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Ah les fringants sarkozystes de 2007 ! Ces communicants qui nous ont vendu la rupture, et qui croyaient qu’elle passerait par eux.

Eux qui avaient contribué à tout gagner grâce à leur génie, à leur vision, et sans eux et leurs nouvelles méthodes de communication, rien ne serait arrivé. Ah, ces politiquants 2.0 !

Justement, ils sont deux, et… zéro à obtenir l’investiture. A l’heure de la galette des rois, ceux là n’ont pas eu la fève…

Le premier, Arnaud Dassier, a géré la campagne web de 2007. Après avoir géré la campagne de l’autre, il s’est dit que lui aussi, pourrait gagner. Par mimétisme présidentiel. Alors il a décidé d’investir le Loiret. Malheureusement pour lui, le Loiret s’est montré moins empressé à l’investir. Et il s’est heurté à Eric Doligé. A qui ?

Oh mon dieu un baron local !!! Mais qu’est-ce donc que cela ? Eh oui Arnaud, en province, il faut savoir gérer les coutumes plus que les nouvelles technologies, et habiter la circo ne suffit pas : il faut se mettre dans la poche les barons locaux, ou du moins les neutraliser. C’est bien le moins quand on ambitionne de leur piquer la place… Ou alors, avoir de gros appuis. Et en l’occurrence, lui a été préféré Claude  de Ganay, proche de Jean-Louis Borloo.

Parachutage raté, crash en flammes. L’impétrant a fini par jeter l’éponge. Sniff… Depuis, il se répand sur Twitter et dans la presse pour expliquer qu’à l’UMP, il n’y a pas de culture démocratique. Ah ah ah mais qu’il est drôle ! Sérieusement, qui a verrouillé le parti ? Qui a modifié les statuts ? Qui a fait qu’il n’y a jamais eu de courants à l’UMP alors que le conseil national en avait validé le principe sous Alain Juppé, sous le nom de mouvements ? Ne serait-ce pas Nicolas Sarkozy ? Soit Arnaud Dassier est foncièrement naïf, sois il nous prend pour des biiiip… Difficile de trancher, vu qu’il rejoint François Bayrou.

Le second, Thierry Solère, autre grand communiquant de la campagne de 2007, a été plus prudent. Il a tenté l’insertion locale, dans une baronnie toute relative, puisque dans le département de sa majesté. Pire, une baronnie UDF. Cette espèce bizarre de gens qui se disent du centre mais qui votent à droite à 60% au premier tour. Bande de rigolos, va ! Reste que ces gens là ne plaisantent pas.

Et le Thierry, il a du s’y frotter. D’ailleurs, ça a coincé avec Pierre-Christophe Baguet. Mais le Thierry s’est accroché. Ancien responsable de la stratégie web, il n’est pas homme à se démonter. Bien que répudié par ledit Baguet, qui lui a retiré sa délégation d’adjoint, il a fait le dos rond. Et attendu bien gentiment  son tour. Qui ne viendra pas pour les législatives, Guéant lui ayant soufflé la circo sous le nez.

Queuwa ??? C’en est trop pour le Thierry qui pensait avoir coché toutes les petites cases de Sarko To Do List. Pour lui, la voie de la rébellion sera donc l’entrée en dissidence, tout en demandant l’investiture du parti. Une position contorsionniste difficile à tenir sur la durée, mais rien ne fait peur à Thierry : l’investiture est en théorie accordée par les adhérents…

Décidément cette génération 2007 est à mourir de rire. Comme si d’autres n’avaient pas essayé avant. Il suffit par exemple de demander à Jacques Le Guen, investi en Bretagne pour les régionales de 2010 –et le seul alors en capacité de l’emporter à droite- qui s’est retrouvé à soutenir Bernadette Malgorn et son mémorable râteau électoral ! Bref, il ne devrait pas tenir bien longtemps, et finir par se ranger bien gentiment dès qu’il aura été dédommagé récompensé de ses efforts, en devenant par exemple suppléant de Guéant. Ou pas.

Bref, c’est un difficile retour de bâton pour la génération 2007, recalée des investitures, et qui se prend le concept de la rupture, qu’elle a tant contribué à survendre, en pleine face. Sans comprendre que ce n’était qu’un positionnement de campagne, et que la politique reste toujours fidèle à elle-même et à son fonctionnement venu de la nuit des temps : tout le reste n’est que littérature… En revanche, la Sarkozie est bien fidèle à ses préceptes : trahir un jour, trahir toujours !

*Papier publié sur Marianne à cette adresse