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Je n’ai pas blogué ces jours-ci, mais j’ai une bonne raison, et un mot du vétérinaire. Oui, du véto.

Tout a commencé jeudi. En théorie, je devais juste aller chez le Doc, pour renouveler mon arrêt maladie. Ce qui déjà n’était pas réjouissant : je devais donc souffrir à y aller, à attendre, à en revenir…

D’autant que pour compliquer la donne, je n’avais pas dormi de la nuit. Bah oui, Gilloux 99 était venu pour m’emmener chez le Doc en voiture, et croyez moi, dormir pendant le concert symphonique du Family Band composé du frangin et du chien, c’est juste complètement impossible. J’ai donc écouté leurs œuvres…

Puis le chien s’est mis à faire le fou –à 5h du matin-, en développant tous ses talents : aboiements (mais bien sûr…), figures artistiques (dont son fameux parcours du combattant sous la table basse du salon, en rampant en marche avant puis en marche arrière), sauts divers et variés (sachant qu’à ses yeux je fais un super trampoline), … Un café renversé sur le lit plus tard, il a fini par se recoucher. Arrrgggghhhh !!! Gilloux99, lui, n’a rien entendu. La vie est trop injuste. Caliméro Time.

Lors de ma discussion avec le Doc, j’ai failli lui demander s’il comptait me prescrire un 9mm pour m’achever, vu la tronche qu’il faisait en me parlant de mon dos. Du genre « ma pauvre fille, t’en es pas sortie ». Hum, j’avais remarqué.

Concernant la gestion de douleur, il rechigne à passer à d’autres médocs. Parce qu’ils m’attaqueraient vraiment le cerveau. Sous entendu, je serais alors complètement shootée, en mode zombie. Euh… Je ne suis pas franchement fan du trip Twilight !

Et surtout, j’ai besoin de mon cerveau pour m’occuper tout le temps que je suis ainsi contrainte de rester alitée. Sérieusement, c’est tout ce qu’il me reste ! J’en ai besoin pour préparer mon concours, ainsi que pour bloguer. Nous avons donc convenu de l’urgence de ne rien faire, et d’attendre gentiment mon rendez-vous avec le rhumato. Le 21 décembre. Dans 5 semaines.

Une fois ce rendez-vous Passe toi la corde autour du cou achevé, je suis allée chercher mes médocs et des clopes –Gilloux99 s’était proposé mais je voulais prendre l’air, et donc faire les 100m à pied- et… et j’aurais dû demander au frangin. Parce que dans la pharmacie, j’ai cru que j’allais crever. Surtout que ce biiiip de pharmacien, qui n’est pas mon pharmacien habituel, prenait tout son temps pour me servir. Si j’avais eu ma canne, je pense que je l’aurais frappé.

De retour à la maison, je n’avais qu’une envie : me jeter au fond de mon lit. En entrant, j’ai été surprise par une odeur indescriptible, mais franchement désagréable.

Je n’ai pas compris tout de suite de quoi il s’agissait. Mais en regardant le sol, j’ai vu les traces.

Manifestement, le chien avait eu un petit accident ayant pour origine son petit derrière.

Et en avançant dans l’appart, j’ai perçu l’ampleur des dégâts : c’était le Hiroshima des culs canins. Y’en avait partout, notamment sur mon lit, et jusque sur les murs. Ne me demandez pas comment il a fait pour en coller jusque là.

On résume : je n’ai pas dormi, je viens de faire des efforts qui m’ont fait un mal de chien (ah ah) et je dois désinfecter l’ensemble de mon appart. Mais bien sûr…

Premier réflexe : rappeler le frangin. Qui s’est débrouillé pour revenir, mais a mis tellement de temps à trouver une place que lorsqu’il est arrivé, il ne restait plus que l’œuvre d’art sur le mur. Caramel, le fautif, s’était réfugié dans la salle de bains, sentant bien qu’il n’était pas au top.

A peine avais-je fini de nettoyer, qu’une seconde bombe atomique a de nouveau ravagé l’appart. Si j’ai cette fois réussi à circonscrire les dégâts, il a toutefois fallu changer une nouvelle fois mon lit. En deux heures, ce chien a usé deux housses de couettes, deux couettes (ça a traversé), deux draps du dessous, deux housses de canapé. Joli programme pour ma machine à laver. Paye ton bilan carbone !

