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©C.Gavelle/PSG

Samedi. Jour de match au Parc des Princes, face à Evian. Enfin, si la pelouse tient. Des températures négatives sont attendues aujourd’hui encore sur la capitale, et le terrain est resté bâché jusqu’à 17h.

Depuis, sa température reste sous contrôle :  on verra la décision des arbitres quant à sa praticabilité. Ca devrait tenir. Mais on reste méfiants : cet après-midi, Saint-Etienne / Lorient a été arrêté après 9 minutes de jeu.

Dans les vestiaires, les joueurs se préparent. Comme à chaque fois, j’aide les garçons avec leur matériel, et j’assiste Sirigu pour la pose des straps sur ses chevilles, qui lui permettent de maintenir ses protège-tibias. Et pour tout l’habillage d’ailleurs. Croyez moi, c’est un vrai bordel. Il porte même une gaine ! Il prétend que c’est un short de protection pour absorber les chocs et éviter les brûlures. Oui, oui, oui… mais ça ressemble quand même vachement à une gaine. Avantage, ça lui moule parfaitement le cul et ça, c’est caliente. Juste un peu plus long à retirer.

18h15. Sirigu entre sur le terrain pour s’échauffer, sous les hourras d’un Parc pas encore plein. Ce n’est qu’un quart d’heure après que ses partenaires le rejoignent. Pour l’instant, la pelouse est sous la barre des 0°. Et ça descend… L’arbitre estime les surfaces de réparation limites, mais confirme la tenue de cette rencontre. Sur le banc, je peux vous dire que glaglagla…. Totalement raccord avec la titularisation de Motta (la glace)… et de Maxwell (le café) pour nous réchauffer. Pour éviter que son petit cul ne gèle, Sirigu le remue en rythme sur la musique que crache les hauts parleurs du Parc.

18h45. Sirigu reçoit son trophée UNFP du meilleur joueur de Ligue 1 du mois de décembre. J’avoue être assez fan du look Doc [rapport à Retour vers le Futur] ou Einstein [pas le chien de Retour vers le Futur, l’autre…], c’est selon, de celui qui lui remet le prix. Que je récupère aussitôt. Problème, on n’a pas de cheminée. Et il en faut deux pour faire un presse-papier.

Le temps d’un dernier bisou, et direction les tribunes, pendant qu’un clip de ses meilleures parades est diffusé sur l’écran. Cette semaine, je ne suis pas dans le Carré VIP, mais en loge chauffée. Je laisse Leonardo se les geler, pendant que l’on me sert tranquillement mon dîner à ma place. La classe… Il faut dire que j’ai Alex et Javier avec moi, et pas question qu’ils prennent froid. Avec Javi, on a décidé de boire beaucoup d’Evian ce soir. Oui, nous avons un humour particulier. Mais nous assumons. Sachez le. Même si perso, je bois aussi beaucoup de champagne. Question de standing. Et de réputation.

Et c’est parti ! Evian, source de jeunesse, met la pression dès le début. Govou arrive sur la cage, mais Maxou passe en retrait à Sirigu, qui prend la baballe de manière assez autoritaire. Néné, lui, s’offre un joli coup du sombrero. Cool, ça me facilite la traduction pour Alex. Comme toutes les équipes, Evian est fasciné par Néné. Et veut absolument le toucher. Bande d’obsédés. Tous les mêmes ! Motta vient d’arriver et déjà, il se montre très bon pour récupérer très proprement le ballon et faire la distribution. Joli Cul Bodmer, lui, délivre de jolis petits gestes techniques… Le mec de Foot + confond Sagbo et Sakho. Mais aussi Lugano et Maxwell. J’ai ri. Très fort. Mais si j’avais eu une vuvuzela… Bref.

Javi –oui je l’appelle Javi et alors ???- se lance dans un point fashion police : « Dis Poupette, tu as coupé les cheveux de Salvo ? » Non, ça n’est pas moi mais oui, il a rafraichi un peu la longueur. Et Joli Cul Bodmer aussi. Je sais, je suis méga influente en terme de coupes de cheveux. Mais pas sur Jolie Poupée Ménez, qui persiste dans le port de renard mort sur sa tête.

Sakho a dribblé. Je répète, Sakho a dribblé. Rabiou tire dans les étoiles. Spoutnik 12353225.  Govou se jette dans les grandes jambes de Bodmer. Ca énerve un peu Joli Cul, qui bat des bras. Don Quichotte Style. Javi a compris la référence. Il rit. Moi moins, parce que Govou laisse traîner ses mains…  Reste que c’est plaisant de voir Paris jouer ensemble : Motta, Joli Cul, Jolie Poupée et pour finir Galimeiro, qui passe à deux doigts du but. Rebelote quelques instants plus tard.

