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18000 personnes dans le stade de La Moustoir, à Lorient, pour accueillir cette affiche choc de ces 32ème de finale.

Les rouge et vert de Locminé alignent donc une équipe d’amateurs certes, mais surmotivée. Qu’ils soient étudiants, dans le bâtiment ou commerciaux, ces garçons vont vivre en rêve, en affrontant le champion d’automne de Ligue 1. Face à eux, le groupe du PSG sera amputé de Chantôme, Matuidi, Gameiro et Ménez, blessés, et de Tièné, parti rejoindre sa sélection pour la CAN. C’est donc un groupe proche de celui qui s’est opposé au Milan AC qui constituera l’effectif de cette rencontre.

Qui du PSG ou de Locminé sera sacré vainqueur de ce 32ème de finale de la Coupe de France ? D’un côté l’équipe bretonne de CFA 2, petit David rêvant de renverser Goliath. De l’autre le Paris Saint-Germain, bien décidé à briller pour ce premier match officiel sous l’ère Ancelotti mais aussi à aller jusqu’au bout de cette coupe de France. Nul doute que les deux équipes ont à cœur de se montrer sous leur meilleur jour. Un seul défi pour les joueurs de Carlo Ancelotti : montrer aux bretons qu’ici c’est… Paris !

Dès le coup d’envoi, Locminé est parti à la vitesse de l’éclair, bien décidé à se montrer. Les parisiens ont mis un certain temps à réagir et à se trouver, face à une équipe bretonne ayant adopté un schéma en 5-4-1.

Pour l’instant le beau jeu souhaité par Carlo Ancelotti n’est pas encore au rendez-vous et c’est l’équipe de Locminé, très présente en attaque qui réjouit son public… ce dernier se laissant aller à faire la hola. On note toutefois quelques occasions pour les parisiens, comme cette reprise de volée de Sissoko à la 15ème, suivie d’un lob d’Hoarau. Ou encore la tête du même Momo Sissoko à la 31ème, au dessus.

Menacé par quelques frappes, sauvé par une transversale, Sirigu s’est toutefois imposé au pied sur la seule tentative vraiment dangereuse de Locminé, détournée en corner à la 39ème. Le gardien parisien s’est toutefois montré furieux à l’égard de Mamad Sakho, coupable de s’être laissé avoir par un grand pont.

Paris reprend des couleurs au bout du pied de Pastore, qui remonte 60 mètres tout seul, pour servir Jallet : la frappe est stoppé par le gardien breton.

Hélas à la 43ème, Hoarau tente de couper la trajectoire sur un centre de Jallet, mais échoue à placer sa tête. Le score reste vierge à la mi-temps. Gageons que Carlo Ancelotti remontera les bretelles des joueurs pendant la pause, et que le physique finira par faire la différence.

C’est reparti au stade du Moustoir pour une seconde période que l’on espère plus explosive que la première. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle sera disputée, et spectaculaire.

D’emblée, le locminois Moustapha se blesse sur un choc puissant avec Lugano, et sort sur une civière. Paris campe dans la surface bretonne, tout le monde se regarde, personne ne tire, et ça part en contre. Lugano et Sirigu ne se comprennent pas. L’italien a les yeux revolver pour l’uruguyen, qui fait peur…

A la 53ème, Pastore arrive à l’entrée de la surface, réalise un magnifique grand pont, et tire.

La frappe bute sur le gardien mais revient et Pastore, encore, la récupère pour tirer croisé dans le but vide. 1-0 pour le PSG.

Locminé obtient un coup franc sans conséquence. Pastore, accroché, tente la passe à Hoarau… sans succès. Locminé fait une faute sur Néné. Hélas, le brésilien est victime de sa réputation, et l’arbitre ne siffle pas. Bodmer, en revanche, se prend un petit jaune. Arbitre en carton… Tellement en carton qu’il ne siffle pas non plus la faute sur Sissoko dans la surface et le pénalty évident qui en découlait.

A la 60ème, Pastore se lance, et sa frappe meurt sur la transversale… alors qu’il avait le doublé et la balle de break au bout du pied. Ancelotti encourage l’argentin à coup de « Dai dai dai ! ». Hoarau, qui manque de réussite depuis le début du match, est remplacé par Erding. Le locminois Maïga se présente devant le but de Sirigu, laissé bien seul face à sa défense. Mais l’italien veille, et sauve une nouvelle fois son équipe.

