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Une Fille. 37 ans. Pas mariée. Et loin de l’être. Alors forcément les mariages… J’ai longtemps été invitée par mes amies qui se mariaient. Simplement les premières à franchir le pas ont fait ça à Perpette-les-trois-canards, dans de magnifiques châteaux, certes, mais totalement inaccessibles quand on n’a pas le permis.

Ce qui est mon cas. Rien que de penser aux transferts entre la gare la plus proche –dont j’ignorais jusqu’à l’existence et à laquelle on accédait par un vieux TER au bout de 3 changements- l’hôtel, l’église, et le château… J’avais déjà vomis trois fois.

Donc je ne me suis jamais rendue à ces mariages là. J’ai une fois assisté à un mariage familial. Enfin, à un remariage. Donc à la place de l’église, on avait la paroisse évangélique à se bidonner de rire. Ce qu’on a fait d’ailleurs avec mon frère et mon cousin, bien planqués au fond de la salle –pour pouvoir aller cloper tranquilles- les pieds sur le siège de devant –l’église évangélique se trouvait dans un ancien cinéma- affublés de nos jeans car nous n’avions même pas fait l’effort de nous saper. Ensuite, nous avons rejoint la péniche pour nous murger, histoire d’oublier. Et ça n’a pas loupé : la cousine qui se mariait m’a pris la tête et on s’est barré avant minuit.

Bref, je hais les mariages. A tel point que ma meilleure amie, qui me connaît bien, a rusé pour que je vienne au sien : elle m’a choisie comme témoin. La fourbe ! Bon, je dois l’avouer, j’ai adoré son mariage. Franchement, je me suis bien marrée. D’abord, j’aime bien son mari. Ensuite, même si je ne connaissais personne, ma réputation m’avait précédée. Du coup je pouvais dire ou faire n’importe quelle connerie, tout le monde se marrait. Je n’étais pas la-fille-célibataire, mais la-trop-bonne-copine-marrante-et-pas-chiante. Et donc, j’ai passé un très chouette week-end. En plus ma copine avait bien organisé les choses : tout le monde dans le même hôtel, et un car faisait la navette toutes les demi-heures pour ramener les soiffards que nous étions en un seul morceau. Là je dis bravo. Disons que ce mariage est l’exception qui confirme la règle.

Pourquoi tant de haine ? Pour la simple raison qu’il y a toujours une vieille pour me dire « et toi, c’est pour quand ? ». Je te demande pour quand est ton enterrement, vieille bique ??? Quand on voit le nombre de divorces à la génération au-dessus, ça ne donne pas méga envie. Et puis bon, accessoirement, je n’ai pas tout le matos pour me marier. Parce que le seul mâle à dix kilomètres à la ronde est mon chien, et je n’ai pas encore versé dans la zoophilie.

Avant de me marier –ce que je n’envisage pas- il faudrait peut être que je trouve chaussure à mon pied. Et c’est cette bitch de Cendrillon qui a piqué la dernière Louboutin en stock. Alors depuis on nous raconte les aventures de Madame et de son prince sur douze générations, mais personne n’a songé à se demander si l’usine de Prince n’avait pas été délocalisée. Parce que les seuls Princes que je connaisse, ils se vendent par paquet de 16 au rayon sucreries. Je ne suis pas encore complètement ravagée pour passer devant le maire avec un paquet de gâteaux.

Si un jour je trouve la perle rare –et vu que je ne la cherche pas, ça peut prendre un moment- on en reparlera. Je verrai à ce moment là si j’ai envie de me passer la corde au coup devant tous mes potes et ceux que je serai obligée de me coltiner, le tout dans une robe qui me permettra à peine de bouger et des pompes qui me feront risquer la chute à chaque centimètre : on ne pense jamais au calvaire de la mariée qui doit tenir sur échasses alors qu’elle aussi est bourrée.

Seule certitude, j’ai déjà le lieu. Impossible de me marier ailleurs qu’au Tronchet. Parce que comme toutes les nanas, j’ai pensé à tous les détails. C’est comme ça : je hais les mariages, mais le mien est déjà complètement programmé.