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bypassQuelques jours avant mon rendez-vous, le secrétariat du médecin m’a appelée pour le confirmer. La veille, il a été décalé d’une demi-heure.

Et le jour même, il a encore été décalé deux fois. Car le Professeur Chevallier est très occupé. Et ce jour-là, il était au bloc. Qu’y-a-t-il de plus important ? Une consultation privée qui rapporte, ou sauver une vie ?

Si en général j’aime que les médecins soient à l’heure, là, ça ne m’a posé aucun souci d’attendre. Ca me rassure de savoir qu’en cas de problème, le chirurgien me fera repasser au bloc plutôt que de remplir son compte en banque !

D’ailleurs dans la salle d’attente, un seul patient est parti. Les autres étaient tous charmants et prêts à attendre des heures.

Durant cette attente, j’avais pour mission de lire un document de plusieurs pages expliquant le protocole, très strict, ainsi que les différentes opérations.

Avec seulement 45 minutes de retard sur le dernier horaire qui m’avait été indiqué, j’ai été reçue. Souvent, les professeurs de médecine sont très imbus de leur personne. Et bien pas le professeur Chevallier ! Non seulement il s’est excusé de son retard, mais s’est montré très abordable, très professionnel.

D’emblée, il m’a demandé ma taille, et m’a pesée. C’est ce qui permet de déterminer l’IMC (indice de masse corporelle). Sont éligibles à l’opération les patients dotés d’un IMC supérieur à 40, ce qui est mon cas. En deux minutes, j’ai donc su que La Grande Aventure allait se poursuivre.

S’en est suivi une discussion précise sur le protocole et les différents types d’opération. En gros, l’anneau ajustable est une technique réversible car on peut l’enlever, alors que les autres opérations constituent des dérivations de tuyauterie qui sont, elles, irréversibles. Si ces opérations sont courantes, elles ne sont pourtant pas anodines, et exigent un suivi médical précis.

La perte de poids est plus rapide et plus grande avec le fiche_technique_bypass_080909, et nécessite moins d’efforts alimentaires. La pose de l’anneau, en revanche, doit s’accompagner d’un rééquilibrage alimentaire. Mais il ne faut pas croire que le bypass permet de faire n’importe quoi : les excès de graisse ou de sucres produisent des effets désagréables… ce qui oblige de fait le patient à modérer sa consommation.

Enfin toutes les opérations exigent une restriction des boissons gazeuses, car elles risquent de détendre la poche qui a été créée, et donc, de supprimer l’effet de l’opération. A consommer avec très grande parcimonie, donc. Stop le coca !

A l’issue de ce premier rendez-vous, le chirurgien m’annonce que je dispose d’un minimum d’un mois de réflexion avant de m’engager dans le processus. Afin de pouvoir me décider en connaissance de cause, il m’est conseillé d’échanger avec des patients ayant subi l’opération, afin de leur poser les questions de mon choix, et de recueillir leur témoignage. Bon, j’ai déjà validé cette étape.

Lors de l’entretien, nous avons rapidement évoqué mon bilan sanguin. Le secrétariat m’avait dit de venir avec si j’avais des analyses récentes. Je n’en avais pas… mais je les ai faites faire, soucieuse de montrer ma grande motivation. Le chirurgien a bien aimé l’idée.

Bonne nouvelle, ma glycémie est dans les normes, je n’ai pas de diabète. Par contre, j’explose les scores en ce qui concerne le cholestérol, et les triglycérides. Je me demande bien d’où viennent tous ces lipides… Quoi qu’il arrive, ce bilan indique qu’il est nécessaire de réaliser rapidement une prise en charge. L’opération étant une des prises en charges possibles, c’est parfait. A priori, aucun élément ne semble constituer de facteur excluant.

Le chirurgien m’a ensuite donné toute une liste d’examens à réaliser. Je dois également faire un bilan sanguin (l’ayant réalisé la semaine auparavant, le chirurgien m’en dispense), un bilan cardiaque en vue d’une opération accompagné d’un électrocardiogramme, et rencontrer la diététicienne et la psychologue. L’une comme l’autre établiront un rapport à destination du chirurgien, pour valider ou refuser l’opération.

Chaque étape est éliminatoire. Pour cette équipe médicale, il n’est en effet pas question d’opérer des gens qui n’adhèreraient pas au protocole de surveillance post-op, ou qui ne le pourraient pas. Une fois ces étapes passées, je reverrai le chirurgien, à l’issue de la période de réflexion d’un mois.

Si je décide de poursuivre l’aventure, et que mon projet est validé par tout le monde, alors d’autres examens, plus invasifs, suivront. Ce deuxième rendez-vous est d’ores et déjà programmé pour le 20 mai.