Au milieu, Bodmer s’en sort plutôt bien dans ses duels, et confirme la bonne phase qu’il traverse depuis début décembre. En bonne armoire normande, il fait office de mur face aux attaquants bretons. C’est génétique.

A la 71ème, nouvelle occasion pour Pastore, décalé sur la droite par une très belle  passe de Christophe Jallet. El Flaco choisit de tirer… et se troue : petit filet. Néné et Erding, qui étaient seuls au centre, sont furieux… Idem pour Ancelotti qui hurle depuis le banc « centre ! ».

Ca repart en contre et dans la surface. Mamad Sakho fauche un locminois. Pénalty. Et cette fois, il est bien sifflé.

A ce moment là, qui ne pense pas à l’occasion ratée de Pastore de tuer le match ? Et au péno non sifflé au profit du PSG ?

C’est la loi du foot, il faut faire avec. Maïga ne tremble pas devant Sirigu. L’italien est pris à contre pied. Egalisation de Locminé.

Dans le stade du Moustoir, c’est la folie. Le public comme les joueurs bretons croient en leur bonne étoile.

Ancelotti sort Sakho et le remplace par Ceara. Peu probable toutefois que ce soit pour punir Mamad, même si ça fait un moment que l’international français n’a pas quitté le jeu en cours de match. Le coach a probablement voulu renforcer le couloir en apportant du soutien à Bisevac. Bodmer récupère le brassard de capitaine, un signe de confiance d’Ancelotti !

Sirigu est encore là pour parer à toute éventualité. Les deux équipes ont mis le turbo, ça joue vite et bien.

Le PSG continue son pressing, Jallet se fait remarquer.Très bon match de Tophe, d’ailleurs, qui a bien servi Pastore par deux fois. L’argentin manque de peu une passe d’Erding, détournée par un locminois. Paris obtient un corner à la 79ème, qui ne donne rien. Makelele, lui, fait le coach. Notamment avec Jallet.

Ca repart dans l’autre sens, et Sirigu se retrouve à poil. Grosse pression du gardien, ou de Ceara, on ne sait plus trop. Corner. Salvatore prouve une nouvelle fois que sa mère l’a bien prénommé en écartant la frappe des deux points. Ou fulguro-poings. Goldorak, go ! Il reste moins de dix minutes de jeu, et les deux équipes se battent ardemment. Contrairement à ce que l’on aurait pu attendre d’une équipe de CFA2, les bretons ont encore du jus ! Ou de l’adrénaline…

A la 88ème, Erding dévie en une-deux et Bodmer se retrouve seul face au but, avec une occasion en or… et dévisse du pied droit.

On se dirige peu à peu vers la prolongation, il reste quelques minutes pour marquer. Pour le PSG, les bretons ne touchant plus un ballon.

Le pressing finit par payer : à la 93ème, Lugano place une magnifique tête décroisée sur un centre du brésilien Néné, et tue le rêve breton. 2-1 pour le PSG.

Cruelle défaite pour les bretons, qui n’ont pas démérité -mention spéciale au portier-, et sortent de la Coupe de France la tête haute. Pour le PSG, ce fut laborieux, mais l’essentiel est là, avec cette qualification pour les 16ème de finale. Alors bien sûr, il faudra encore travailler pour moins se faire peur.

N’oublions cependant pas qu’il y a une semaine tout juste, les parisiens faisaient connaissance avec un nouveau coach, de nouvelles méthodes, et un nouveau schéma de jeu.

Le beau jeu souhaité par Ancelotti n’est pas encore là : un peu de patience…

On note déjà quelques cadres qui se dégagent : Pastore et Sirigu, naturellement.Mais également Bodmer, qui hérite du brassard en cours de jeu et c’est mérité, et Jallet. Néné avait déjà montré son talent face au Milan AC, et s’est montré auteur de belles passes ce soir, même s’il n’a pu conclure sur ses occasions.

Pour terminer, le tirage au sort s’est encore montré favorable aux parisiens : le PSG affrontera en 16ème de finale le club de Sablé sur Sarthe. Détail peu footballistique mais amusant : Sablé est la ville du Premier Ministre, François Fillon, qui se présente aux législatives… à Paris. Qui soutiendra-t-il ? En tout cas pour moi, et bien que le coeur en Sarthe Nord du côté du Tronchet, pas de doute : ici c’est et ce sera toujours, Paris !