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Pour son quatrième match en dix jours, après Ajaccio en championnat, Bratislava en Europa League, et Dijon en championnat, Paris rencontrait pour ce huitième de finale de Coupe de la Ligue… Dijon. Cette fois en terre bourguignonne. Un vrai match retour. Inutile de vous préciser que les joueurs de Patrice Carteron n’entendaient pas faire de la figuration. Et Dijon, c’est le bonheur pour une fille, y’a de la place pour la métaphore culinaire…

17h. Les joueurs entrent sur la pelouse sur la musique de Star Wars. C’est qu’ils ont de l’humour les dijonnais, à sa voir comme les rebelles venus défier l’Empire parisien. Serait-ce un signe ? Sur le banc parisien, chacun sait bien que la partie n’est pas gagnée. Pastore est là, mais dans les tribunes, mis au repos. Bodmer et Armand reviennent de blessure, tout comme Sakho qui n’a repris le chemin du stade que récemment. Enfin Chantôme, Hoarau, Matuidi et Bisevac sont toujours à l’infirmerie.

C’est dire si l’effectif parisien est réduit. Conséquence, beaucoup de joueurs ne jouent pas à leur poste habituel. Tout ceci modifie complètement l’organisation parisienne.

C’est aussi, du coup, l’occasion pour Erding de revenir dans la lumière, et pour le petit Bahebeck de montrer le bout de son nez. Mais Paris a l’envie, et se met d’emblée dans le match, avec un jeu très offensif.

Dès la 6’, Erding tente sa chance, mais joue vraiment de malchance : la balle trouve le gardien puis le poteau ! Menez se montre un peu, l’occasion de constater qu’il a légèrement tondu le renard mort qu’il s’évertue à porter sur sa tête. Dijon n’est pas en reste et profite de l’inattention de Camara, mais Sakho est là. Heureusement… Et le jeu dijonnais n’est pas suffisamment fort au milieu pour lutter.

Menez reprend la balle assez facilement, pendant que les troupes dijonnaise digèrent leur abus de mayonnaise. Dans le stade, un supporter parisien se met tout seul à chanter l’hymne : « Allez Paris Saint-Germain » ! A la 15’, une vilaine faute sur Menez permet d’obtenir un joli coup franc. Reprise de Bahebeck, petit enveloppé du droit et but !  Le jeune joueur de 18 ans permet au PSG de mener au score. 1-0 pour Paris.

Dijon se reprend, Jovial centre pour Mandanne qui rate sa tête et envoie sa pastèque loin, loin, loin dans la galaxie. Erding fait une percée dans la surface, mais Jallet rate son tir sur la passe pourtant magnifique d’Erding. Groumpf. Ceci dit, Erding, décidemment très en forme, rate sa reprise sur la passe de Menez mais la met au fond. On n’en est qu’à la 22’, et déjà 2-0 pour Paris. Ca commence à sentir bon !

Camara célèbre ce but par une faute sur Jovial qui lui, ne doit pas être à la fête. Faute de cadrer son tir, Dijon n’inquiète pas Douchez. Mais attention, le dijonnais est comme les tâches de moutarde, tenace. Cette jeune équipe est très combattive, et entend bien se battre jusqu’au bout. Donc elle tente. Autant qu’elle peut. Bahebeck adresse la réponse du berger à la bergère, tente, et se foire aussi. Mais bon. Jallet veut effacer l’affront et lance une belle frappe. Dans les bras du portier Moutarde, très bon au cours de ce match.

Et puis c’est le drame. A la 30’, Lugano accroche un peu le maillot de Jovial, qui se jette un peu n’importe comment, et c’est le péno. Diego, tu fais biiiip ! Sankharé le tire, Douchez est battu. Paris 2 – Dijon 1.

Le match est relancé. A noter qu’en une demi-heure, on enregistre déjà 3 buts. On ne rigole pas avec la Coupe Moustache, ici ça n’est pas la Ligue 1 !

Bodmer, de retour de sa déchirure, entend bien faire remarquer sa faim de but. Il frappe mais trouve sur son chemin le gardien Moutarde, décidément très sollicité depuis ce début de match. Armand, qui joue en milieu défensif, a conservé ses mauvaises habitudes de défenseur, et commet une faute qui vaut un coup franc. Lugano étant aux fraises, Bérenguer n’a aucun mal à planter sa frappe croisée au fond de la cage de Douchez, pas aidé par sa défense. A la 34’, on en est déjà à quatre buts : Paris 2 – Dijon 2.

