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Les libéraux ont toutes les raisons de craindre Nicolas Sarkozy. Le nouveau président, élu par les Français, a souvent été qualifié d’ultra libéral par la gauche, qui sur ce plan fait preuve soit d’une vilaine mauvaise foi, soit d’un manque de culture politique évident. Car Nicolas Sarkozy n’est pas libéral, mais totalement interventionniste.

Pendant le dernier quinquennat, il était numéro deux du gouvernement, et ministre d’Etat. Ou plus tôt, il était des tas de ministres. Rappelez vous : ministre d’intérieur, mais en même temps, il est intervenu dans la réforme des retraites (le rapport avec l’intérieur ?) ou encore la réforme de l’éducation nationale (le rapport avec l’intérieur ?).

Puis il est passé à Bercy, le ministère des Finances. Et là, c’est au sens économique qu’il a démontré son interventionnisme… en augmentant le rôle de l’Etat dans l’économie. Parmi ses faits de guerre, il a obligé la grande distribution à limiter ses marges pour ne pas augmenter les prix. En dépit de la loi du marché. Comme libéral, on fait mieux.

Interventionniste également dans l’UMP, qu’il ne préside plus, mais à laquelle il impose une énième réforme des statuts, destinée à lui assurer la mainmise totale sur cet appareil… fusse au prix de la suppression de la démocratie au sein de cette instance. Soit disant pour ne pas avoir d’opposition interne.

Pourtant, l’UMP a été totalement solidaire du gouvernement dès sa création, en 2002, et elle a très fidèlement soutenu les réformes de Raffarin en 2003, notamment celle des retraites. Comme quoi, c’est possible. Bizarrement, elle ne l’a plus été à compter de fin 2004… et de son élection.

Qui n’a pas été solidaire du président de la République ? Nicolas Sarkozy. Il marque là son manque de confiance vis à vis de son propre camp. Intéressant comme conception du pouvoir… Intéressant.

Enfin, et c’est encore plus embêtant, il est interventionniste dans le domaine des médias. Président de l’UMP ou président de la République, il n’hésite pas à appeler ses amis patrons des grands groupes de presse écrite et audiovisuelle, ou à faire appeler les rédactions, pour ne pas faire paraître les infos qui dérangent. Comme le fait que sa femme se balade publiquement avec un autre homme, ou qu’elle n’ait pas voté (et donc pas voté pour lui).

Eh oui, Nicolas Sarkozy, après avoir usé et abusé de l’utilisation de la presse pour faire parler de lui, en mettant en avant sa famille, il ose se plaindre que son statut de personne publique le rende vulnérable à la diffusion d’informations relatives à celle-ci.

Pire, il se retranche derrière la notion toute relative de vie privée… cela même alors que cela reste de l’information : il reste normal que les français sachent que sa femme, à priori le personnage le plus proche de lui, n’ait pas voté pour lui. Cette atteinte à la liberté de la presse, liberté fondamentale, est inacceptable.

Cet homme, demain, sera officiellement président de la République. Ne le qualifiez plus de libéral. Vous insulteriez la liberté.