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Après avoir fait trembler la planète, et notamment les pays membres de la Zone Euro, le Premier ministre Papandréou, qui n’a plus de majorité, a finalement rétropédalé.

Son projet de référendum a été enterré par le ministre des Finances ce matin, et il souhaite former un gouvernement de coalition dont l’objectif prioritaire serait d’appliquer le plan de sauvetage décidé la semaine dernière. Du coup, Papandreou s’est mis en balance au Parlement.

Les parlementaires grecs lui ont finalement accordé la confiance par 153 voix sur 300 à Papandreou cette nuit. Pour autant, il ne devrait pas participer au prochain gouvernement d’union nationale qu’il va former, et être éliminé dès cette semaine de cette version grecque de Koh Lanta. Reste que le gilet plan de sauvetage sera adopté, et les réformes impopulaires qui vont avec, sans attendre l’avis un peu tardif du bon peuple grec. Parce que non, personne n’est contre le référendum, le problème c’est qu’il aurait fallu le faire beaucoup plus tôt, et que maintenant ce n’est pas le bon moment. Dixit le monde entier. Et les grecs, allez vous faire voir… chez les grecs.

Sérieusement, les peuples, exprimez-vous quand ça arrange tout le monde, et pas juste quand votre Premier ministre décide tout à coup de vous donner la parole sur votre propre avenir… Si selon Nicolas Sarkozy, donner la parole au peuple est toujours légitime, il ne faut pas oublier de lire les petites lignes au bas du contrat. Qui précisent tous les cas dans lesquels le référendum n’est pas une bonne idée. Fichus grecs qui se la jouent perso et manquent de solidarité avec le reste de la Zone Euro !

Quels goujats ! Enfin voyons, on n’a pas idée non plus de s’inviter comme cela au G20 alors que le monde doit parler de sujets sérieux qui eux, sont passés à la trappe, empêchant ainsi Nicolas Sarkozy de disposer du bilan dont il rêvait à l’issue de cette année de présidence française pour donner un petit coup de pouce à sa campagne électorale en se présentant comme le sauveur du monde, faute de disposer d’un bilan satisfaisant en matière de politique intérieure. Ou comment Sarko s’est trouvé obligé d’appeler à la rescousse le G.I. Obama, pour faire l’éloge de son leadership. Navrant.

Papandreou a fauté, il a pris sa fessée. Reste que si nous étions à la place des grecs, nous aurions été les premiers à hurler et à réclamer que l’on respecte notre souveraineté. C’est incroyable de voir nos dirigeants faire preuve d’autant d’hypocrisie. Oui, le référendum aurait fait trembler l’Europe et le monde. Oui, le résultat n’aurait pas été acquis. Oui, cela aurait posé problème par rapport à l’urgence de la situation. Oui, il aurait fallu organiser un référendum plus tôt. Ces raisons supplantent-elles le droit des peuples à disposer d’eux mêmes ?

Peu importe, les grecs ont plié, et le monde est sauvé. Ou presque. Parce que si la plan d’aide à la Grèce va être mis en œuvre, c’est maintenant l’Italie qui montre de sérieux signes de faiblesse. Non seulement les finances vont très mal, mais en plus, Berlusconi perd de plus en plus de soutiens au sein de sa majorité. Le vote du Budget, prévu mardi, pourrait mener à la chute du Cavaliere. L’Italie s’est donc pris un carton jaune, en étant placée sous la surveillance du FMI.

Et là, on ne parle pas des mêmes montants, la dette de l’Italie étant nettement supérieure. Et on n’a pas bouclé le financement du FSFE, et l’épineuse question de l’arrivée des chinois. Bref, après la feta, la pizza, et on continue de nager dans l’huile d’olive… Le bouffe méditerranéenne, censée être le meilleur des régimes, c’est plus ce que c’était. Faudra bien se mettre à la diète…