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© C.Gavelle/PSG

Jour de match. Jour de match au Parc des Princes. Jour de match au Parc des Princes avec Ancelotti.

Je suis surexcitée, pas besoin de remettre des piles. Ce soir c’est la fiesta ! Ambiance de folie au Parc.

Ca tombe bien, les vestiaires sont interdits : Ancelotti veut que les garçons se concentrent, et exige un silence absolu. Même le portable est interdit !

Du coup, je patiente en tribunes. Maintenant que j’ai rejoint le clan des WAG, j’ai droit à une superbe place pas loin de Leonardo. C’est-à-dire, juste à côté de Paolo Maldini. Mais c’est quoi ce canon ??? Et Thuram. Thu-ram. Mode hystérie enclenché. Leonardo lui raconte ma blague de « Et 1, et 2, et 3 zéro ». Thuram rit. Thuram rit ! Il est conquis. Just I was afraid I was petrified Kept thinking I could never live without you by my side…

Peu importe, je n’ai d’yeux que pour le mien, d’italien, à qui le Parc fait un magnifique accueil quand il entre pour l’entraînement. Un petit coucou, et je commence à stresser. Je ne peux pas m’en empêcher. J’ai peur du but, de la blessure, bref, je pourrais faire une crise cardiaque sans qu’il ne touche un ballon. J’en parle à Paolo. Qui me ressert une coupe. Ouais en loge, on a de la binouse et des cahuètes, mais je reste au champ : d’abord la main gauche pour saisir la coupe…

La première moitié de la première mi-temps est soporifique. Je m’endors à moitié sur Maldini. J’ai un truc avec les italiens en ce moment, moi… Si le jeu continue à être aussi chiant, je vais vider la moitié du bar avant la mi-temps… Parce que pour l’instant, rien de bien marquant. Certes, Maxwell se montre. Lugano rate son option moissonneuse batteuse. Sakho… mouais, pas en forme le Mamad en ce début de jeu. Néné se fait faucher. A moins qu’il se fauche tout seul, avec Néné c’est toujours compliqué de savoir.

Et puis Pastore tire. Et puis Ménez tire. Et puis Néné tire, et marque. Hurlements de joie dans les rangs. Enfin, hurlements de moi. Les autres sont à peu près civilisés. C’est nul, le banc des WAG… La balle repart, et Sirigu l’arrête et la tient bien fermement dans ses mimines. Puis il l’embrasse. « Tu ne veux pas lui faire l’amour non plus ? » crie-je. Sérieux, c’est dégueulasse d’embrasser un ballon qui traîne depuis 1/2h dans l’herbe… Toi, si tu veux qu’on se refasse une soupe de langues, t’as intérêt à te laver les dents, parce que tu vas passer au contrôle buccal !

C’est l’heure de la mi-temps. L’occasion d’aller fêter le but parisien. Avec Martini Maldini. Je commence à avoir chaud, moi. Un peu dans la culotte, aussi. C’est l’effet PSG ! Bref, j’attaque les tapas. Parce que sinon, je vais encore finir à quatre pattes et dans la tribune présidentielle VIP-de-chez-super-VIP, ça le fait moyen.

Leo en profite pour me présenter au grand patron, le président. Enfin le prince. Je me lance : « Ici en Occident, toutes les petites filles rêvent du prince charmant. Mais moi j’ai le secret, j’en ai toujours un dans mon sac. » Et je lui tends un Prince, de Lu. Il rigole. Et m’achève : « Tu es une copine de Hoarau ? ». Vexée mais pas déstabilisée,  je le tacle sauvagement en pleine surface : « Non, de la doublure de Buffon ». L’arbitre Leonardo, ravie de constater que je m’en sors toujours par une référence footballistique, ne siffle pas le geste. Pas de carton pour moi !

Le match reprend. Toulouse frappe encore, direct dans les bras de Sirigu. Jallet joue la balle, un bouseux tombe, faute. C’est dingue ça. Ca n’est tout de même pas de la faute de Jallet si le paysan n’a pas les pieds bien stables ! Bon, j’aime pas quand la balle approche le but de Sirigu. Que ce soit clair, c’est pas du jeu. Poupette’s new rules.

