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© C.Gavelle/PSG

Samedi matin, et je tente de faire mon sac pour le déplacement à Nice.

Tout à coup, je comprends pourquoi le club fait porter aux joueurs tous ces horribles survêtements lors des déplacements : au moins en leur fournissant les uniformes, ils sont certains de ne pas oublier de fringues.

Hum. A ceci prêt que personne ne leur fournit les sous-vêtements. T’imagines le drame si Néné oublie son caleçon fétiche Brasil ? Ou si tout autre joueur oublie ses slips et qu’il joue avec les parties qui ballottent ? Techniquement, ça me semble tout de même un point de détail important. Bref.

Pour ma part, j’échappe à l’habillage Club, je dois donc constituer moi-même mon petit sac. Sans oublier ni sous-vêtements de rechange –que pourtant quelqu’un retire à chaque fois du sac, je crois qu’il tente de me passer un message… peut être le fait que je porte un mini-kilt ?-, ni pulls, ni talons de 12, et en évitant que ça ne pèse trois tonnes : après tout on ne passe qu’une nuit dehors. Tout ça un samedi matin pendant que La Chose prend son café vu que lui, il n’a que sa petite besace à préparer et donc juste son MP3 et son chargeur à penser. Envie de pleurer là. Calimero time.

Direction le Camp des Loges, pour un dernier entraînement avant la mise au vert et le départ pour Nice. Première étape, la conférence de presse d’avant-match du Coach. Au premier plan, une cannette de Red Bull. Je ris. Puis je la prends, et je la bois. Poupette Style.

Juste après, les garçons s’entraînent sous le dôme, mais je reste à l’intérieur. D’une part, je suis sapée pour le départ, donc pas question de recommencer ce qui m’a pris un temps dingue à mettre en place. D’autre part, le service de presse m’a apporté 12 milliards d’articles en italien pour que je fasse le tri dans ce qui est intéressant. WTF ?

99% des articles ont juste traduit l’Equipe, le seul truc intéressant porte sur la réaction de Viviano à la rumeur selon laquelle il intéresserait le PSG. Genre il viendrait prendre ici une place de numéro 2 alors que le départ de Sirigu lui a permis d’arriver titulaire chez les rosaneros. Mais bien sûr… Et la marmotte ? Tu m’étonnes qu’il dément. Tout ça pour ça. Je me sens ravioli, la tête farcie à la bouillie de cerveau. Le prochain qui me parle italien, je le tue. Je suis française, mettez vous ça dans ce qu’il vous reste de crâne !

Dans le car, Bodmer s’installe à côté de moi. « T’as bien du Toblerone qui traîne Poupette ? ». Je lance un Toblerone-Scrabble : celui qui arrive à faire un mot a droit à un triangle. Forcément dès qu’on retire des lettres, ça se complique. Ménez propose Blero. Forcément, il perd. Il pleure. Matuidi gagne avec Neron. Oui, il a compris que les triangles sont double face et que donc, il suffit d’en retourner un pour avoir une autre lettre.

Dans l’avion, je lis l’autoportrait de Claude Berri. J’explique à Salvatore, qui est cinéphile, qui est Claude Berri. Un type à qui tu dis toujours merci. Et à Ménez que sur son échelle, c’est le 6124789522335452122355 épisode de Oui-Oui. Oui, tant que ça… Il pleure. A l’arrivée à Nice, je fais croire à Hoarau qu’on va se crasher en mer. Plus on descend, plus j’insiste, en lui disant que l’avion se rapproche dangereusement de la mer, et qu’on va finir par toucher l’eau. Il flippe. En même temps c’est le principe, la piste est en effet constituée d’une longue avancée sur la Méditerranée. J’adore atterrir à Nice.

Arrivée à l’hôtel, installation, dîner… on se prépare une petite soirée rugby France Irlande. Hélas, la pelouse étant congelée, le match est reporté. Groumpf. Du coup, on se fait un poker. Ca part un peu en sucette, Sirigu veut défoncer Néné qui m’a demandé si je me couchais. Je siffle la fin de la récré : « Si je ME couchais, Salvo, pas si je couchais… » De l’importance du pronom dans la construction d’un verbe pronominal. Penser à demander à sa prof de français de lui faire un cours là-dessus.

Galimeiro ne veut pas jouer. Il a déjà trop perdu au jeu de l’avion. Le pauvre Ménez se fait dépouiller. Hoarau l’appelle Martoni. Parce qu’il bluffe. Ou pas. Avec Guillaume, on se fait dans grands signes avec les mains en disant « O.D.I.L ». Personne ne comprend. Ces joueurs n’ont strictement aucune culture. Ca me déprime. Je me couche sur Sirigu. Dans tous les sens du terme. Ca va finir en strip-poker…

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