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Depuis un an, j’entends moultes rumeurs sur la relation que j’entretiens avec un de mes proches. Tour à tour, j’ai couché avec, puis été celle-qui-aurait-bien-voulu, puis été accusée d’avoir pensé-éventuellement-entre-la-poire-et-le-fromage-m’intéresser-à-lui.

J’ai même une ex-copine qui raconte à la terre entière que je suis une **** car elle pense que je-crevais-de-coucher-avec-lui-alors-qu’elle-était-sur-le-coup-bien-qu’ayant-déjà-un-mec-avec-qui-elle-s’était-pacsée. Et s’est mangé un gros râteau. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’est pas forcément totalement objective sur cette histoire. L’ennui, c’est qu’elle se répand en long, en large, et surtout en travers de travers… mais sans avoir jamais eu le courage de m’en parler. Ni même à lui. Classe…

Enfin ennui, ça reste relatif, et finalement assez drôle lorsque l’on décortique ses reproches : cette ex-copine m’en veut à mort -si, si…- pour une éventuelle pensée, donc un truc totalement imaginaire et invérifiable, juste parce qu’un mec qu’elle voulait lui a mis un râteau. Euh, qu’ai-je fait de mal ? Ne pas y penser en se rasant s’épilant les poils des jambes, c’est tromper ? J’avoue ne pas parvenir à suivre correctement ce raisonnement totalement hystérique. De toutes façons, quand une fille pense que, c’est souvent le début des ennuis. L’interprétation n’est pas, il faut bien l’avouer, notre fort. En matière sentimentale, nous serions souvent bien inspirées de mener l’enquête, au lieu de penser que. Exemple : Je pense qu’il ne veut pas répondre à mon 5000ème texto. Véritable explication : sa batterie s’est vidée à la 4999ème réponse…

Sur le fond de cette histoire, comment vous dire… Il y a deux catégories de gens. Ceux qui pensent que l’amitié fille/garçon est impossible passé la maternelle –dans ce cas autant parler de la crèche car perso, à la maternelle, j’avais déjà pécho-, et ceux qui pensent qu’on peut partager une relation sans avoir jamais pensé une seule seconde à finir allongé –ou pas- pour faire du sport ensemble parce qu’en dehors de manger cinq fruits et légumes par jour, il faut aussi bouger. Inutile de vous préciser que nous sommes dans la seconde catégorie et qu’en plus, nous pratiquons. Cette catégorie, pas le cul… Bah oui, on n’y a pas pensé. Et pourtant, on en a passé des moments juste tous les deux… Autant vous dire que si l’un d’entre nous avait eu les hormones qui s’affolent, l’autre l’aurait nécessairement senti. Donc soit il aurait répondu à cette sollicitation des phéromones, soit il aurait mis de la distance. CQFD.

Nous ? Rien. Lui est pris, très amoureux de sa très jolie femme (il suffit de l’observer deux secondes pour le constater ce que là encore, femme hystérique, bornée et intéressée par monsieur ne peut réaliser), et fou de ses enfants. Une famille que je respecte d’autant plus que je connais son besoin de s’épanouir dans son foyer. Moi je suis libre, mais pas intéressée : manque d’envie à rechercher une relation. La suspecte idéale. Sauf que j’ai un alibi : je n’ai jamais fréquenté quelqu’un de plus jeune que moi. Pensez vous, quand j’étais en sixième, il était en CP ! Plus sérieusement, la réalité est d’une affligeante simplicité : nous ne sommes pas attirés l’un par l’autre. Lui aime les femmes très féminines –ce que je ne suis pas-, et j’aime les garçons à la fragilité apparente –ce qui n’est pas son cas.

Notre assurance vie réside dans l’équilibre de cette relation. C’est le propre de l’amitié : la réciprocité, sans désir, ni exclusivité. Et c’est très fort : je n’ai pas besoin de le voir, je sais qu’il est là pour moi. Je n’ai pas besoin qu’il me dise qu’il m’aime, j’en ai la certitude. Mais le top du top, c’est quand même que lorsqu’il s’intéresse à ma vie, il est sincère… et n’a strictement aucune arrière pensée. N’importe quelle fille sait à quel point c’est bon de parler à un mec sans que le panneau Je ne t’écoute que pour que tu acceptes que juste après, je vais te sauter ne clignote en gros derrière le mâle en rut ! D’autant que que parfois il suffirait de nous demander gentiment pour coucher directement, et il n’y aurait même pas besoin de parler. Parce qu’avec certains d’entre vous, mecs, on ne veut surtout pas parler.

Bref, même si l’attitude de l’ex-copine me déplaît, je peux comprendre –sans l’accepter, l’excuser ou la pardonner- pourquoi elle en est là. Parce que  notre complicité, elle, éclate à la figure de n’importe qui nous approche. N’ayant pu l’éviter, c’est sans nul doute ce qu’elle n’a pas supporté : non seulement elle n’est pas parvenue à ses fins, mais a du subir sous ses yeux la réussite d’une relation entre cet homme et une autre fille, une copine en plus ! Saperlipopette, on aurait du interdire à cet homme d’avoir des copines. Surtout moi. La *****. Ou comment réaliser qu’elle était un peu amoureuse de lui… Après tout n’appelait-elle pas la mère du mâle en question Belle Maman ? Soooo révélateur.

Une relation d’un autre type que celle dont elle rêvait, certes. Mais des moments de bonheur certainement difficiles à encaisser pour une jeune femme blessée dans son amour propre… et amour tout court. Alors elle a construit sa si jolie complainte, et l’a chantée à son entourage –including nos potes en commun, claaaaasse- pour mieux fuir l’horrible réalité : non, je n’ai pas manipulé ce garçon pour tenter de le rallier à mon cœur cul, il lui a vraiment mis un râteau. Alors, pour mieux se protéger de sa propre douleur, elle a enclenchée le mode Burka, et s’est voilée la face pour mieux la garder. Ce qui incluait de me crucifier. Et après on se demande pourquoi même en amitié je préfère les mecs…

Lui et moi -ce que cette fille n’aurait jamais pu comprendre, et qui fait toute la beauté de cette amitié- c’est tout simplement la rencontre entre deux personnes passionnées de politique, ayant à vivre un combat commun. Une alliance qui prend racine au cœur même des valeurs d’humanisme que nous partageons. Car ce qui nous unit n’est pas palpable : tout repose sur ce socle de principes inaliénables, auxquels nous sommes si profondément attachés. Et si entre nous il y a beaucoup d’affection, seuls nos cerveaux font l’amour… et même parfois la guerre. Oui, j’aime et j’assume totalement nos (d)ébats intellectuels !