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« Une présidence confiante, de rassemblement, mais surtout le président d’une République laïque ».

Pour tout vous avouer, je n’ai pas toujours compris les propositions du candidat du Parti Radical de Gauche, mais j’aime bien l’idée d’avoir positionné son parti dans la primaire, afin d’éviter de présenter une énième candidature de gauche, et donc faire l’union dès le premier tour.

Sa priorité est un peu flou : « relancer l’Europe, et rassembler la France ». Sur l’Europe, il entend réunir les 17 membres de la zone Euro pour plaider une gouvernance économique commune. Comment lui dire que c’est déjà ce qu’entend proposer la France au prochain conseil européen, qui se tiendra le mois prochain ? Sur la France, il entend proposer un plan de redressement… avant de concéder qu’ « il faut un pilote dans l’avion et c’est au niveau européen que les grandes décisions budgétaires doivent être prises ». Il a raison sur la nécessaire convergence de nos politiques économiques, mais c’est bien ce qui est déjà sur la table, d’où mon incompréhension.

Très tourné vers l’Europe, Jean-Michel Baylet indique qu’ « il  faut qu’on ait les moyens au budget européen, pour pratiquer une politique de relance », conscient que « C’est pas la France toute seule qui va rivaliser avec les empires ». En ce sens, il est totalement sur la ligne défendue actuellement par la France au sein du Conseil Européen, en préparation du G20 de novembre. Une position réaliste, qu’il martèle, visant clairement Arnaud Montebourg : « Quand j’entends que l’on veut revenir à des mesures étatiques, ça n’a jamais très bien marché, ce sont des mesures anciennes ».

Concernant la fiscalité, le président du PRG entend ne plus faire peser le poids de la protection sociale uniquement sur l’emploi, et donc de calculer les cotisation sociales non plus sur la masse salariale, mais sur la valeur ajoutée nette des entreprises. Mais Baylet reste très réaliste sur le fonctionnement de notre pays et les choix qui devront être budgétaires : « On ne peut pas gouverner durablement un pays, vouloir relancer la croissance, l’emploi, simplement avec des mesures étatiques ».

Et de prôner une action fortement ciblée vers les PME –en exonérant de charges celles qui emploient un jeune-, tout en ajustant les aides sociales –en tenant compte des ressources pour l’attribution des allocations familiales. Petite incohérence tout de même : il propose de plafonner les allocations familiales… et d’étendre le RSA jeunes. Un gouffre financier énorme, qu’il ne finance pas. Faute !

Toutefois, Baylet se montre réticent aux emplois aidés, ce qui rejoint ma position : « Les jeunes se retrouvent ensuite perdus sur le marché du travail ». Rappelons que les emplois aidés ne sont que des CDD de longue durée, sur des postes peu qualifiés, sans perspective d’insertion. Pas vraiment ce dont rêvent les jeunes, qui aimeraient avoir d’autres perspectives que ces voies de garage prescrites en attendant un avenir meilleur qui, pour la génération qui les a connus, n’est jamais arrivé.

Parce que va essayer de vendre sur ton CV un poste de pion occupé pendant 5 ans ??? C’est ça, la réalité… Quant à leur faire croire, comme ce fut le cas sous Jospin, qu’ils pourront préparer les concours et intégrer la Fonction Publique… Chacun sait que celle-ci a tellement enflée qu’elle est plutôt enclin à réduire sa masse salariale. Notamment la territoriale, dont les ressources vont baisser du fait de la réforme des collectivités territoriales.

Son score

  • Capacité à faire face à la crise (Economie) : 1
  • Capacité à répondre aux enjeux sociétaux (Société) : 0,5
  • Capacité à rassembler les Français (et non juste la gauche) : 0
  • Crédibilité en tant que présidentiable : 0

Total : bleu 1,5 – rouge 2,5

Made in Europe

Le candidat du PRG, profondément européen, et porté par l’humanisme, aura eu le mérite d’apporter de la fraîcheur au débat. Son discours, intéressant, reste toutefois cantonné à l’expression d’un courant qui ne dispose pas d’une caisse de résonnance suffisante pour être porteur.