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Ce soir, je chausse les crampons aiguille pour remettre enfin les pieds au Parc des Princes, où je n’ai pas assisté à un match depuis PSG-Salzburg et la fameuse reprise de volée de Bodmer en septembre dernier. C’est dire si je suis au taquet…

L’enjeu est de taille : si on réalise un meilleur score que Salzburg, on peut encore se qualifier pour les 16èmes de finale de l’Europa League. Donc si Salzburg perd, il faut au minimum un nul, et si Salzburg fait un nul, il faut gagner. En revanche si les autrichiens gagnent, s’en sera fini de la coupe d’Europe. Faute de connaître par avance le résultat, le PSG n’a d’autre choix que de tout donner.

17h00. J’ai récupéré le petit Paul, l’enfant prêté par ma cousine pour me permettre de bénéficier du tarif Famille défiant toute concurrence pour ce match, et qui, si l’on est doté d’un enfant, ne vaut pas la peine de s’en priver. En bonne supportrice des Bleu et Rouge, je ne recule devant rien, pas même utiliser un innocent enfant. Pour l’heure, il a plutôt l’air content d’aller au stade.

18h00. Nous sommes toujours bloqués sur la route au milieu de gigantesques embouteillages.

18h15. Dépités, nous avons largué la voiture dans Boulogne, et nous attendons un hypothétique 72 pour nous mener au Parc. Il fait froid, et aucun bus à l’horizon. Juste un flot ininterrompu de voitures qui bouchent l’horizon.

18h30. Il a fallu que nous tombions sur LE jour où le 72 subit des perturbations. Saint PSG étant avec nous, un 175 passe par là et décide de nous emmener jusqu’à la Porte de Saint Cloud. Alleluja. Enfin, on y croit.

18h55. Nous ne sommes plus qu’à quelques encablures de l’arrêt le plus proche du stade. Mais il est maintenant évident que nous allons rater le coup d’envoi. Paul, lui, ne trouve pas cette équipée sauvage très amusante… Comme nous n’aurons pas le temps de dîner au stade, je lui propose de se faire un petit Mc Do après le match. J’ai toujours su parler aux enfants.

19h05. Evidemment la tribune G est à l’autre bout du monde. Nous tournons donc autour du Parc, gentiment… Et la rumeur nous apprend que Bilbao a déjà planté un but à Douchez. Je maugrée en disant que si ça avait été Sirigu dans les cages… A la relecture de l’action, il semble pourtant qu’elle était imparable. Mouais.

19h12. On passe enfin le check-in. Vu l’heure, il n’y a pas foule. Gilloux 99 s’occupe de faire passer le check-in à Paul du côté des garçons, pendant que je me précipite pour trouver la security girl. Une minute plus tard, nous sommes enfin installés à nos places, pour suivre la suite de ce PSG-Bilbao.

Et pour l’instant, ça n’est pas joli à voir. Les basques dominent, et si ça continue comme ça, ils vont nous refaire la leçon du match aller. Pendant ce temps, les Bratisla boys mènent 2-0. Et donc à ce stade, il nous suffit d’un nul pour nous qualifier. Je suis tendue, tendue, tendue. Gilloux 99, lui, explique le principe des chants entre les tribunes Auteuil et Boulogne à un petit Paul fasciné par ces échanges.

Mais Paris reprend du poil de la bête. Sur coup franc, Néné passe loin de la cage. Bahebeck foire allègrement une tête sur une occasion en or mais deuxième chance au tirage, la balle revient dans les pieds de Pastore, qui plante une patate à bout portant.  1 partout entre Paris et Bilbao. J’apprends à Paul la chanson de Javier Pastore. Ca me calme. Oui, l’enfant peut devenir un Lexomil.

A Bratislava, Salzbourg a réduit le score, mais Bratislava mène toujours. Pour l’instant, ça passe. Mais pas pour longtemps. Salzbourg égalise et nous voilà à nouveau obligé de gagner. Je réajuste mon peacemaker virtuel et prend rendez-vous pour m’en faire poser un vrai. Enfin en rêve. D’autant que les basques n’ont pas été calmés par ce but, et continuent leur pressing sru la cage de Douchez, lequel écarte une frappe de 18 mètres.

A la 33ème, Gameiro se lance dans un raid côté droit, sous les encouragements d’un Parc en folie. Hélas, le portier basque se trouve en bout de course, avec une sortie que l’ancien merlu ne peut éviter. C’est ensuite Pastore qui dispose d’une occasion, également repoussée par Raul. Puis Bahebeck qui rate l’immanquable pour la deuxième fois en un quart d’heure, laissant le public médusé par tant d’incapacité à concrétiser, seul face au but. Face à un enfant, je tente de retenir les insultes. J’y parviens. Je m’auto-congratule. Enfin, j’ai quand même dit Putain. Pardon.

Néné, quant à lui, a tellement la pêche qu’il nous gratifie d’une magnifique coup du sombrero. Que calor ! Lugano, de son côté, réalise le match parfait. En mode moissonneuse batteuse, certes, et pour l’instant il évite le pastis, tout en assurant un service parfait en défense comme dans les passes.

