégressive, comme toutes les autres indemnités chômage. Enfin, elle n’est pas accordée systématiquement : si elle avait existé en 2002, elle n’aurait concerné qu’une trentaine de députés sur 577 députés.

En effet, cette indemnité n’est accordée qu’aux élus qui n’ont pas d’autres revenus, et qui subissent une perte conséquente. N’oublions pas que certains cas sont dramatiques : sur la précédente législature, certains battus se sont retrouvés du jour au lendemain au RMI. Et ont ainsi divisé leur revenu mensuel par 10. L’accepterait-on pour n’importe quel autre catégorie de travailleur ? Non.

Il faut rester honnête : un député qui travaillait dans une entreprise ne retrouve pas forcément facilement du travail, justement parce qu’il a été élu. Il subit alors un préjudice pour avoir accepter de s’investir dans la vie politique, contrairement aux élus issus de la Fonction publique qui eux, retournent automatiquement dans leur précédent emploi lorsqu’ils sont battus.

Si l’on veut moderniser la vie politique, il est indispensable de s’intéresser à cette question : en supprimant cette indemnité, il sera à nouveau difficile de trouver des candidats venant de toutes les origines professionnelles.

Supprimer cette indemnité, c’est prendre le risque de se retrouver à nouveau avec une assemblée dotée d’une surreprésentation de fonctionnaires et de professions libérales, c’est à dire en total décalage avec les préoccupations des français.