Lugano, dit Le boucher, se transforme en mur, et écarte une tentative. Puis tacle Govou. Corner. Goldorak go, mode fulguro-poings enclenché, Sirigu sort et écarte le danger. Galimeiro continue de frapper, et de rater de peu. Rabiu se prend un pastis. Histoire de trinquer, je me prends une coupe. Javi aussi. S’il me suit comme ça, il va finir pompette, le petit. Pendant ce temps, Motta assure. Irais-je jusqu’à dire qu’il brise la glace ? En me montrant ostensiblement du doigt, Alex prononce enfin un mot : « Hoarau ». WTF ?

Maxwell est devenu l’as du couloir. Une-deux en mode talonnade de Néné à Bodmer pour Néné, c’est tout mignon. Joli Cul se lâche techniquement. Et Lugano se prend un pastis, qu’il fait mine de ne pas comprendre, avec sa bouille d’ange : comment ça il ne pouvait pas prendre une jambe à Ripert ??? Le Parc pousse pour Diego. Grand moment de WTF. Le coup franc est repoussé par la défense, ça revient, mais Sirigu a bien sorti les fulguro-poings. Je suis très fière de mon petit Actarus. Mon fantasme de petite fille se réalise, je sors avec Goldorak… Trop la classe. Puis il se jette sur la balle pour éviter le corner. Petit malin, va !

De l’autre côté du terrain, Jolie Poupée Ménez passe à Néné, mais Andersen arrête la balle à l’issue de cette très belle action. En situation inversé –Néné qui passe à Ménez-, Jolie Poupée nous fait un Joli Poteau. Je décide qu’en représailles, il sera tondu à la mi-temps. Alex me fait un give me five. Ah comme quoi quand il veut –et quand je pense à traduire mes conneries en anglais-, il comprend le Tank. Sorlin tacle Néné par derrière, ce qui lui vaut un pastis. Pastore ayant parié avec moi qu’il boirait une coupe à chaque carton, il est bien parti pour rentrer à quatre pattes…

Histoire de venger Néné, Motta s’offre Sorlin. Et le mets en plusieurs morceaux. Tellement que les soigneurs sont obligés de rentrer. Thiago a la tronche d’un premier de la classe mais son effet kiss cool, apparemment c’est plutôt en mode double lame… Il se prend un pastis. Quant à Sorlin, il ne devrait pas survivre à se match. Govou le venge en tatouant le tibia de Maxwell. Reprise de Cambon mais ça passe tellement loin que Sirigu bouge à peine. Mais Evian a repris du poil de la bête. Sur la tête de Ménez, sûrement.

Corner. Bodmer dévie. Nouveau corner. Cette fois, reprise gagnante de Cambon. Sirigu, déjà à  terre, accompagne la balle dans le but. Totalement contre le cours du match. J’hurle. Et je descends, tout de suite au vestiaire, vu qu’on s’est pris ce boulet à la 44ème. Je connais trop bien Sirigu pour savoir qu’il va bugger.  Reste que sur ce coup là, Néné a un peu merdé : s’il avait couvert d’un mètre, Cambon était hors jeu. Groumpf.

A la mi-temps, le journaliste de Foot + intercepte Sirigu. Mais pose les mauvaises questions, en mode PSG Bashing. Le portier italien, réputé pour répondre facilement à la presse –y compris là, alors qu’il vient juste de se prendre un but-, ne comprend pas bien ce petit ton, ni pourquoi le type semble oublier qu’il reste 45 minutes de jeu, et qu’en conséquence, Paris n’a pas encore perdu. Le journaleux s’enfonce par cette info idiote délivrée au gardien : « Montpellier mène 1-0 ». Sous entendu, Montpellier peut passer leader de L1 si Paris perd ou fait le nul et que le MHSC l’emporte.

Trop de « si » pour Sirigu, qui l’envoie paître d’un cinglant « Je m’en fous de Montpellier ». L’énervement est bien là, et c’est en mode Rocky qu’il rentre au vestiaire, en hurlant en italien « Puto dio. » C’est un gros juron à base de « putain », mais en plus intense, tendance blasphème. Littéralement « putain de dieu », mais par chez nous on traduirait plutôt par « putain de bordel de merde ». La porte en prend même un coup au passage. Il me jette sauvagement son maillot, et continue de pester, yeux au ciel.

