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© Sophie Le Roux

La plénière Le féminisme est-il un humanisme ? fut l’occasion pour Jean-François Copé de revenir sur le sujet ô combien délicat de la parité en politique… certains partis -dont le sien- préférant payer des amendes pour non respect de la loi sur la parité plutôt que de présenter le quota requis de candidates.

Alors que je m’attendais à une énième version du discours sur le manque de femmes formées en politique –ce qui n’est pas toujours faux, mais il faut bien admettre qu’on ne fait pas grand-chose pour repérer les bonnes-, Jean-François Copé a dressé un constat un peu plus réaliste que d’habitude au sujet de l’absence de parité à l’UMP, et étalé de manière relativement juste les difficultés qu’il rencontre à concilier parité et investitures.

Selon le secrétaire général du parti majoritaire, les hommes élus refusent de lâcher leur circonscription d’élection, et chaque fois que le parti tente d’imposer une femme, ils menacent de se présenter sans étiquette. Ce qui fait prendre un risque d’échec au parti… et pose un rapport de force entre la tête nouvelle, plus difficile à installer, et le vieux loup qui risque de remporter tout de même l’élection, mais sans ne plus rien devoir au parti. Ou le risque de l’indépendance, pour un résultat qui ne verrait pas émerger de femmes…

Face à ce dilemme, Jean-François Copé annonce vouloir présenter 50% de femmes dans les circonscriptions non détenues actuellement par la majorité. Et d’enfoncer le clou : « sur ce sujet, il vaut mieux être minoritaire ». Avant de préciser sur quel type de scrutin : « Quand c’est uninominal, là c’est horrible. ». En effet, pour les scrutins de listes, la question est plus simple, l’UMP appliquant automatiquement la parité. Et de nous sortir une bien jolie phrase pour plaire aux dames : « J’assimile le machisme à une certaine forme de racisme. Derrière le machisme, il y a en réalité une certaine forme de rejet et d’exclusion. » Paroles, paroles, paroles…

Si je trouve intéressante la prise de position de Copé, qui va un peu plus loin dans les coulisses de la vie politique, et évoque donc –à mots couverts- la difficulté pour un grand parti de gérer les candidatures dissidentes –ce qui le porte à sacrifier les femmes et c’est un premier pas que de le reconnaître-, je note cependant un trou béant dans sa démonstration : quid des alliances ? Car si la parité se heurte aux sortants, elle se heurte également aux étiquettes, lorsque les petits partis viennent à négocier quelques circos en échange de leur soutien.

Les femmes en nombre au Palais Bourbon, ça n’est pas pour demain. Et la réforme des collectivités territoriales faisant sauter l’élection régionale –qui elle, était sur scrutin de liste- le progrès en la matière n’est pas pour demain : la parité va reculer, plutôt que progresser. Et ça, personne n’en parle…