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12 août 2010. Une journée d’été, assombrie par la diffusion d’un rapport du comité pour l’élimination de la discrimination raciale(OCDR), organisme de l’ONU, sur la France. Notre pays, celui des Lumières, de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, a été épinglé en raison de la politique menée par le gouvernement.

Passé le choc de ce camouflet, cela n’a rien d’étonnant. Depuis 2001, Nicolas Sarkozy repose toute son action politique sur la thématique de la sécurité. Eternel rappel pour flatter les plus vils instincts de l’être humain, il va toujours plus loin, dans le seul but de faire oublier le mécontentement de la population à son égard. A chaque nouveau recours à la sécurité, une nouvelle étape est franchie. Un nouveau pas vers les thèses du Front National. Une nouvelle division de la population. Par idéologie ? Bien pire : par électoralisme.

Après le débat sur l’identité nationale pendant les régionales, voici l’apetizer de 2012 : en question, la déchéance de la nationalité, et la chasse aux roms. Peu importe qu’ils soient roumains et donc européens, ou même qu’ils soient français pour les gens du voyages… Il faut les exclure, les rejeter, les montrer du doigt. Parce qu’ils contreviennent à la loi en occupant des camps illégaux.

Petit problème de maths : si la moitié des camps de gens du voyage sont illégaux, et que la moitié des communes de plus de 5000 habitants ne sont pas en règle avec la loi imposant de créer des aires d’accueil pour eux, existe-t-il une solution pacifique à ce problème ? Ou envisage-t-on tout autant de renvoyer chez eux hors de leur pouvoir de maire tous ceux qui ne se seraient pas mis en conformité ? Absurde, mais pas moins que de chasser les roms…

Sarkozy joue avec les peurs des français. En agitant le chiffon rouge,  il démontre qu’il n’a jamais réussi à monter sur la plus haute marche et à devenir un président. Il est resté un chef de parti, plus préoccupé par le sort de son camp que l’avenir de la France. A flatter les électeurs, il a oublié qu’il était président de tous les français. Garant de la cohésion nationale. Quelle cohésion, lorsque l’on dresse les uns contre les autres ?

Qu’en est-il du peuple français ? A nous de réagir et de faire parler la solidarité nationale. Faute de quoi, l’agitation purement politicienne de Sarkozy produira un nouveau 21 avril… à l’envers.