Tout ça ne lui ressemble pas et franchement, j’ai toutes les peines du monde à le calmer. Trois fois qu’il m’explique qu’il pensait Sorlin hors jeu et qu’il l’a dit au journaliste. Oui, bon, ça existe les cons aussi hein. Face à cette situation un peu nouvelle pour moi, Salvo étant plutôt un garçon très calme, je n’ai plus qu’une solution : abattre la carte avaler ses amygdales, un grand classique qui offre l’avantage premier de le faire taire. Oui, j’ai le sens de la stratégie.

La situation restant tendue du fait que l’équipe est menée au score, le coach délivre son message. Au lieu de gueuler, il bouge le cul des joueurs de manière bien plus psychologue, en leur disant simplement qu’il a confiance en eux, et qu’il sait qu’ils vont gagner. J’hallucine tellement que je lui laisse ma carte, en lui disant que j’aimerais monter une secte avec lui. Je pense qu’on doit pouvoir en faire une bonne religion !

Sur ce, il est déjà temps de reprendre. Avec Javi, on joue à chat-bite pour retourner en loge. Ca ne fait pas rire Alex. Probablement parce qu’il n’a pas bu une coupe de champagne, lui. Pendant ce temps, Mamad envoie aussi bouler le journaliste de Canal +. Gniark gniark gniark. Sirigu et Jallet papotent tranquilou. Et ça repart. La réaction parisienne ne se fait pas attendre. Néné frappe. Néné marque. 1-1. Et vlan ! Paris a remis le turbo. Jallet et Motta s’entendent comme larrons en foire. Galimeiro garde un peu trop la balle. Il nous fait une Ménez d’avant.

Cambon, lui, a décidé de se faire Sirigu. Sirigu, lui, trouve que se prendre un but, c’est bien assez. Govou tente sa chance, et affronte Salvatore en duel. Le portier sort de sa cage, s’avance, et la détourne par une magnifique parade du pied. Govou est écoeuré. Il pleure. Le public est en transe et scande le nom de Sirigu. Je danse la samba, avec Javier on se fait une choré cul à cul. Alex a disparu. Je crois qu’il nous évite…

Jolie Poupée Ménez réussit parfaitement son grand pont. Mais sur le reste, c’est un peu le bordel. Galimeiro laisse traîner sa mimine, Sakho fait une faute sur Sagbo. Si tu répètes cette phrase dix fois sans te tromper, tu peux entrer à la Comédie Française. Bref, cette faute lance le festival des corners devant la cage de Sirigu.  Sur le deuxième, Néné nous sauve d’une tête de Poulsen juste sur la ligne. Ouais, Néné. Il se rattrape bien de sa faute de marquage de tout à l’heure…

Deux minutes plus tard, nouveau miracle made in Sirigu. Govou tente une nouvelle fois sa chance, mais Sirigu sort, tacle Govou, et récupère la baballe. Govou nous fait une petite déprime. Il pleure. Dans la foulée, Sirigu arrête en deux temps une nouvelle frappe d’Evian. Décidément, il multiplie les arrêts décisifs, et montre ce soir qu’il a étendu son champ d’action avec deux sorties hors de ses 6 mètres, et l’arrêt au pied loin de sa ligne. A ce rythme, il devrait bientôt être en mesure de multiplier le pain et le vin. J’envisage donc de lancer une nouvelle religion. Encore mieux que celle d’Ancelotti.

Jolie Poupée Ménez est accrochée dans la surface : pénalty ! Néné le transforme, signant ainsi un nouveau doublé. En même temps logique, une paire de nénés… On mène 2-1.Sirigu laisse éclater sa joie, en remuant les fesses. C’est mignon comme chou. Je sens qu’on va fêter ça dignement après le match. Mais sans culotte.

Très généreux, Maxwell tatoue ses crampons sur le tibia de Govou. Matuidi surgit de nulle part pour arracher le ballon des pieds d’Evian, et servir un petit caviar à Néné, qui frappe. Andersen la touche mais Galimeiro est plus rapide que la défense, et la met au fond du filet. 3-1, et enfin un but pour notre petit Game Héros ! Bon-heur.  Paris est vraiment magique. Et c’est sur ce score que s’achève la rencontre.

Quand les mecs sortent du terrain, je suis déjà dans les vestiaires. Pour constater que je sors avec un Schtroumpf : Sirigu a les jambes bleues ! Et comme il a un bonnet rouge, c’est le grand schtroumpf. Ah ah ah. N’empêche qu’il a retrouvé sa bonne humeur. C’est la fiesta dans les vestiaires, et une fois n’est pas coutume, le reste est classifié. C’est comme ça, lalalala !

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