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7 semaines. Plus de 50 jours que je vis en fonction de l’intensité de mes douleurs dorsales. Après le médecin en vacances – bien méritées- puis les difficultés à me rendre chez lui –la douleur, toujours- j’ai fini par atterrir dans son cabinet cet après midi.

Enfin à m’écraser péniblement dans un pauvre siège en cuir nettement plus confortable que les chaises classiques qui parsemaient son cabinet auparavant.

Lundi déjà, j’avais tenté ma chance à cette petite loterie médicale. Mais j’avais du renoncer : 30 minutes avant le début des visites, six patients attendaient déjà devant le cabinet. Au tarif de 20 minutes le patient, ça me faisait un total de 2h30. Impossible de tenir aussi longtemps. Faut pas déconner. Aujourd’hui, j’ai donc pris encore plus d’avance, ce qui s’est avéré être une excellente idée. Arrivée 45 minutes avant le début des consultations, un seul patient attendait déjà. Dix minutes après, nous étions huit ! Ou le drame d’avoir un médecin qui ne consulte pas sur rendez-vous. Mais pourquoi ? Pour-quoi ?

Pendant l’heure d’attente, j’ai eu le temps de repenser à mon dossier. Et aux recherches que j’avais effectuées depuis cette IRM m’annonçant une saille discale médiane. Une hernie discale se traite, éventuellement par une opération, et j’avais pris ma décision quant à cette éventualité. J’avais aussi prévu d’évoquer les autres possibilités, comme la mésothérapie, dont m’a parlé une amie qui suit ce traitement. Mais surtout, je voulais absolument discuter avec le médecin de l’opportunité de me prescrire un corset médical, pour être soulagée et me déplacer plus facilement, sur les conseils –d’il y a 9 mois- de Coach. J’étais donc complètement optimiste, contente de voir enfin le bout du tunnel.

16h45, c’est enfin mon tour. D’emblée, le Doc note ma « belle hernie discale ». Avant de m’asséner un premier coup de massue : « elle est médiane, et ne touche pas le nerf ». Quoi ??? « Vos douleurs ne viennent en aucun cas de cette fort belle hernie », me précise-t-il. L’opération, la mésothérapie, et même le corset, tous mes espoirs d’aller mieux rapidement s’effondrent. A ce stade, j’hésite entre quitter le cabinet, pleurer comme un bébé –oui, j’ai maaaaaal-, ou écouter religieusement le Doc, impassible, genre « Même pas mal ». Alors que si. Vraiment, là. Aïe !

Parce que mon Doc et moi, on se connaît depuis près de 25 ans. Fatalement, ça crée des liens. Du coup, entre deux causeries sur mes bobos, on déconne.

Alors qu’il m’explique que cette IRM a permis d’innocenter ma colonne vertébrale, je lui demande ce que, concrètement, je peux faire pour ne plus souffrir. « Le gaz », me répond-il.

La mine totalement déconfite, je me lâche : « Merde, je n’ai même pas l’abonnement au gaz… ». On éclate de rire. Bah oui, faut me comprendre : je douille, alors autant en rire un peu.

Du coup, je me retrouve avec un disque bien écrasé en bas du dos et une hernie discale médiane donc bien centrée en L5-S1 –penser à jouer ces cases à ma prochaine bataille navale !-, qui a le bon goût de ne pas toucher le nerf, mais tout ça ne nous dit pas ce qu’il se passe. Enfin ne ME dit pas ce qu’il se passe. Parce que le Doc, fin limier, a déjà un nouveau suspect.

Pour vérifier, il m’envoie alors sur la table d’examen, pour me manipuler. Enfin tenter. Dès qu’il me touche le bassin, je manque de lui mettre un pain. Le Doc doit renoncer à poursuivre à la dernière sommation lui précisant que je vais me trouver dans l’obligation de le taper pour me défendre et que je n’ai pas vraiment envie de me prendre une plainte pour coups et blessures. Encore que, comme je lui signifie, c’est lui qui a commencé.

« Te souviens tu que je t’avais dit qu’il y aurait peut être une autre IRM à faire ? ». Euh oui, j’en ai un souvenir assez précis. « Eh bien voilà, nous y sommes ».  Le Doc me rappelle alors qu’il avait déjà eu le doute, mais qu’il fallait d’abord vérifier si ça n’était pas la colonne, vu qu’on sait depuis 23 ans que j’ai des soucis dans le secteur. Désormais, il convient de s’intéresser à mon bassin.

Parce que c’est le truc qu’il ne peut pas toucher sans bouclier anti émeutes. Me voilà donc affublée de deux ordonnances, pour deux nouveaux examens : une scintigraphie osseuse du bassin, et une IRM des sacro-iliaques. Si obtenir un rendez-vous pour la scintigraphie a été aisé –ce sera mardi- je dois attendre trois semaines pour l’IRM. Damnit !!!

Evidemment, le Doc m’explique son enquête. Et ce qu’il m dit est… euh… bon. Pas très rassurant. La bonne nouvelle, c’est que je ne vais pas mourir. Bah quoi, c’est tout de même une info importante, non ? Pour le reste… On va dire qu’il y a pire au monde.  Note pour tout de suite : penser à faire défiler dans ma tête des images de toutes les horreurs du monde pour réaliser que moi, ça va. Genre un enfant aurait échappé au 11 septembre, qui serait maintenant sans abri, avec un cancer généralisé. Forcément à côté mes petits malheurs, c’est pas grand-chose. Enfin, c’est ce que Pierre, Paul, ou Jacques ne manqueront pas de me répéter. Alors autant ne pas en parler dans la vraie vie, et se contenter de ce blog pour évacuer. Soupape de sécurité.

D’ici là… Et bien à part ces petits exercices d’auto-manipulation mentale, rien. Le Doc pense bien à des infiltrations, mais je l’arrête net : en période de douleur intense –au moment où donc, se font les infiltrations- je peux à peine aller pisser ou prendre ma douche. Alors me rendre au centre d’imagerie médicale, qui se trouve à plusieurs changements de mode de transport de chez moi… Il me propose alors du Doliprane. Et pourquoi pas des Smarties ?

Ou comment je suis repartie sans réponse, avec de nouvelles questions, sans rien pour palier à ma douleur, et avec, pour unique prescription, l’attente. Groumpf.

*Titre avec un morceau des Thugs dedans