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Que se passerait-il en cas de victoire de la gauche aux sénatoriales ?

Outre la première historique que cela constituerait –sous la Vème République, la droite a toujours eu la majorité au sein de la Chambre Haute- la gauche s’emparerait alors de quelques pouvoirs bienvenus à la veille de la présidentielle.

Du point de vue législatif, la Chambre Haute est maître de son agenda en ce qui concerne les propositions de loi –et non les projets de loi, à l’initiative du Gouvernement-, et pourrait ainsi disposer de plus larges fenêtres pour présenter des textes. Un Sénat à gauche ne serait donc pas très gênant pour la droite qui gouverne, l’Assemblée Nationale ayant le dernier mot à l’issue de la navette parlementaire.

Tout au plus, cela limiterait les possibilités d’utiliser des CMP –Commissions Mixtes Paritaires réunissant 7 députés et 7 sénateurs (art 45 de la Constitution)- qui servent à clôturer plus vite certains textes parlementaires, en cas de désaccord entre les deux chambres, sans passer par une dernière –et longue- navette à l’Assemblée.

Du point de vue constitutionnel, le président du Sénat pourrait remplacer le président de la République en cas de vacance du pouvoir. Ou comment s’il venait à arriver malheur au président –ce que personne ne souhaite- l’on pourrait effectivement dire que le président passerait l’arme à gauche !

Toujours sur ce plan, un Sénat à gauche renverrait au placard toute idée de réforme constitutionnelle. Nécessitant une majorité du Parlement –Assemblée Nationale + Sénat- des 3/5ème, elle risquerait d’échouer. Vu le coût d’un congrès, voilà une idée qui serait certainement remisée au placard. Adieu veaux, vaches, cochons, et règle d’or !

Mais le véritable point noir du gouvernement, si le Sénat passait à gauche, serait la tribune qu’il donnerait à gauche pour s’exprimer… ainsi que la possibilité de déclencher des enquêtes parlementaires. En ces temps forts riches en affaires de toutes sortes, voilà bien l’épine qui pourrait faire mal dans le pied de l’Elysée.