Ils veulent tout détruireLa France des élites bien-pensantes m’agace terriblement. Aujourd’hui, en France, il faut lutter contre l’extrême droite. Je partage ce point de vue mais il m’est incomplet. A mes yeux, il faut lutter contre les extrêmes. De droite comme de gauche. Et il serait temps de le dire.

Au risque de vous surprendre ou de heurter les consciences, l’extrême gauche n’est pas plus cool que l’extrême droite. Action Directe n’est pas plus romantique que les petits nazillons. Le dire ne retire rien à l’intensité de mes reproches à l’égard de l’extrême-droite.

Lutter contre LES extrêmes ne signifient en aucun cas diluer leurs torts, mais au contraire, lutter deux fois plus.

Je trouve formidable que l’on lutte contre le FN et la droite du FN –les groupuscules identitaires et nazillons sont nombreux à être bien pires que le parti de Marine Le Pen même si cela ne la dédouane en aucune manière- mais je trouve extrêmement dangereux de s’arrêter là dans la condamnation publique.

Je comprends bien que cela gêne la gauche de faire le ménage dans son aile gauche et d’avoir à condamner certains groupes, d’autant qu’il est délicat d’établir un parallèle entre extrême droite et extrême gauche : ce sont des extrêmes, oui, mais pas avec les mêmes pensées.

Politiquement, des deux côtés il y a eu des millions de morts. Mais on aime moins se rappeler ceux du communisme de l’ex-bloc soviétique, parce que le PCF était nettement plus sympa.

Sur les idées, l’extrême droite semble plus nauséabonde parce qu’elle aborde des points plus sensibles actuellement, comme la nationalité ou l’immigration. Autant je peux comprendre que ces idées révulsent –certaines d’ailleurs, sont illégales-, autant je ne peux pas comprendre que l’on s’offusque d’un extrémisme et pas de l’autre.

A mes yeux, tout totalitarisme est à rejeter, y compris lorsqu’il a l’air de vouloir le bien des gens. Par le passé, dans le monde, d’autres ont été vendus ainsi, on a vu le résultat. En outre, lorsque l’anticapitalisme mène au meurtre (Action Directe) ça n’a rien de bien sympathique.

Aujourd’hui, la course à la diabolisation à l’extrême de l’extrême droite est telle qu’hier, avant même l’arrestation du dit « tueur fou » -une fausse appellation puisqu’à cette heure il n’est pas tueur, et que sa folie n’est pas confirmée- il y avait déjà des raccourcis sur son supposé extrémisme de droite….

Pas de bol, les premiers éléments, à prendre avec prudence, tendrait à montrer qu’il serait plutôt d’extrême gauche. Avouez qu’il y a de quoi rire jaune. Ce seul élément devrait inciter chacun d’entre nous à réfléchir sur la lutte que nous devons mener, et surtout, pourquoi.

On ne va pas se leurrer, l’odieux silence sur l’extrême gauche est lié aux gémonies électorales. Politiquement il y a tentation d’aller chercher les voix des brebis égarées chez les extrêmes. Depuis 1998, la droite est obligée de faire un peu attention et d’éviter les alliances, et la gauche conspue régulièrement toute forme de rapprochement, que ce soit par des accords ou par le discours, de la droite avec sa droite.

Si l’intention est louable et d’apparence républicaine, ça m’a toujours amusé de voir de quelle manière la gauche est prompte à donner des leçons de propreté quand elle-même ne balaie pas devant sa porte, à des fins bassement électoralistes.

Cette gauche qui défile avec le NPA ou LO. Qui veut faire passer une amnistie pour les syndicalistes casseurs, qu’elle ne condamne d’ailleurs pas. Qui évoque un « tueur fou déséquilibré» plutôt qu’un extrémiste de gauche lorsqu’elle n’hésitait pas à pointer du doigt les accointances extrémistes de droite de Maxime Brunerie. Ou encore, cette gauche qui évoque le passé très à droite de certains hommes politiques sans jamais critiquer celui très à gauche de certains des siens. C’est assez risible et avouons-le, franchement pathétique.

Je vous entends déjà me dire : « mais tu ne peux pas comparer ». Si, justement, je peux comparer deux extrêmes, le tout est d’avoir l’intelligence de limiter la comparaison aux actes dans leur rapport à la loi et non sur le fond des idéologies, sur lesquelles je n’ai pas envie de débattre.

Pour ma part, je ne me pose aucune question : je condamne sans réserve toute forme d’extrémisme, de droite comme de gauche. D’ailleurs en 2004, lorsque les Jeunes Populaires avaient encore un cerveau, ils avaient rédigé le tract dont un cliché illustre cet article. Evidemment cela avait provoqué un tollé chez les bien-pensants. Mais presque 10 ans après, je le valide toujours sans aucune réserve…

Et vous ?