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Tout au long de l’été, elle m’avait tourné autour. De reports de rendez-vous en coup de fils inexistants, l’information nécessaire à nos activités communes avait cessé d’exister. Les questions sur nous s’étaient évanouies dans la nature, nous transformant peu à peu en deux étrangers.

Cette fin, je la sentais, si près, voulant à tout pris m’enserrer. A tel point que je l’avais questionné. Que nenni m’avait-il promis, jurant ses grands dieux que même si ce n’était pas toujours facile, il me comprenait et ne pourrait jamais m’en vouloir. Notre relation étant basée sur la confiance, j’y avais cru. Des deux mains et des deux pieds.

Et pourtant, je le sentais s’éloigner. Il faut bien l’avouer, j’étais fautive. Tout en moi contribuait à ce départ : trop chiante, trop chiante, trop chiante. Mais pourtant, je le croyais. Comme toujours, quoi qu’il en ait jamais pensé. Comme un ultime malentendu. J’avais compris la distance. Tenté de le faire rire. Usé de tout ce qui l’an dernier, à la même époque, faisait qu’il réclamait le contact. Rien n’avait marché : inexorablement, il s’en allait. En moi, l’idée de le laisser partir grandissait. Par pur respect. Parce que parfois, l’amitié, c’est savoir ne pas devenir toxique. Préserver le beau.

Mais avant, il fallait m’assurer que telle était bien sa volonté. Ne pas me tromper, éviter le trip parano. Hélas, le retour de l’été s’était avéré tout aussi froid. Lenteur à me répondre, hypothétique rendez-vous calé ce mardi, sans autre précision si ce n’est la promesse de ne pas l’annuler. Autant d’inactions qui me sont si naturelles avec certains de mes proches, mais totalement décalées dans la manière que lui et moi avions de fonctionner. Même les questions professionnelles avaient fini par susciter sa plus profonde indifférence. Alors le perso… L’envie qui s’enfuyait. Après moultes relances, j’ai fini par lui soutirer l’implacable vérité : demain, pas possible.

Cette date, qu’il avait choisie, était pourtant connue de nous deux comme étant celle de la dernière chance : après je suis indisponible, puis lui, et pour un bon moment. Il n’y aura donc pas d’explication ni d’au revoir, juste un goût d’inachevé. Et un grand vide. L’amitié, qu’il avait tant voulue, s’en est allée sur la pointe des pieds. Et la confiance avec. Chat échaudé craint l’eau froide… et la douche glacée de cette fin d’été.

Finalement, j’ai trouvé du temps malgré mon indisponibilité. Et par une fin d’après midi ensoleillée, il m’a rejoint à la terrasse de notre café. Quelques mots simples prononcés et instantanément, j’ai compris cet été. En un éclair, tout était oublié. Non, il n’avait pas fui. Mais parfois certaines réalités… La force de notre amitié nous a permis de surmonter les difficultés. La confiance est intacte, ainsi que notre éternel soutien mutuel totalement inconditionnel : l’ombre n’aura pas gagné.