Et tout ce petit monde n’est pas fatigué : ça joue ! Saluons au passage Dijon, remonté à la force du mental. D’ailleurs, les bourguignons commencent à se lâcher.

Joli Cul Bodmer est écarté par un coup de fesse d’un dijonnais. Pendant ce temps, le Coach Carteron hurle… Menez tente sa chance et frappe juste au dessus de la transversale. A croire que le PSG a la guigne. Et le jeu manque franchement de précision : trop de ballons sont perdus… Bodmer, quant à lui, fait une jolie percée mais tarde trop à passer la balle. Toujours la même chose…

Tout ça commence tout de même à me rappeler furieusement le match de l’an dernier contre Montpellier. Paris menait 2-0, et s’est fait remonter, pour terminer sur un match nul 2-2. Et là, vu les trous d’air qu’on affiche en défense, et la sieste collective à l’avant, ça pourrait être pire. Fear. Heureusement, l’arbitre siffle la fin de première période. A ce stade, je prie déjà Saint Antoine Kombouaré de modifier la compo de l’équipe, pour faire entrer Néné et Gameiro. Parce qu’à la mi-temps, c’est bien du côté de Dijon que la mayonnaise prend !

A la reprise, les mêmes joueurs entrent sur le terrain. Y compris Lugano. Il faut dire que Kombouaré n’a pas beaucoup de solution de rechange en défense…

J’envisage sérieusement d’appeler SOS Cardiologie pour prendre une bonne dose de bêtabloquants pour survivre aux 45 minutes qui suivent. Jallet tente de s’illustrer par une jolie reprise, de nouveau écartée par ce décidément bon portier Moutarde, qui s’appelle Tchagouni dans la vraie vie. Rendons à César…

Néné et Gameiro sont enfin à l’échauffement, mes nerfs se relâchent. Pendant ce temps, une nouvelle frappe dijonnaise part explorer la galaxie. Sonde ou ballon ? Reste que cette équipe est fichtrement offensive, et défend bien son steack moutarde !  50’ tout rond, c’est une bien belle heure pour l’apéro. Du moins au goût de Lugano, qui file direct au bar en se prenant un pastis pour un vilain coup de coude sur un dijonnais. Diego, tu fais vraiment biiiip ! Enfin vu les fautes commises et le péno concédé en première période, on s’étonne presque qu’il n’en soit qu’à un carton jaune.

Mes prières à Saint Antoine Kombouaré se font plus intenses mais manifestement, je ne suis pas encore tout à fait au point question télépathie. Paris obtient un corner, frappé par Joli Cul Bodmer, suivi d’une frappe de Bahebeck, stoppée par Tchagouni. Sur la pelouse, la moutarde commence à monter au nez, des deux côtés, et Menez se prend un pastis pour avoir un peu trop exprimé sa frustration. A ce stade, le PSG se trouve en difficulté. Et ne doit qu’au manque de cadrage de Dijon de tenir pour l’instant le score nul. En d’autres termes, ça sent le roussi.

A la 58’, Jolie Poupée Menez se reprend, mais une fois de plus, a la poisse : il croise un peu trop son tir, qui échoue au ras du poteau… Tout ceci va finir en potence !

Bon Malouda laisse traîner son pied mais évidemment, ça n’est pas sifflé. C’est Lesly, le petit frère de Florent –oui Lesly peut aussi être un prénom de mec, certainement un hommage à l’acteur Lesly Nielsen, de Y’a-t-il un pilote dans l’avion– et donc pas Lugano. Inutile, donc, de sanctionner. Lugano qui, d’ailleurs, défend très bien à la 60’. Si, si…

Mais une minute plus tard, c’est de nouveau le drame pour Paris. En pleine action dans la surface, le ballon atterrit malheureusement sur le bras de Camara, et la main est sévèrement sifflée. Sévèrement, parce qu’on voit nettement au replay Camara mettre son bras en arrière alors qu’il est encore en l’air. Que pouvait-il faire de plus ? Mettre son slip de Superman, voler sur le côté, choper une scie, et se couper le bras ???

