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C’est en lisant le blog de Copine, ce soir, que j’ai eu envie de me pencher sur un sujet ô combien passionnant pour la blogueuse que je suis : existe-t-il un état privilégié pour coucher les mots sur le papier ?

Autrement dit, faut-il se sentir mal ou être mal dans sa vie pour produire de bons textes ? Ou juste parvenir à aligner quelques mots ? Existe-t-il un lien entre la fréquence ou le style de mes écrits et ce qu’il se passe dans ma vie ?

J’écris sans joie, sans réelle envie, juste pour alimenter mon blog en fait, je ne vois rien qui depuis que « tout va mieux » arrive à me transporter. En gros, j’ai besoin d’être mal pour écrire bien! écrit Copine sur son blog. Curieuse sensation que j’ai parfois ressenti, délaissant mon propre blog pendant de nombreux mois, en manque d’inspiration. Et qui m’a donné envie de lui répondre via cette note.

Avouons le d’emblée : il serait illusoire d’imaginer que nos vies, heureuses ou malheureuses, n’ont pas de répercussions sur nos écrits. Et justement, esprit, es tu là ? L’interrogation paraîtra stupide au néophyte. Mais qui n’a jamais connu le syndrome de la page blanche me jette la première plume pierre.

Depuis toujours, je suis fondue d’écriture. Je vis en fonction de ces respirations dans nos vies qui permettent de parler de tout, de rien, nos petits doigts parcourant le clavier au gré de ce que nous dicte notre esprit. Mon traitement de texte constitue pour moi une gigantesque cour de récré, dans laquelle les mots peuvent courir et s’entremêler sans que quiconque ne vienne fixer aucune règle : je suis la maître du je jeu.

Le constat numéraire est évident : je n’ai jamais autant écrit qu’en période de chômage ! Mes sujets, je les ai systématiquement choisis, en fonction de ce qu’ils m’inspiraient. Parce que sur le papier, c’est celui qui tient le stylo qui a le pouvoir, et non la société. Un monde à moi, où tout serait parfaitement imparfait, tel que je pourrais le rêver.  Le lac de Narcisse dans lequel nous aimons tant plonger.

Reste que parfois, je suis incapable d’écrire le moindre mot. Et curieusement, cela se produit le plus souvent lorsque tout va bien dans ma vie. Faute de temps, d’inspiration, d’envie de partager. Faute aussi de fréquenter un peu trop la banalité. Paradoxalement, c’est lorsque je suis au top de tout ce qui vous fait rêver et que la plénitude m’atteint que je me sens le plus mal, comme si j’étais amputée. Lorsque les mots m’échappent, le vide me happe…

L’écriture est ma thérapie. Comme si ces mots alignés servaient à combler un manque, quel qu’il soit. Et à le raisonner. Car par le filtre du style –l’humour pour certains, l’érudition pour d’autres-, l’écrit permet de prendre de la distance avec les difficultés quotidiennes, pour mieux les transcender. En ce sens, l’écrit est salvateur. Et si j’arrête… c’est un peu de moi qui meurt.