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Le lundi au soleil, c’est une chose que l’on n’aura jamais… Même quand on est au bureau, ou plutôt sur le terrain, du moins en plein mois de novembre.

Car rien n’indique que nous soyons au mois de janvier. A mon avis on nous ment. Et aujourd’hui… je me sens comme un lundi.

Pas uniquement parce qu’on est lundi. Mais parce qu’on revient de notre premier week-end. A la campagne. Dans un cadre magnifique où le matin, tu es réveillé par les oiseaux qui chantent. Voire la nuit. Parce qu’il y a des chouettes. Qui portent mal leur nom. Parce qu’une chouette qui te réveille la nuit, c’est moyen. Mais du coup tu t’occupes…

Et le matin au réveil –par les oiseaux encore, mais je n’en connais pas la marque, je suis de la ville môa- tu vas faire ton footing dans un immense parc observes un bello ragazzo faire son footing dans le parc. Puis tu l’entraînes dans les sous bois, dans une bâtisse en vieilles pierres usées par le temps et lamées par l’eau du ruisseau : le vieux lavoir… le plus bel endroit sur terre. Le rêve…

Hélas le dimanche tu reprends l’autoroute, et tu te tapes les bouchons du retour sur Paris. Tu maudis la terre entière et tu fais jurer au bello ragazzo que tu vivras dans ce manoir avec ce parc, après tout c’est là que vivaient tes ancêtres. Il te le jure, et là tu sais qu’il ment, parce que le seul terrain dans le coin est la MMArena et que ça ne va pas le faire. Alors tu lui fais une scène parce qu’il te ment et qu’en plus si ça continue tu ne seras pas à l’heure à la casa pour regarder le Canal Football Club. A force de t’entendre dire des conneries, il rit. Bêtement. C’est bien, un bello ragazzo

Arrivée chez toi –enfin chez lui-, tu montes les marches quatre à quatre. Enfin, tu appuies sur le bouton de l’ascenseur pendant que monsieur s’occupe des bagages. Tu chopes la télécommande, une bière, et tu mets Canal. Et tu commentes. Tout. Tu as forcément un avis hyper tranché sur le clash Le Graet-Dugarry. Tu veux qu’il en ait un sur Antoine. Tu te demandes combien de prises il a fallu à Ménez pour sortir la phrase de fin de La Grande Surface. Bref, tu es titulaire au CFC. A se demander qui est le footeux là dedans. Ah, les fins de week-ends…

Mais c’est déjà lundi. Après 2 jours et demi de repos, l’entraînement est programmé à 15h. On arrive tôt, pour le déjeuner, à 13h. Tous les copains du vestiaire veulent en savoir plus sur ce petit week-end. P-e-r-s-o ! Et de toutes façons, je ne suis pas là pour raconter ma vie. Je dois animer le déjeuner, et faire parler chacun. Pour que les internationaux travaillent leur français, et que les natifs de l’hexagone bossent un peu leur syntaxe.

Avant le début de l’entraînement, dernières vérifications du matériel. « Erding, ton soutif ! » Oui, j’appelle le GPS le soutif. Parce que c’est une brassière dans laquelle est insérée le GPS, et qu’ils portent donc sur le thorax… comme un soutien-gorge. Hoarau m’intercepte : « Tu sais comment on appelle une blonde qui… » Non, je ne veux pas savoir. Jamais le lundi. C’est contre ma religion. Hoarau pleure.  Ménez grogne. « Ca ira mieux sur le terrain », lui dis-je en lui faisant un gros poutou sur la crête. Si seulement j’avais une paire de ciseaux…

Avant de passer la porte, Max me tend un café. Je l’aime déjà, lui… « Il a Free, il a tout compris. » Punaise, le Hoarau n’arrête jamais. Mais débranchez-le ! Je le tacle sauvagement dans la surface : « Et à Everton, tu crois qu’il y a Free ? ». Il re-pleure. J’ajoute : « Jamais deux sans trois. » Il abdique, et part rejoindre la bande pour l’échauffement.

Une fois chauds, les garçons font des ateliers très ludiques, y compris les gardiens qui sont comme toujours en séance spécifique. La séance ne dure qu’une heure, c’est bien assez pour une reprise. Comme un lundi, j’vous dis !

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