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Mon Dos et Moi. Une série à succès que vous avez suivi depuis fin juillet. Et pourtant la production –c’est-à-dire moi- a décidé d’y mettre un terme.

Pourquoi ? Parce que l’audience ne fait pas tout. Et en l’occurrence, la matière va se raréfier. Mon Dos n’est en effet plus un sujet. Du moins, plus pour les gens que ça devrait concerner, à savoir la communauté médicale.

Hier soir, j’ai eu des nouvelles de ma formidable amie médecin. Profondément honnête et véritablement sincère, elle m’a tout de suite mise au parfum : même si la priorité des priorités reste de s’attaquer à la douleur, à grand renfort d’antalgiques, sans pour autant cesser les anti-inflammatoires, mon salut passe par l’infiltration. Et donc, il faut que le médecin parvienne à m’enfoncer son aiguille. Mon amie, très à l’écoute, m’a conseillé de travailler ma respiration. Comme au yoga. Sauf que je ne fais pas de yoga. Aum…

Ce matin un substitut m’a remplacé chez le médecin –ma mère- et le Doc m’a appelé pendant ce faux rendez-vous pour prendre l’info directement à la source, et savoir ce qu’il s’était passé. Mon premier réflexe a été de l’envoyer sur le blog, mais comme je suis polie, j’ai retenu cette idée dans ma cervelle, et joué au perroquet, détaillant la séquence à problèmes. Le Doc m’a donc prescrit de nouveaux médocs. Enfin nouveaux… Les antalgiques restent les mêmes – j’en ai donc déjà bien testé l’inefficacité- et j’ai gagné le droit de tester un nouvel anti-inflammatoire. En ce sens il a la même réponse que mon amie : essayer d’agir sur la douleur, le temps que j’accepte de refaire l’infiltration.

Rien de tout ceci ne se passera. Je refuse de me bourrer de médicaments déjà testés, et je refuse de retenter cet examen. Ridicule me direz-vous. Déjà, je blogue ce que je pense, et je ne crois pas vous avoir déjà demandé votre avis. Ensuite, comme expliqué dans mon article d’hier, mon corps n’a pas bougé : une infime parcelle de moi a réagi par pur réflexe. Ce que je n’ai pas réussi à contrôler. Honte à moi. Pourtant c’est assez simple à comprendre : si quelqu’un m’approche une aiguille dans le dos, n’est-il pas évident que mon corps sonne l’alarme, voyant le danger venir ? Qu’il alerte mes yeux qui ne voient rien ? Que je sois tendue à mort face à ce que mon corps interprète comme un danger ?

Combien de fois va-t-on tenter l’exercice avant que l’on ne m’écoute ? Combien de fois vais-je devoir aller à la clinique en hurlant à la mort de douleur sans garanti que cette souffrance soit utile ? Combien de fois vais-je entendre le médecin -celui qui cherche à me planter l’aiguille, pas mon Doc- m’engueuler et m’expliquer que c’est de ma faute parce que j’ai bougé ? Combien de fois vais-je y croire et échouer avant que l’on accepte de m’orienter vers une autre solution ?

Après 15 semaines d’espoir, j’ai passé la limite de ce que je pouvais supporter. Avec le sentiment de ne pas avoir été écoutée. J’ai plutôt l’impression que l’on veut à tout prix m’orienter vers un traitement qui ne peut être réalisé. Et tant que l’on n’y parviendra pas, je serai la vilaine patiente pétrie de mauvaise volonté, faute de savoir rester immobile ou respirer. Je m’étonne d’ailleurs que personne ne s’interroge sur les raisons qui peuvent me rendre certaine que cet examen soit voué à l’échec, et que l’on cherche à bêtement m’y forcer. De n’être perçue que comment une gamine capricieuse, et non comme une patiente adulte. Que l’on utilise finalement ma douleur comme objet de chantage, pour au final me faire craquer.

Intéressant lorsque l’on sait qu’avant l’infiltration, on nous fait signer une autorisation, qui précise que l’on peut refuser l’examen, en raison des risques encourus. Car il ne s’agit pas d’une pratique anodine… Mais moi je dois le passer, aucune solution alternative ne m’est proposée. Parce que moi je ne crains pas les risques, mais j’ai bougé. Peut être qu’il aurait été malin de réfléchir un peu : si je sais que je vais bouger –étant donné une fois encore que c’est un réflexe !-, peut être que maintenant je crains les risques ???

Avant l’examen, hier, j’ai dit que j’avais peur. J’avais tellement mal que les larmes coulaient avant même que l’on ne m’ait préparée. Et là, j’ai un blocage : il est hors de question pour moi de prendre de tels risques sachant que l’on risque de me mettre l’aiguille à côté à cause d’un p***** de réflexe !!! Mais nan, je cherche juste à garder ma douleur, c’est tellement plus logique comme explication… Me considère-t-on bête à ce point ???

Bref, je n’ai plus envie de me battre, de discuter, de m’expliquer. J’ai juste mal. Ca n’a pas été compris, tant pis. Je vais me glisser gentiment dans le moule prévu à mon effet –les patients récalcitrants- et admettre tout aussi bêtement que c’est de ma faute. Que je me coupe moi-même du seul traitement disponible. Et ne plus jamais ennuyer qui que ce soit avec mes petits malheurs, « parce que j’ai refusé ». L’espoir envolé, je me blottis au fond de mon lit -dont je ne parviens plus à sortir- consciente que j’ai juste le droit de la fermer. Sujet clos. Back off !