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Ce mercredi, APCO Worldwide et la Revue Parlementaire organisaient un petit-déjeuner sur le thème Politique et Internet en France : Je t’aime, moi non plus ? Question ô combien intéressante…

Pour l’occasion, un sondage avait été réalisé par OpinionWay. Histoire de voir les évolutions depuis la dernière présidentielles, et de dresser une photographie sur l’instant.

Premier constat, l’image d’internet en matière de démocratie est bien meilleure : c’est un bon moyen pour développer l’intérêt pour la politique (72%) et y intéresser les jeunes, une opinion d’ailleurs partagée par ces mêmes jeunes (53%), réconcilier les français avec les élus, renforcer la transparence de la vie politique, et offrir un bon outil pour la participation politique.

Cependant, ces bons chiffres doivent être relativisés : la pratique d’internet s’est normalisée. Si internet reste un outil de modernisation de la vie politique, il ne va pas non plus tout révolutionner, ni régler toutes les questions d’accession ou d’appropriation de la vie politique par les français. D’ailleurs la pratique politique en ligne n’augmente pas : sa fréquentation augmente, du fait d’un nombre plus important d’internautes. Côté pratiques, les blogs (33%), Facebook (21%) et Twitter (44%) sont les plus utilisés.

La parole est ensuite aux politiques présents, qui tour à tour, expliquent leurs pratiques. Lionel Tardy d’abord, député UMP de Haute Savoie, présente le choix qu’il a fait d’assurer le maximum de sa communication via internet, excluant tout journal du député, et se limitant à un seul tract papier en période de campagne. Lire le billet sur son intervention.

Sébastien Gros, directeur de cabinet –et de campagne pendant la primaire- de Manuel Valls, rappelle quant à lui que pendant les primaires, internet a été utile, mais que ce sont les débats télévisés qui ont eu le plus d’impact. Et que d’une manière générale, la fracture numérique oblige à conserver des méthodes  de terrain plus classiques, qui font encore leurs preuves.
Lire le billet sur son intervention.

Pour Benoît Thieulin, de la Netscouade, internet ne veut plus rien dire : on entre dans la civilisation numérique. On cite souvent Obama, qui a utilisé internet comme un outil pour structurer sa campagne de terrain, notamment les opérations de porte-à-porte. Actuellement, la télévision reste le lieu où se fixe les thématiques.

Mais le peu de temps disponible en TV permet à internet de reprendre de l’espace pour diffuser un complément d’information et favoriser le débat. Les journalistes sont au train de revenir au centre du débat public, ainsi que les think-tank, ces deux catégories devenant des médiateurs qui vont comparer les programmes via le fact-checking et la création de comparateurs. Enfin lors printemps arabes, internet a été un outil de mobilisation : si on manifeste à dix on se fait arrêter, mais pas à un million.

A l’issue de ces interventions, la salle a pu poser des questions. Ainsi, les intervenants ont notamment pu s’exprimer sur la e-démocratie. Ce petit déjeuner a soulevé de nombreuses questions, mis un terme à quelques clichés en particulier sur les printemps arabes, mais surtout montré que si internet est pour l’instant un outil au service du terrain, il reste du chemin à faire, notamment en matière de e-démocratie, laquelle n’en est qu’à ses balbutiements.

Dans ce contexte, internet apportera surtout à la campagne de 2012 de nouveaux outils, en matière de mobilisation militante vers le terrain, mais surtout en matière d’information et de comparaison.