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L’UMP organisera le 5 avril prochain une convention sur la question de la laïcité et de l’islam, qui devrait notamment aborder des questions liées à la construction de mosquée, au hallal, à la prière dans la rue… Il est utile de rappeler que la convention, au sein du de ce parti, est un temps de réflexion pour constituer le projet présidentiel.

Ce débat, consécutif à une année déjà marquée par le débat sur l’identité nationale, le vote de la loi sur l’interdiction de la Burqa, le discours de Grenoble et la question des roms, participe au paquet sécuritaire mis en place par le chef de l’Etat pour récolter quelques voix en flattant l’instinct nationaliste. Cette stratégie électoraliste est dangereuse : elle met en péril notre pacte républicain  autant que notre cohésion nationale. Au risque de faire monter les extrêmes, qui sont aujourd’hui autour de 20% dans les sondages.

Face à cette nouvelle tentative de brader les valeurs républicaines, Dominique de Villepin n’a pas tardé à réagir: « J’ai entendu le Président s’exprimer sur les imams, sur l’Islam en France, sur les mosquées, sur les prières de rue ; pourtant des solutions, nous en avons. Nous n’avons pas besoin d’ouvrir un nouveau débat sur la laïcité. Si nous manquons de mosquées en France alors construisons des mosquées. » En effet, l’UMP semble oublier que la loi de 1905 répond déjà à ce débat : elle fixe les principes de neutralité de l’Etat et de libre exercice des cultes, assurant ainsi une double liberté de protection de la conscience et de pratique.

Parce qu’elle refuse tout repli communautaire, la laïcité est une grande conquête de la République. C’est une exigence républicaine forte, qui ne doit pas céder aux sirènes d’une remise en question par des mouvements communautaristes, intégristes ou racistes, et qui seraient contraires à l’esprit de la République, à notre idée d’un citoyen universel doté des mêmes droits et des mêmes devoirs. Il n’y a de communauté que nationale.

Chacun doit veiller à préserver la laïcité dans cet équilibre basé sur la tolérance et le respect, en qui permet le vivre ensemble et le rassemblement de tous, dans le respect des pratiques religieuses, des opinions, et convictions diverses de chacun. La France est, et doit rester, une et indivisible.