Bref, main dans la surface ça vaut un péno, mais franchement là… Y’a pas main. Y’a au mieux bras, et bras mis en arrière. Donc intention de ne pas faire faute. Sachant qu’il était encore dans son saut et ne pouvait donc se déplacer. Bref… Jovial transforme le péno. Paris 2 – Dijon 3. Le match bascule.

Mais le PSG se bat. Hélas, à la 65’, Paris est malheureux, Paris est tout poisseux sur cette frappe de Bahebeck, qui fait une magnifique golden barre… Ensuite, le match s’envenime, et des deux côtés, les joueurs commencent à perdre leurs nerfs. D’abord Joli Cul Bodmer, qui manque de zénitude et se prend un carton. Allez hop au bar pour sa ration de pastis ! Pendant ce temps, je fulmine en entendant le commentateur de France 2 parler de fatigue du PSG en évoquant le match d’Europa League face à Bratislava où les parisiens avaient terminé à 9. Euh, ca n’étaient juste pas les mêmes joueurs, l’effectif a tourné !

A la 69’, Saint Antoine Kombouaré fait enfin entrer Néné à la place de Bodmer, et Gameiro pour remplacer Erding. Que le public immonde de Dijon siffle allègrement. Y’a du Footix sauce moutarde plein le stade…

Et là, Paris se déchaine, et se lance dans un déferlement de frappes sur la cage de Dijon. Menez se lance dans un show incroyable, dribble, donne en retrait à Gameiro… qui loupe sa tête à deux mètres du but et nous offre une seconde golden barre. Quand ça veut pas…

La cage dijonnaise défend comme elle peut sous le feu parisien. C’est de la folie, Paris résiste ! Dijon devient franchement mauvais, d’ailleurs. Menez dribble de nouveau toute la défense mais se prend la jambe droite dans la jambe gauche, et se rate. Jolie figure, toutefois. Pendant ce temps, y’a de la moutarde partout sur la pelouse, Malouda est resté au sol. Il sort dans la foulée.

Jovial tente la balle de 4-2 mais la rate. Heureusement que Dijon n’est pas au top pour cadrer ses frappes, sinon le tableau d’affichage en aurait pris un coup. Côté parisien, Jolie Poupée Menez joue trop perso. Comme d’hab.

Ca devient franchement usant, ce manque de collectif. La tension est vive sur la pelouse, et l’arbitre sanctionne enfin Mandanne pour ses multiples fautes. Le dijonnais rejoint ainsi Menez, Lugano et Bodmer au bar pour un petit jaune. Ca n’empêche pas Mandanne de mettre une mandale à Ceara. En même temps Mandanne qui met une mandale, phonétiquement on n’est pas loin. Ceci expliquant sûrement cela.

La caméra de France 2 s’arrête sur les tribunes et la mine déconfite de Javier Pastore, tout triste. Hum, je veux bien consoler El Flaco, moi… Néné tente une jolie frappe enroulée mais une fois de plus, le Portier Moutarde veille. Une fois de plus, très beau match pour Tchangouni, le gardien dijonnais. Ca fighte un peu entre Ménez et Mandanne, là franchement je rêve du rouge, mais bon. Néné tente une dernière frappe directe alors qu’il aurait pu passer en retrait, et c’est terminé. Bravo à Dijon pour sa ténacité qui lui a permis de remonter et de l’emporter 3-2, prenant ainsi sa revanche de dimanche dernier face au PSG.

Paris quitte ainsi la Coupe de la Ligue, tout comme Rennes et Montpellier, qui se sont également inclinés lors de ce huitième de finale.

Le PSG devra encore travailler le collectif, pour évacuer cette vermine de jeu personnel, calmer Lugano qui a pris 4 cartons en 5 matchs, et parvenir à mieux construire son jeu. Car si le plan technique Paris brille, et notamment du côté des dribbles et des tirs cadrés, il faut encore parvenir à se trouver, notamment à servir Gameiro en pointe.

Un jeu à mettre en pratique dès samedi face à Caen, puis jeudi face à Bratislava et le dimanche suivant à Bordeaux. Histoire de confirmer le statut de leader des parisiens, au-delà de la Ligue 1.

*Article également publié sur Carnet Sport à cette adresse