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Effacer ces heures absentes
Et tout repeindre en couleur
Toutes ces âmes qui mentent
Et qui sourient comme on pleure

Tout mais pas l’indifférence
Tout mais pas le temps qui meurt
Et les jours qui se ressemblent
Sans saveur et sans couleur

 

Il y a ceux qui ont oublié que j’existe. Les codes sociaux ont eu raison de nous. La chômage depuis 16 mois, immobilisation sociale. Puis l’immobilisation physique, depuis 4 mois, avec un arrêt maladie d’au moins autant à venir demain. Quel intérêt de maintenir un contact avec quelqu’un qui n’apporte rien qui ne puisse se convertir en dollars ? La richesse intérieure n’est pas toujours suffisante. Et fait parfois figure de monnaie de singe. Un sérieux tri s’imposer. Dans le vif, trancher.

Il y a ceux qui oublie que j’existe. Ils sont là sans être là. Me parlent sans me parler. Ils ont besoin d’aligner les mots, réellement pour certains, pour se donner une conscience pour d’autres. De conseils, d’avis, d’écoute : de disponibilité. Les questions sont rares et bien calibrées. Pour éviter des réponses qui s’enliseraient. Ne pas s’appesantir. Entrer dans cette étrange danse. Feindre l’échange. Ne pas chercher à recevoir. Juste donner.

Il y a ceux qui oublieront que j’existe. Ceux là aimeraient être près de moi. Ils ne le disent déjà plus. Mais le font sentir. Les sentiments sont là. Mais les mots ont disparu. Que dire ? Seule la pensée nous raccroche. Comme un dernier fil qui nous unit encore. Résistera-t-il à au temps qui nous sépare ? Ne pas savoir. S’interdire de douter. Parce que même si on ne peut pas toujours les voir, les étoiles ne meurent jamais. Toujours plus fort les aimer.