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2 saisons et demi dont il n’aura pas à rougir. Alors qu’on apprend aujourd’hui son licenciement, Casque d’Or aura mené le PSG sur la plus haute marche du podium.

Certes, le résultat est temporaire, et le champion d’automne ne finit pas toujours premier à l’issue de la saison. Mais tout de même, celui qui porta la tunique rouge et bleu en tant que joueur avant de devenir entraîneur, aura su se montrer digne du PSG.

Lorsqu’il prend le poste d’entraîneur à la reprise 2009, le kanak, qui vient de Valenciennes, a déjà un titre de champion de Ligue 2, et se fait fort pour sa première saison parisienne d’emmener ses joueurs remporter la Coupe de France. La seconde saison sera en dents de scie. Malgré un beau collectif, des joueurs qui montent en puissance, comme Bodmer, Jallet ou Chantôme, et des joueurs expérimentés comme Giuly devant ou Makelele et Sakho à l’arrière, il reste quelques points noirs. D’une part, la combinaison de tête Erding-Hoarau ne parviendra jamais à fonctionner. Ensuite, le kanak doit slalomer entre les blessures. Celle de Coupet, en début de saison, coûtera très cher en points, en raison des piètres performances d’Apoula Edel, la passoire parisienne en lice aujourd’hui pour le ballon de plomb. Résultat, le club perd la finale de la coupe de France, et finit la saison à la quatrième place du championnat, échouant au pied du podium… et de la Ligue des Champions.

L’arrivée des qataris, fin juin, ouvre une nouvelle ère pour le PSG et dès lors, le sort d’Antoine Kombouaré est en suspens. Faute de trouver un entraîneur avant la reprise, le club parisien renouvelle sa confiance au kanak. A lui de gérer l’arrivée de 9 nouveaux joueurs, sans préparation, et autant d’individualités. Si le PSG brille rapidement, c’est essentiellement dû à des performances individuelles, le collectif n’étant pas alors construit, et les automatismes pas encore là.

Après des mois d’août, septembre et octobre dans le haut du classement, Paris traverse une passe difficile en novembre, et seuls les points pris depuis le début de la saison lui permet de se maintenir sur le podium. Pastore perd mon mojo et adopte un comportement individualiste jusque dans la presse, inadmissible. Ménez semble jouer au football tout seul, oubliant trop souvent que ce sport se pratique à onze et qu’il faut impérativement passer le ballon au joueur le mieux positionné pour marquer. Gameiro en fait les frais, finit par perdre confiance et lorsque le ballon lui arrive, il ne parvient plus à la mettre au fond. La presse en fait ses choux gras, Antoine est conspué, le vestiaire déstabilisé, la communication ratée.

Décembre, la renaissance. Pastore comme Gameiro marquent. Mais c’est un joueur comme Bodmer, plus régulier et pourtant souvent décrié, qui la met par trois fois au fond. Et le pilier du PSG reste le brésilien Néné. Paris gagne à nouveau, mais c’est trop tard. La défaite cinglante face à Marseille, sur le score de 3-0, qui suit celle face à Nancy, un club vaillant mais qui illumine surtout les profondeurs du classement, ont confirmé les doutes des dirigeants à l’égard de Kombouaré, les négociations pour l’arrivée de son successeur n’ont jamais cessées. Le kanak paie aussi cash la sortie de l’Europa League, à cause d’un match complètement raté à Salzburg. Qui se souvient que lors de ce match, deux pénaltys ont été oubliés ? Peu importe, pour le symbole…

Pourtant, Antoine Kombouaré n’aura pas démérité. En 19 rencontres, Paris n’a perdu que trois matchs. Le premier, face à Lorient, le clasico face à Marseille et enfin celui contre Nancy. Il termine aujourd’hui premier du championnat avec 40 points à la trêve, soit une moyenne de 2 points par match ! Alors certes, chacun aura remarqué que le jeu n’est pas encore là. Mais le vestiaire est déjà fédéré, il faut simplement du temps pour que les automatismes se mettent en place : sans tenir compte des blessures, ces garçons n’ont joué que 19 matchs en championnat et 8 en coupe d’Europe, avec un effectif différent pour la Ligue Europa.

Et que dire de son staff ? Gilles Bourges a parfaitement su préparer Salvatore Sirigu, à ce jour la meilleure recrue du mercato d’été. Le gardien de Palerme, arrivé en toute discrétion fin juillet, n’aura pas tardé à montrer ses qualités. Mais au-delà, il aura su montrer sa régularité mais aussi un véritable acharnement au travail, jusqu’à maîtriser le français en seulement trois mois afin de pouvoir communiquer efficacement avec sa défense, ce qui permet aujourd’hui de positionner un PSG encore faible sur ce point en début de saison comme la meilleure défense du championnat.

Enfin, qu’on ne dise pas de Casque d’Or qu’il ne brillait pas assez. Si un grand nom peut faciliter l’arrivée d’autres grands joueurs, tout cela reste politique, non footballistique et absolument pas stylistique. Sur ce plan là, Antoine reste l’entraîneur le plus élégant de Ligue 1 : magnifique dans son costume sur mesure, correct avec ses adversaires, parfois chaleureux même, il est apprécié en Ligue 1. Et malgré la pression, il a montré, au cours de ces six derniers mois, qu’il savait allier classe et abnégation, portant haut les valeurs du sport.

Antoine paie simplement la loi des grands clubs. Il se savait en sursis depuis l’arrivée des qataris. Il a donné le meilleur de lui-même, en sachant probablement déjà que rien ne suffirait pour qu’il conserve son poste d’entraîneur parce que symboliquement, le PSG devait changer de palier. Reste qu’Antoine aura su faire fi de son cas personnel, et tout donner au club pour produire les résultats escomptés. C’est ce qui rend aujourd’hui les conditions de son éviction difficiles à supporter.

Chacun sait qu’elle aurait du intervenir en début de saison, avant la reprise, et c’est le premier échec du nouveau PSG que de n’avoir su résoudre ce cas, au risque de déclencher aujourd’hui l’incompréhension. Se séparer d’un entraîneur qui mène son club au plus haut à la trêve, c’est forcément compliqué. Se séparer du petit poucet qui réussit, c’est également risqué. Nul doute que la pression change d’épaules pour se poser sur celles de Carlo Ancelotti mais plus encore, de Leonardo : le PSG doit impérativement remporter le championnat, voire réaliser le doublé avec la Coupe de France, pour faire passer la pilule, et parvenir à tourner la page Kombouaré. Attention : le public parisien n’est pas du genre à pardonner… Nombreux sont ceux à s’y être cassé les dents.

Leonardo poursuit sa feuille de route, celle de faire du PSG un des plus grands clubs d’Europe en seulement trois ans. S’il semble parfois oublier que Rome ne s’est pas faite en un jour, le directeur sportif trace sa route, bien décidé à afficher un banc digne d’attirer les plus grands joueurs, condition sine qua non pour atteindre les objectifs fixés. Le petit poucet Kombouaré, dans cette ambiance, n’avait aucune chance de rester… mais n’aura pas démérité. Il sort aujourd’hui par la grande porte, la tête haute, sur la plus haute marche du podium, avec les honneurs du vestiaire et des supporters.

Pour son travail au sein du PSG, pour l’intérêt qu’il a porté au club, pour avoir su pousser ses joueurs et fédérer le vestiaire, pour son esprit sportif et pour son amour du foot : Merci Antoine, à jamais parisien !