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Ce G20 devait être l’occasion d’avancer sur la gouvernance mondiale, et dans les négociations entre les vingt pays les plus riches pour normaliser les échanges mondiaux.

On devait y évoquer la nécessaire régulation pour éviter la mainmise des marchés  et des agences de notation sur l’économie. On devait y inventer le monde économique de demain pour faire face aux défis qui nous attendent.

Hélas, le sommet aura été marqué par les conséquences de la crise, et aura principalement porté sur l’adoption d’un plan global pour la croissance. Qui relève plus d’intentions que de réelles avancées normatives, les discussions ayant été largement parasitées par le feuilleton de la crise grecque et l’épisode du moment –le référendum- et le danger pesant sur la Zone Euro, dont les conséquences, si elle venait à faillir, pourraient être mondiales.  Ou comment la Grèce  a éclipsé la gouvernance mondiale.

Que reste-t-il de ce sommet ?

Le G20 s’est mis d’accord pour coordonner l’action politique de ses membres, ainsi que sur un plan global d’action pour la croissance, sans pour autant se doter de nouveaux moyens pour éviter une nouvelle récession. Les bons élèves à l’économie solide, que sont l’Allemagne et la Chine, seront mis à contribution pour adopter chez eux, en cas d’aggravation de la crise, des mesures visant à soutenir leur demande intérieure, afin de soutenir la croissance mondiale.

Sur la réforme du système monétaire, et afin d’éviter la contagion de la crise grecque, et face aux difficultés de l’Italie, le G20 s’est engagé à augmenter les ressources du FMI en cas de besoin… tout en renvoyant la question des moyens à février prochain, faute de trouver des candidats pour participer à ce fonds de secours. En clair, personne ne met au pot tant que le feu couve dans la Zone Euro.

Les déclarations de Barack Obama, lors de son interview croisée avec Nicolas Sarkozy, sonnent comme une claque ; le président américain estime que la Zone Euro est « en mesure d’être à la hauteur », ajoutant « L’une des choses les plus importantes que je puisse faire (pour l’Europe) est d’assurer la croissance de l’économie américaine ». C’est-à-dire rien de concret, Obama estimant que c’est aux dirigeants européens eux-mêmes de résoudre cette crise. De toutes façons, il n’en aurait pas les moyens.

Le grand argentier du G20 est désormais la Chine. Celle pour qui les européens ont maintenant les yeux de Chimène, pour obtenir un sauvetage de l’Euro. Et justement, la Chine a enfin fait le pas tant attendu par ses partenaires, en se déclarant déterminée à augmenter la flexibilité du yuan, une étape cruciale pour doper la croissance. La monnaie chinoise est en effet suspectée d’être sous évaluée, pour favoriser ses exportations et créer des réserves de devises étrangères.

Côté fiscalité, une liste de onze pays qui ne respectent pas les normes internationales, dont la Suisse et le Lichenstein, a été publiée : les paradis fiscaux seront désormais mis au ban de la communauté internationale. Parallèlement, 29 banques systémiques, dont la taille présente un risque en cas de faillite, seront soumises à des mesures visant à les renforcer : elles devront se doter d’un plan de démantèlement en cas de faillite, et augmenter leurs capitaux propres. En France, la BPCE, BNP Paribas, Le Crédit Agricole, et la Société Générale sont concernées.

En revanche, aucun accord n’est intervenu concernant la taxe sur les transactions financières, en raison du silence américain, bien que Nicolas Sarkozy se soit targué d’un pas –imaginaire- fait par les Etats Unis. Toutefois, l’actuel locataire de l’Elysée a intégré au communiqué final son souhait de voir cette taxe mise en place à l’échelon européen (UE)… qui reste un souhait. Ce dossier n’a donc pas évolué.

Au final, les accords négociés dans le cadre de ce G20 auront essentiellement pris la forme de déclarations d’intention, et donc été moindres qu’espérés par Nicolas Sarkozy –bien qu’il s’en défende-, qui souhaitait boucler un certain nombre de dossiers avant la fin de la présidence française. Reste à savoir si ce sommet aura suffi à rassurer les marchés. Et là… rien n’est moins sûr : dès vendredi, les bourses européennes ont chuté.