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Salvatore Sirigu. 25 ans le 12 janvier prochain, et déjà tout d’un grand. Arrivé fin juillet en toute discrétion au PSG, il n’aura pas attendu un mois avant de séduire le public parisien. Avant de confirmer tout au long de cet automne, pour devenir, en cinq mois, la nouvelle coqueluche du Parc des Princes.

1m92, 80kgs de muscles, une silhouette élancée, un regard bleu azur de braise…

Forcément une coqueluche pareille, n’importe quelle fille accepterait de l’attraper : sa plastique avantageuse est un appel à la pom-pom girl déchaînée qui ne saura voir que les traits parfaits et d’ailleurs, on valide sans sourciller le port du mini-short !

Toutefois, il serait vraiment injuste que même une fille réduise Sirigu à son allure de top-model.

Le petit cul magnifiquement dessiné –si, si, regarde de près…-, les yeux bleus à tomber, les bouclettes qu’on a envie de tourner à l’infini… tout cela ne constitue qu’un supplément pour wannabe WAG en chaleur, mais franchement nous autres, les pura tifosa, on s’en foot, parce que ça ne suffit pas. Comme les mecs, nous n’avons qu’une religion : le terrain. Et c’est là qu’on compte les points.

Sur ce chapitre, le moins que l’on puisse dire, c’est que Salvatore Sirigu n’aura pas tardé à se montrer à la hauteur : dès que le ballon l’approche, le bello ragazzo nous envoie valser directement au septième ciel sans prendre l’escalier de secours, au rythme où il s’envole dans les airs tel Spiderman, pour protéger ses filets.

Une claquette, un ballon écarté grâce à ses poings magiques, ou bien serré dans ses mimines, et c’est l’explosion de joie. En la matière, depuis le début de la saison, il nous a plus que comblé(e)s. Combien d’arrêts décisifs ? Combien de parades sorties de nulle part ? Combien de buts évités ? Combien de points non concédés ? MerSirigu !

Lecteur qui ne connaît pas le PSG, tu te dis que je suis totalement hypocrite ou en plein déni hormonal. Lecteur de peu de foi, j’apprécie que tu me voies comme une cougar, mais manifestement tu ne réalises pas bien ce qui arrive à notre club cette année : si Sirigu est à tomber, c’est avant tout par sa capacité à sauver son équipe et rien qu’avec ça, il y a de quoi craquer sur douze générations, que l’on soit une fille ou doté d’un service trois pièces.

Flashback. Paris a terminé la saison dernière clopin-clopant, avec un Coupet en fin de carrière, irrégulier, vieilli, usé, fatigué… S’il est revenu en grâce sur le tard, c’est moins par son talent qu’en comparaison du cauchemar Edel. Apoula Edel. Le fils d’une passoire et d’un éléphant, à peine capable de se mouvoir dans sa cage si ce n’est pour laisser de la place au ballon pour entrer. Edel nous aura coûté la saison dernière pas moins d’une dizaine de points au championnat, qui auront laissé Paris au pied du podium et donc, de la Ligue des Champions. Edel, nominé cette année pour le ballon de plomb 2011, qu’il serait juste qu’il décroche.

A la faveur du mercato d’été, Douchez recruté, on se disait que c’était terminé. Qu’enfin Paris disposerait d’un gardien pour mettre devant les buts, et pas juste un type parce qu’il faut en désigner un sur la feuille de match.

Douchez blessé, on a maugréé. Fichue malédiction des gardiens ? Le PSG retrouverait-il un jour un digne héritier de Joël Bats ou Bernard Lama ?

Et puis fin juillet, une grande gigue est arrivée de Palerme. Personne n’y a vraiment prêté attention, tout le monde l’annonçait comme inclus dans le package Pastore, en provenance du même club, et le coût dérisoire du transfert, seulement 3,5 millions d’euros, n’incitait pas à ce que l’on délaisse le pastis estival pour regarder de plus près ce qui se cachait derrière ce garçon fort discret.