Et à la 41ème, le miracle se produit : sur un corner tiré par Néné, Joli Cul Bodmer reprend de la tête et la plante au fond des filets de Raul. PSG 2 – Bilbao 1. Yeahhhhh !!!

Mon Joli Cul Bodmer qui marque, j’explose dans les travées, et le petit Paul ne comprend pas bien pourquoi je me mets à remuer du cul en hurlant le nom de Bodmer. Je gonfle tout le monde avec mon côté patte de lapin : eh oui, quand je viens au Parc, Matt marque…  et Paris gagne ! Mais pas le temps de s’appesantir, le PSG continue son pressing. Et cette fois c’est Game Héros qui emmène le ballon jusqu’à la cage, sous nos encouragements… avant de buter du le gardien. Décidément, le portier basque est bon pour repousser les assaillants parisiens !

C’est la mi-temps, et mon voisin m’apprend que Bratislava et Salzbourg sont toujours à 2-2. Pour l’instant, on est qualifiés. Le moment est tout choisi pour aller nous désaltérer à la buvette. Vu la queue, je crains qu’on ne rate le coup d’envoi, mais nous parvenons à regagner nos places juste avant l’entrée des joueurs pour cette seconde période.

Aucun changement à signaler mais au loin, on voit Guillaume Hoarau s’échauffer. Et le Parc commence à le réclamer… Guillaume Hoarau, Guillaume Hoarau, Guillaume, Guillaume, Guillaume Hoarau !

Cearà, lui, intervient favorablement face à une estocade basque. Décidément sur ce match, la défense parisienne est à la hauteur ! Hélas pendant ce temps, Salzbourg marque à nouveau à Bratislava. Le PSG est virtuellement éliminé, et son destin est entre les mains des Bratisla Boys. Groumpf. Comme si ça ne suffisait pas, Bilbao égalise pendant que la défense se buvait un petit kawa loin des buts de Douchez, notamment Camara, qui regarde le joueur tirer. Resté seul, le portier parisien est battu.

Et les basques reprennent confiance… Les parisiens baissent la garde, et c’est une nouvelle fois Bahebeck qui, par un tacle, les remet en jeu. Heureusement pour le PSG, la frappe du basque, trop croisée, reste sans danger.

C’est le moment que choisit Antoine Kombouaré pour céder à la requête du public parisien, et faire entrer Guillaume Hoarau en remplacement de Bahebeck, à la 65ème. Le remiseur, absent depuis longtemps pour cause de blessure, est accueilli par de nouveaux chants du Parc. Il se signale d’entrée par une tête, hélas sans danger pour le portier basque.

Paris reprend son pressing, par une jolie combinaison de Gameiro, Néné et Hoarau, sans toutefois inquiéter Raul. Game Héros laisse sa place à Christophe Jallet. Erding remplace Bodmer. Merding…

Bilbao continue de jouer, malgré la qualification d’ores et déjà acquise, et tente une nouvelle frappe. Pendant le contre, une grosse main dans la surface déclenche un pénalty pour Paris. Pour que Paul puisse voir ce tir, qui se passe à l’autre bout du terrain, je le mets debout sur son siège. Comme nous tous, le gamin retient son souffle. A la 83ème, Néné le tire… et le rate, préférant envoyer le ballon dans la tribune Boulogne. Sérieux !

A ce stade, je sens la mort arriver. Par crise cardiaque ou par suicide, ça n’est pas encore bien clair. Paul, lui, n’est pas descendu de son siège : ce match le tient en haleine.

Et il a raison :  à la 85ème, but d’Erding. Enfin, pas tout à fait. But d’un basque contre son camp sur un centre d’Erding. In-cro-yable ! Une action d’Erding a pu mener à un but. Paris tient la victoire ! Je n’en peux plus, je harcèle mon voisin de derrière, en lui demandant minute par minute le score du côté de Bratislava. Sauf que le match est terminé : même en gagnant, on est éliminés. Bon, et bien pour l’honneur…

Paris se bat comme un beau diable. On envisage un instant de partir pour éviter la foule, mais le petit Paul ne comprend pas. Ou fait mine de ne pas comprendre. Peu importe, je suis ravie de rester pour voir la fin de cette bataille rangée. A la 90ème, Néné tombe en pleine surface. Nouveau pénalty.

Et cette fois, c’est Hoarau qui s’en charge. Sans sourciller, il prend Raul à contre pied. PSG 4 – Bilbao 2. Vous auriez du voir à cet instant les yeux de Paul briller, et ses deux petits bras se lever. Paris se battra vaillamment jusqu’au terme des arrêts de jeu, sans que le score ne bouge.

Mais Salzbourg a aussi gagné. Paris quitte donc ce soir l’Europa League, un camouflet pour le club qui en faisait un de ses objectifs. Conséquence d’un match totalement raté à Salzbourg… même si qui se souvient des deux pénos oubliés et qui, au final, pèsent lourd ? C’est la loi du sport et si le PSG quitte ce soir la coupe d’Europe, c’est tout de même sur une belle victoire. De quoi redonner confiance au collectif parisien en vue du choc contre Lille ce dimanche, puis contre Saint-Etienne dans une semaine.