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Après deux ans de chômage, en dépit d’un bon CV, d’un joli parcours, et d’excellentes références, j’ai fini par trouver un job, par réseau, courant juillet.

Assistante de direction depuis plus de 10 ans –avec quelques variantes en politique, assistante parlementaire et chargée de mission-, j’ai cette fois trouvé un poste d’assistante personnelle. Ou personal assistant. P.A. Kezaco ?

Peu connu, ce métier ressemble fortement à celui d’assistante de direction… avec quelques spécificités bien particulières. Très utilisé outre Atlantique, ce job est peu répandu en France, où il reste l’apanage des personnalités et des grands patrons. Et pour cause : cet emploi correspond assez peu à la vision archaïque que nous avons encore des ressources humaines, à raisonner trop souvent en nombre d’heures par semaine et fiches de poste.

L’assistante personnelle se définit ainsi parce qu’elle gère aussi bien la vie professionnelle que la vie privée de son patron. Véritable bras droit, c’est elle qui sait où sont les choses, comment on fait les démarches, et qui va prendre en charge l’organisation personnelle d’un boss qui n’a souvent pas le temps de s’en préoccuper, pris par des journées de travail de 18 à 20h ou constamment à l’étranger. En somme, l’assistante est un facilitateur.

Certains pourraient penser alors qu’il s’agit d’une version remasterisée de Cendrillon, ou d’un rôle de majordome féminisé. Que nenni. L’assistante gère l’agenda –comme toute assistante de direction-, les déplacements, mais elle va plus loin, en s’occupant également des formalités (passeport, visa, …) et en étendant son champ d’action jusqu’à la sphère privée. Par exemple, organiser un voyage familial ou un restaurant, commander des fleurs pour un anniversaire ou un dîner, aider à la mise en place d’un service de téléphonie, …

Occupant ce poste auprès d’une personnalité devenu son propre patron, j’ai la chance d’avoir un poste extrêmement varié.

Office manager du bureau, je m’occupe aussi bien de l’assistanat de direction classique (gestion d’agenda complexe, organisation des déplacements, courriers) que des ressources humaines et des aspects budgétaires (facturation, budget). En outre, mon patron tient à ce que j’entre dans le contenu de l’activité de l’entreprise, ce qui me permet de gérer certains dossiers, notamment ceux relatifs à la préparation de ses déplacements. Côté vie privée, c’est vaste et indéfinissable. Ca peut aller de la gestion du domicile aux démarches familiales.

Si cet emploi est prenant –le patron peut appeler  à tout moment pour poser une question ou requérir un service- il comporte bien des avantages. La plupart des patrons utilisant une assistante personnelle ont conscience de la disponibilité qu’ils requièrent, aussi ils savent bien souvent se montrer très courtois et généreux… seule manière pour eux de s’assurer d’une collaboration durable.

Extrêmement gentil, tout en étant exigeant, le mien n’a rien du Diable s’habille en Prada, et a en outre la classe d’éviter les appels tardifs ou pendant le week-end et les vacances, préférant user du texto ou du mail, tout en me laissant doser l’urgence de la requête. Ce qui m’assure la possibilité d’avoir une vie personnelle en dehors du travail, et notamment une vie sociale. Seule nécessité : rester connectée à mon téléphone portable, devenu un authentique bureau mobile.

Véritable personne de confiance, l’assistante personnelle sait également tout de la vie de son boss.

Elle doit donc être à la fois discrète et honnête – l’assistante a accès à un très grand nombre de données privées, et toute révélation des affaires professionnelles ou privée de son boss relèverait de la faute professionnelle -, loyale et fidèle, avoir le sens du service, être disponible et facilement joignable, débrouillarde, très autonome, très organisée et rigoureuse, résistante au stress, savoir jongler entre une multiplicité de demandes et de tâches, et  avoir un petit côté nounou.

A mon sens, une expérience d’au moins 5 ans en tant qu’assistante de direction dans un univers exigeant, et si possible de haut niveau, permet d’entrer facilement dans le job et d’en assumer les responsabilités. Enfin pour terminer, il faut aussi s’assurer d’avoir des atomes crochus et une bonne entente avec son patron, car la base de cet emploi réside dans la relation de confiance instaurée entre lui et sa collaboratrice.