Y’en a même qui disent qu’ils l’ont vu voler…

Erreur. D’abord, il a coûté plus, 6 millions sur les 42 du transfert de Pastore étant prévu pour lui. Un prix nettement plus proche d’un gardien international.

Ensuite, un petit tour sur Youtube permet d’accéder à quelques best-ofs de ses meilleures parades. Enfin, Sirigu est décrit en Italie comme le nouveau Buffon, et devrait le remplacer le jour où l’inusable gardien de la Squadra Azzura décidera de prendre enfin sa retraite.

Restait alors à le voir sur le terrain. Et dès la première journée, il s’est fait remarquer. Certes, il a pris un but Tiénesque, la responsabilité en incombant au défenseur fantôme, incapable de tenir un marquage. Mais il a aussi su protéger sa cage le reste du temps de jeu. Une bonne impression qu’il n’a cessé, depuis, de confirmer.

De fil en aiguille, la #Team Sirigu n’a cessé de s’agrandir, tant il y a de supporters pour vanter les mérites de notre Spiderman parisien.

Oh bien sûr, il a pris trois buts face à Marseille, dont un lui est imputable. Personne n’est parfait. Mais il s’est excusé. Parce qu’il est comme ça Salvatore : il respire le PSG, et s’en veut s’il ne parvient pas à aider son équipe.

Et pourtant, combien de fois l’a-t-il sauvée ?

Dès le début de saison face à Lorient, Valenciennes, Rennes où il évite un double tir, Differdange où son envolée dans un timing parfait achèvera de convaincre les plus récalcitrants, jusqu’au bout de cette première moitié de championnat avec des parades mémorables contre Lille, et atteignant la perfection trois jours plus tard face à Saint-Etienne, où, si Bodmer marque le but salvateur, il aura incontestablement été l’homme du match.

Grâce à une maîtrise parfaite et une concentration totale, il est capable de parades sorties de nulle part, de claquettes qui laissent penser qu’on lui a greffé au bras le cou rétractable de E.T., et d’un coup de pied au sol qu’on ne voudrait pas prendre au cul. Le tout sans que sa grande taille ne réduise la vitesse de ses déplacements. Un physique, oui, mais au service de son talent.

Y-a-t-il encore quelqu’un pour contester ses performances ? Naturellement, s’il excelle sur sa ligne, il lui reste des progrès à faire dans les sorties, un point sur lequel il a déjà montré des améliorations. Reste que ce garçon s’est montré constant lors des 19 premières journées, et souvent décisif dans ses arrêts, évitant la perte de nombreux points.

Jusqu’à finir face à Saint-Etienne avec la note de 9/10 dans l’Equipe, et la meilleure moyenne de gardien dans le championnat.

Une suprématie que personne, pas même Hugo Lloris, n’est venu menacer. Une étoile qui brille si fort en championnat que Sirigu devrait ainsi conforter son statut de doublure de Buffon pour un jour, devenir titulaire de la Squadra Azzura.

Mais ce n’est pas tout. Arrivé à Paris en toute modestie, Sirigu aura eu à cœur de s’intégrer rapidement au sein de l’équipe. Surprise, en moins de deux mois, il maîtrisait parfaitement le français. Ce qui lui permet aujourd’hui de diriger fermement sa défense mais aussi, de communiquer efficacement avec le reste des joueurs et du staff, preuve d’une véritable intelligence et d’un esprit très professionnel toujours tourné vers le collectif.

Plus encore, en se jetant sur chaque ballon comme si ça vie en dépendait, il aura surtout su montrer son amour du maillot rouge et bleu, le meilleur passeport pour gagner le cœur des supporters.  L’alliance du calme et de la classe, de l’humilité et du génie.

Définitivement, Salvatore Sirigu dispose des meilleures qualités, qui le positionnent aujourd’hui comme l’un des meilleurs gardiens au monde, et annoncent pour lui une carrière sous les meilleures auspices. Paris a enfin trouvé son gardien : Toto le Héros !