Joli Cul Bodmer enclenche le mode moissonneuse batteuse. Ancelotti lui parle en italien. Te bile pas Carlo, ça ne sert à rien. Galimeiro s’échauffe. Didot confond Bisevac avec le ballon. Mais demandez à Optic 2000 de sponsoriser Toulouse ! Ménez. Ménez. No comment. Ca se rapproche de la cage parisienne, mais y’a pas un bouseux pour défier mon homme. Et puis tout à coup, Mawxell nous fait un petit coup d’expresso, superbe débordement dans son couloir, Sissoko embraye, et Pastore la met au fond. Paris mène 2-0. Hystérie dans la tribune. Ecoutez chanter, écoutez chanter, écoutez chanter les parisiens, et surtout ne dîtes rien !

Ca repart, et Sirigu mute en Actarus pour lancer ses fulguro poings bien en avant et repousser l’assaut des paysans. Ménez frappppppe… repoussée. Again. Il a la poisse Jérémy ce soir. Galimeiro entre à sa place, paré d’un horrible caleçon rose, qui lui vaut un carton rouge de la fashion police. Nan mais sérieux, il faut que je m’occupe des caleçons de Kevin, c’est juste plus possible. Mais c’est pas fini. Néné écarte facilement un défenseur et hop, petit plat du pied. 3-0 pour Paris. Je tape sur l’épaule de Leonardo : « maintenant tu peux faire et 1, et 2, et 3 zéro sans pleurer. »

Y’a pas à dire, le PSG déroule. Galimeiro manque de peu une belle occasion. Bisevac cède sa place à La Menace Chantôme, sous les acclamations du Parc. Mais Sakho fauche un paysan, ce qui génère un coup franc bien placé pour Toulouse. On entend bien Sirigu hurler après Mamad, pour le placer.

Ca repart, ça joue… Et le but. Sirigu n’y est pour rien, il n’y avait pas de défense, juste Bodmer. Je lis la déception dans son regard. Leonardo me tape sur l’épaule. Je pleure. Vraiment. Je voudrais sauter sur le terrain pour le consoler. Maldini me propose un câlin. Caliente, l’italien. Mais non. J’en veux juste un du mien. C’est là que je me rends compte que tout a changé. Je me suis guimauve-isée. Ca craint.

Le match se termine avec quelques occasions : un poteau de Pastore, une de Chantôme juste au dessus, et une de Gameiro, très entouré par la solidarité du collectif. Une belle victoire consécutive à un beau jeu, dans une ambiance de folie, quelle bonne soirée de football ! Quand je vois le PSG, par trois fois le marquer, je vois la vie en roooose…

En sortie de terrain, Sirigu est chaffouin, mécontent après lui-même de ce but encaissé. Comme toujours, c’est Pastore qui le console. Avant que je ne prenne le relais. Mais le gardien insiste, il explique ce qu’il s’est passé, pour évacuer sa frustration. Toujours auprès de Pastore. J’aime pas le voir comme ça. Sauf qu’en fait, ça va.

Quand je rejoins le vestiaire, coincée entre Maldini et Thuram, il a retrouvé le sourire.  Et est en grande discussion avec le grand patron, le prince, venu lui serrer la pince. Je relance de dix : « Lundi matin, l’empereur, sa femme et … » mais cette fois, Leonardo me plaque la main contre la bouche pour me faire taire. Carton jaune !

Néné me chope. Je lui montre la direction de mes seins : « un doublé deux nénés ». Ca le fait rire. Les autres aussi. Forcément dès que ça parle nichons… Y’a du monde au balcon ! Après son premier but, Néné a dansé la samba avec Sissoko. La suite du pari implique que j’effectue avec lui une lambada, la danse interdite. Et j’ai prévu la jupe ceinture pour… Momo met le son, je jette mes talons et… caliente ! Je virevolte dans tous les coins du vestiaire dirigée par un Néné qui connaît son affaire, c’est chaud, chaud, chaud !

Il me lâche, et j’atterris direct dans les bras de Sirigu. Comme par hasard. Dans l’euphorie de la victoire, roulage de pelle. On aura tenu deux jours à se cacher. Jusqu’à ce que nos cerveaux trop footballisés soient déconnectés. Et merde…

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