Le frangin est parti me chercher une couverture car oui, je n’ai QUE deux couettes. C’est largement suffisant. Sauf que là, je n’avais plus rien pour me couvrir… Pour éviter que la situation n’empire, nous avons tapissé tout l’appart de petits tapis en matière couche, qui sont utilisés comme alèses pour les vieux. Idéal pour limiter l’impact des attaques nucléo-canines.

Signe que le chien n’était vraiment pas au top, il n’a pas pleuré lorsque le frangin est parti. Alors que d’habitude, nous avons droit à un concert de pleurs, comme si c’était vraiment trop horrible de vivre avec moi. Mais là, rien. Il n’a pas bougé, pas pleuré, il est resté apathique, en mode Musée Grévin.

Dans la soirée, Gilloux 99 m’a suppléée pour emmener Caramel chez le vétérinaire. J’aurais voulu l’accompagner mais hélas, tous les efforts fournis dans la journée m’occasionnaient des douleurs franchement insoutenables, et il m’était vraiment impossible d’envisager la traversée de ma cour. Verdict : gastro hémorragique, d’origine virale. Il paraît que plein de chiens l’attrapent en ce moment. Si tu as un chien, tremble… Gnark gnark gnark !!!

La nuit a été difficile, le chien ayant passé son temps à chouiner, tellement il était mal. Je l’ai donc veillé… et nettoyé ses multiples accidents. Enfin, changé les couches. Vraiment pratique, ce truc. Ceci dit, il était vraiment mal. Le véto ayant souhaité qu’il mange un peu, et comme il refusait sa gamelle, je lui ai proposé un morceau de madeleine… dont il n’a pas voulu. Ce chien étant très gourmand, tout ça n’était pas bien normal…

Constatant qu’il ne mangeait toujours pas vendredi soir, j’ai appelé le véto. Son assistante m’a conseillé de lui cuisiner un truc un peu plus appétant que ses croquettes hypoallergéniques, tout en m’indiquant que s’il ne se nourrissait pas d’ici à samedi matin, il faudrait que le véto le revoit.

Euh… Du coup, je lui ai fait une superbe soupe à base de riz et de poulet. Tout ça alors que j’ai tellement mal au dos que je ne cuisine plus pour moi-même. Souffrir pour mon chien, un nouveau concept.

Il n’en a pas voulu, et j’ai songé à m’acheter une corde. Mais pas le temps de mourir, il fallait  le re-re-re-nettoyer, et lui donner ses médocs. Et pour les éviter, il retrouvait un peu de vitalité… Les chiens sont super doués pour faire croire qu’ils ont avalé la pilule, et la recracher. Il faut toujours vérifier qu’ils ont bien dégluti ! Cette bataille achevée, j’ai décidé de le laisser dormir un peu… en me promettant de revenir à la charge plus tard.

Vers minuit, j’ai repris mon bâton de pèlerin de la gamelle, et décidé de tenter le tout pour le tout : le nourrir moi-même. Je l’ai donc rejoint sur le canapé qu’il squattait, avec la gamelle, et je l’ai nourri à la cuillère. Et là… ça a marché.

Il a ingéré les 2/3 de sa portion. Victoire !!! J’ai ensuite positionné sur la table basse la gamelle pour qu’il puisse la terminer, ainsi que sa gamelle d’eau. Je l’ai vu dans la nuit se resservir. Ou comment mon chien, lorsqu’il est malade, conserve tous ses talents de dictateur, et se fait servir, tel un petit roi.

Enfin aujourd’hui, j’ai vu renaître mon petit chien. Après une nuit relativement bonne –je l’ai entendu ronfler comme un goret- je l’ai vu évoluer tout au long de la journée, pour revenir petit à petit à un état normal.

Il mange, il se rapproche de moi, a fait une sortie qui s’est bien passée (bon, il est encore malade, hein), il a fait la fête à la visiteuse du jour… et il fait le bébé quand je lui donne ses médocs Bref, nous devrions maintenant retrouver un rythme normal. Ouf !