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Après avoir scandé tout au long de la campagne présidentielle de 2007 son slogan fétiche, Travailler plus pour gagner plus, Nicolas Sarkozy effectue un nouveau rétropédalage absolument magistral.

La loi TEPA -Travail Emploi Pouvoir d’achat- vit en ce moment ces dernières heures… avec la remise en cause de la défiscalisation des heures supplémentaires. C’est que la crise est passée par là, et l’Etat, soucieux de préserver sa notation AAA, est à la recherche de quelques milliards pour tenter de respecter ses engagements en matière de finances publiques.

Déjà il y a quelques mois, le bouclier fiscal -autre mesure phare de 2007- avait rendu l’âme. Le scandale de l’affaire Bettencourt avait mis en lumière le versement par le trésor public d’un chèque de 30 millions d’euros à la propriétaire de L’Oréal, en remboursement du trop perçu du fait de ce bouclier fiscal. Après s’être entêté pour conserver cette mesure, Sarkozy avait fini par renoncer. Amusant de voir aujourd’hui certains grands patrons réclamer de payer plus d’impôts au nom de la nécessaire solidarité…

L’actuel locataire de l’Elysée pourra toujours dire que c’est la faute de la crise –et non à la crise, essayons de parler français- la faute en revient surtout à l’endettement massif de l’Etat depuis des décennies, et la non perception par Sarkozy comme les autres dirigeants mondiaux de l’ampleur de la crise, et du poids prépondérants des marchés dans l’économie mondiale.

En ce qui concerne l’avenir, ne nous leurrons pas : quel que soit le prochain président, il devra impérativement programmer dès le début du mandat une profonde réforme fiscale. Cela passera forcément par une augmentation des impôts, éventuellement par la création de nouvelles tranches, ou par la hausse de la CSG. C’est à ce prix que nous réduirons notre endettement. Espérons qu’il aura alors aussi conscience d’y insérer une nécessaire justice fiscale, comme le préconise notamment Villepin, c’est-à-dire faire contribuer chacun selon ses moyens.