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Villepin débarrassé de Clearstream, ira-t-il à la présidentielle ? Ou d’autres obstacles lui barrent-ils la route ?

La question est légitime, et la réponse étonnante : oui, il existe encore des freins à sa candidature, et au plus proche de lui.

Juin 2009. Villepin lance son club, avec aux manettes, Brigitte Girardin, secrétaire générale, et dans l’ombre, Christophe Carignano, un obscur « spécialiste » du web qui s’est fait connaître en clashant avec les blogueurs [Lire la note Réactions corporatistes, d’Embruns], à qui il donnait des leçons de journalisme. L’ancienne ministre de Jacques Chirac est une fidèle de Dominique de Villepin, amie de longue date. Son rôle devrait se limiter à représenter une image. Hélas, elle met les mains dans le cambouis, poussé par un Carignano sentant son heure de gloire arrivée. Problème : ces deux là n’ont aucune expérience de la vie politique. Mais pour l’heure, dans le Club Villepin, il ne s’agit que de rassembler les soutiens de l’ancien Premier Ministre, aussi les dommages sont limités.

Juin 2010. Villepin transforme son Club en parti politique, en créant République Solidaire. Malgré l’inexpérience de Brigitte Girardin –qui n’a jamais occupé de fonctions au sein d’un parti politique, pas même de cadre-, il conserve la même équipe. S’attachant ainsi au pied un boulet qui ne cessera plus de lui peser. Non seulement République Solidaire ne décolle pas dans les sondages, mais les adhésions peinent à rentrer. Pire, la grogne monte parmi les cadres, les départs s’enchaînent, touchant tous les échelons : parlementaires , cadres, militants.

Juin 2011. Villepin touche le fond. A 2% dans les sondages, il réunit à peine 300 militants pour l’anniversaire de son parti. Le système Girardin, basé sur l’inaction et le dézinguage de toute initiative qui pourrait aider le parti à exister –sans oublier d’user d’une profonde violence verbale à l’encontre des quelques uns qui tentent d’alerter le patron sur la réalité du fonctionnement du parti-, a montré son inefficacité : c’est l’échec, cuisant. Et pourtant, la composition du Bureau Politique, publiée quelques jours plus tard, renouvelle la confiance à cette équipe de bras cassés.

Septembre 2011. Villepin est relaxé dans l’affaire Clearstream, ce qui lui permet de pouvoir se lancer sereinement dans la présidentielle. Enfin sereinement… Avec des troupes clairsemées et des sondages au plus bas, l’avenir n’est pas rose. Pour autant, rien n’est joué : la vie politique fonctionne selon un rythme sinusoïdal, et si Villepin se trouve au creux de la vague, il peut tout à fait remonter. Quoi qu’en pensent les mauvaises langues : de très nombreux soutiens sont à la porte de l’ancien Premier Ministre… tous écartés par une Brigitte Girardin mi-secrétaire mi-générale, à grand renfort d’insultes qui feraient passer le « casse toi pauv’con » de Sarko pour une amabilité. L’arme des faibles…

Dans ce climat délétère, et faute de ligne directrice, les militants sont déboussolés : Villepin veut-il aller à la présidentielle ? Chacun sait, en interne, que la campagne est impossible à mener avec l’équipe dirigeante actuelle, responsable de trop nombreux échecs et clashs dans le parti. D’où des interrogations de plus en plus fortes, qui donnent du poids aux rumeurs les plus folles quant à d’éventuelles alliances, de Bayrou à Sarkozy.

Malgré toutes ces turpitudes, Villepin peut pourtant encore y croire. Encore faudrait-il passer un sérieux coup de balai, et se débarrasser du boulet qui l’encombre, faute de compétence : Brigitte Girardin, et toute sa petite bande d’amateurs qui ferait passer la CFA pour la Ligue des Champions, tous trop accrochés à leur tout petit pouvoir pour regarder la réalité en face et constater qu’ils sont en train de tuer celui qu’ils prétendent soutenir. Pour Villepin, l’urgence est là : se débarrasser des barrières qui se dressent sur son chemin, fussent-elles au plus proche de lui.

L’ancien Premier Ministre est maintenant au pied du mur. Le Point relaie aujourd’hui une info selon laquelle le président de République Solidaire pourrait procéder enfin aux ajustements nécessaires, très attendus en interne. C’est en effet, pour lui, un point de passage obligé pour poursuivre son destin présidentiel. Alors, saura-t-il se donner les moyens de mener la bataille de 2012 ? Le bureau politique de République Solidaire, qui doit se réunir ce lundi, pourrait apporter une réponse en ce sens… et sera, à coup sûr, très observé.