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Après la piste lombaire, qui s’était achevée dans un cul-de-sac –c’est le cas de le dire, vu que la douleur m’irradie les fesses- je passe aujourd’hui un nouvel examen, dans ce labyrinthe devant en théorie mener à un diagnostic précis concernant mes douleurs qui durent, rappelons le, depuis 7 semaines.

Arrivée à la clinique, on me demande de suivre la ligne rose pour arriver dans le service où se réalise cet examen. Pfiou, à ça près fallait que je suive la ligne jaune…

Pas de trace, en revanche, de la ligne noire. Bah oui, le frigo. Enfin la morgue, quoi. Au bout d’un long dédale, qui nécessite effectivement de suivre ce fil d’Ariane, je rejoins l’accueil puis la salle d’attente. Le service est professionnel, le personnel accueillant et plutôt chaleureux.

Pour patienter, je tweete… Et découvre que Joli Cul Bodmer a ouvert un compte. Je ne trouve rien de mieux que de lui adresser un message pour l’informer que je l’appelle Joli Cul. Un peu cucul, nan ? Faut bien rester dans le sujet…

A midi pile –non, à 12h16- on m’injecte un liquide radioactif dans les veines. Ca a un petit côté exécution capitale, les sangles en moins. L’infirmière se veut rassurante. Je la mets au parfum. Et d’une, personne ne trouve jamais mes veines –pour info, c’est suivez la ligne bleue sur mon bras tout blanc !- ; de deux, quand on la trouve, je tombe dans les pommes ; et de trois –jamais deux sans trois- la seule fois où l’on m’a injecté un produit, il est passé à côté. Et mon bras a juste doublé. Sous mes hurlements. Ce petit briefing n’effraie pas la demoiselle –alors que moi…- et comme par enchantement, ma veine lui convient parfaitement.

Immédiatement, j’entre dans la machine. Allongée sur le plateau, pieds scotchés dans la position qui va bien –pointes de pied rentrées, allez savoir pourquoi…- j’attends sagement sur le chariot pendant que la machine me tourne autour, pour prendre des clichés de mon bassin. Phase 1 terminée.

Avec Gilloux 99 on part déjeuner, et en bonne fille sage, je bois beaucoup –d’eau !- pour éliminer les restes du produit radioactif qui ne se serait pas fixé sur les os.

Petit problème, qui dit boire, dit se soulager. Et là, je me heurte à une interdiction de pisser. WTF ? Je peux trouer les chiottes avec mon urine radioactive ? Et si je fais dans ma culotte, elle va fondre ? Finalement, on m’indique le lieu approprié. D’autres toilettes, qui ressemblent à tous les pipirooms du monde.

Retour dans la salle d’attente, mais du côté des injectés cette fois. Car sachez le, à partir de maintenant, le monde se divise en deux : ceux qui sont nucléarisés, et ceux qui ne le sent pas. Y’a un petit côté pestiférés quand même.

Courageusement, Gilloux 99 m’accompagne, bravant le danger irradiant. Bon, à priori, pas de danger pour lui : à ce que je sache, il n’est pas enceinte !

Je passe en phase 2. J’ai l’impression d’être Super Mario. Les échelles et la salopette rouge en moins. Retour sur le chariot, pour voir ce qu’il en des de mes os : sont ils victime d’une inflammation, qui marquerait à la scintigraphie ? Je passe par trois programmes : recherche sur la zone visée, puis tout le corps, et enfin images des zones qui ont marqué. Je sens tout de suite que mes pieds les alertent… Je fais mine d’être stupide et feins de n’avoir point avoir compris. Mais pourquoi mes pieds ???

Retour en salle d’attente -la bleue, cette fois- avant de voir le médecin. Celui-ci me demande de raconter ce qui ne va pas. Hey mec, j’attends que TU me dises ce qui ne va pas. Vas-y balance ! Je lui fais donc fissa une petite synthèse de mes bobos, durant laquelle il me regarde impassiblement. J’ai des envies de meurtre, là. J’ai mal, mec, alors tu ne me regardes pas comme ça, et tu prends en compte ma douleur. Bordel !

Et là, le coup de grâce : « Vous ne marquez à rien au bassin, il n’y a absolument aucun signe d’inflammation ». Je lui demande alors si ça veut bien dire qu’on ne sait toujours pas ce que j’ai, il confirme et me demande si j’ai fait une prise de sang. Je lui explique que ça fait partie des étapes suivantes, avec l’IRM des sacro-iliaques. Il fait la moue et m’explique qu’IRM il n’y aura probablement pas, les sacro-iliaques étant selon lui hors de cause. Autrement dit, je suis à nouveau dans un cul-de-sac. Et j’ai toujours mal au bassin, au bas du dos… et justement, dans les fesses. Sans que personne ne puisse me dire pourquoi.

Mais il n’en a pas fini avec moi : « Et sinon votre pied gauche ? ». Euh, comment te dire qu’en ce moment, je ne le prends pas vraiment ?

Mon pied gauche n’a rien. Du moins, il ne me fait ab-so-lu-ment pas mal. Et pourtant, lui, il marque à la scintigraphie. J’ai donc un problème que je ne sens pas. Et si on m’avait greffé le pied aux fesses ? Serait-ce le sens de l’expression coup de pied au cul ???

Bref, je n’ai toujours pas la moindre piste sérieuse concernant ces douleurs récalcitrantes. Je verrai donc ces jours ci le médecin pour voir dans quelle direction il compte continuer son enquête. En espérant qu’il trouve vite, parce que là, je commence –douleur oblige- à franchement perdre patience.

Ceci dit MaVille a tout prévu : si je craque, il suffira à me pendre au lampadaire, qui semble avoir été conçu pour servir de potence…