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Alors que ma vie par en quenouille, pour ne pas dire en couille, que mes potes se demandent si oui ou non je suis digne de rester dans leur entourage –still waiting for the answer et accessoirement de leurs nouvelles, ce qui commence à ressembler àWaiting (le morceau des Thugs, inculte !)-, que les divers recruteurs cherchent quel prétexte ils vont utiliser pour m’expliquer que je suis trop comme ci ou pas assez comme ça comme dans la pub pour La Vache Qui Rit de-quand-on-était-petits, que j’ai arrêté la politique –encore qu’il serait plus juste de dire que c’est la politique qui a arrêté avec moi (mais pourquoi tant de haine ?)- et que je me débats entre insomnies et douleurs dorsales à la limite du tolérable tellement que si j’étais House moi aussi j’aurais pris plein de Vicodine, j’ai envie d’un petit coup de fil sympa où l’interlocuteur ne me prenne pas la tête de peps.

C’est ainsi qu’en rangeant un peu chez moi pour occuper ma journée de chomiste-vivant-aux-crochets-de-la-société, je suis retombée sur mes cours de guitare. Toutes ces feuilles écrites par Andy pendant nos leçons où j’étais –il faut l’avouer- une bien piètre élève. Avec lui je n’ai pas appris à jouer sur Jeux interdits, mais sur Led Zeppelin, Nirvana, Noir Désir ou Metallica. Ouais mec. Bon, j’étais nulle. Sauf en picking. J’avais même, avec cette technique, un certain don pour composer. Dixit Andy. Ce qui vaut parole divine. Pas moins. Attention un jour j’ai sauté par-dessus une table de café d’un bond sur un mec qui avait dit un mot de trop sur Andy. Qui ne m’a jamais dit oui. Mais à ce que je m’en souvienne, je ne lui ai jamais demandé non plus. Fin de la parenthèse. Lecteur, te voilà prévenu sur mes dons de gymnaste. Et surtout ne me demande pas où j’ai trouvé les ressources pour sauter d’un bond par-dessus une table de café, toute la ville se l’est demandé. Je ne parlerai qu’en présence de mon avocat. Et en échange de l’immunité.

Au milieu de mes trésors d’adolescence, j’ai retrouvé mes morceaux et notamment le plus beau d’entre eux : Ange blanc. Stupid name. Un ange est toujours habillé en blanc sinon c’est un démon. Quitte à rester sur l’histoire d’un ange, Naked angel aurait été tellement mieux. Plus subversif. Moins girly. Il faudra donc songer à changer ce titre tout pourri. D’ailleurs à l’époque j’écrivais de très mauvais textes qui méritent tous de rejoindre le tas de bois pour faire du feu l’hiver. Tendance trop rebelle de pacotille, genre totalement naïve. Presque la guerre c’est mal et le coca c’est bon. J’aurais pu jouer dans Kyo. A la place, j’avais un groupe de filles. Ouais je sais, c’est pareil. Donc le concept, c’était trois nanas… avec des jupes ras-la-touffe. C’était nettement plus vendeur que le bruit qu’on faisait. Preuve que j’ai toujours eu le sens de la communication. Dois-je le rajouter comme expérience probante sur mon CV ? Hum…

Totalement par hasard, j’ai joué avec Noir Désir. Enfin, j’ai couru après. Une fois. C’est une vieille histoire de Tostaky et de chien. Chien qui d’ailleurs s’appelait Tostaky. Et si un pote avait fermé sa grande bouche à ce sujet, je n’aurais jamais eu à me ridiculiser devant mon groupe fétiche. En jouant alignant des notes qui ensemble, auraient du correspondre àTostaky. Ou plutôt, en courant après Sergio qui lui, jouait Tostaky. Ah je peux te dire, lecteur, j’étais désinvolte, et je n’avais l’air de rien !!! Heureusement j’ai plus brillé avec Sonic Youth… avec qui le jeu consistait à mouvoir sur le manche de Thurtson Moore une bouteille de bière. Non pas ce manche là encore que je n’aurais pas dit non. J’ai toujours été bonne sur la bouteille de bière, ça personne n’ose le nier.

Du coup, frappée en plein cœur par la nostalgie, j’ai ressorti ma guitare. Pour le plus grand malheur de mes voisins qui vont devoir me supporter, de mon poignet qui va avoir trop mal et de mes doigts qui finiront tout cornés. Ce soir j’ai 17 ans. So what ?

*Titre avec un morceau des Thugs dedans