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TwitterLe jour où j’en ai eu marre de Twitter est arrivé. Plusieurs fois. A vrai dire, c’était récurrent depuis de nombreux mois.

Mais je m’accrochais. J’estimais que je n’avais pas à partir, puisque j’étais bien là.

Et puis un jour, j’ai cessé de me sentir bien. C’est arrivé vite, sans crier gare. C’était samedi. Et d’un coup, je n’ai plus eu envie d’être au milieu de ces gens-là. Ou du moins, d’une certaine partie d’entre eux.

Comme souvent, je commentais le foot. La finale de la coupe de la Ligue, OL-PSG. Bien que pro-PSG, je n’en avais pas grand-chose à faire. Pour moi, la Coupe de la Ligue est la compétition de trop, ce quatrième tableau qui use les joueurs juste pour ramener un peu de fric dans les caisses de la LFP. Une coupe en bois qui m’indiffère… Mais puisque j’étais là, autant la commenter.

En fin de match, les lyonnais, perdants, ont commencé à me chercher. Oui, j’avais osé dire que Rémi Garde ne faisait que chialer sur l’arbitrage tout comme Jean-Michel Aulas, et que c’était usant. Car si dans le match, un pénalty inexistant avait été sifflé pour le PSG, il n’en reste pas moins que pour son pied haut, leur gardien n’avait pris qu’un jaune, là où il méritait un carton rouge. Lyon aurait donc du finir la partie à 10.

Mais voilà, pour une partie des Twittos, il est inconcevable d’afficher une opinion qui ne soit pas la leur : ça équivaut à une déclaration de guerre. La preuve par l’exemple, avec le dialogue surréaliste que j’ai eu à subir ce soir-là.

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A ce stade, je l’ai, comme je lui ai signifié, bloqué. Croyez-vous que cela ait suffi à stopper le troll ? Bien sûr que non. Profitant d’un échange un peu hors normes avec une de mes amis, il en a profité pour tenter de revenir me troller.

Comprenant (enfin) que je l’avais bloqué -alors que je le lui avais clairement signifié-, il est allé vers mon amie, pour tenter de la rallier à sa cause. Quelle classe !

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Vous aurez pu noter le vocabulaire employé à mon attention. Donc parce que j’aime le PSG, je suce les Qataris. Intéressant raccourci, qui ne correspond nullement à la réalité puisque je soutiens le PSG depuis 1982. Mais passons. Ce type prétend que je ne suis pas ouverte au dialogue, alors que j’ai tout de même consacré un sacré paquet de tweets à lui répondre sur le fond.

Et qui dit qu’il est lyonnais et ne respecte personne ? Oui, je sais, j’ai ri aussi. Et qui est intégriste ? Je sais, moi aussi je ris. Je vous passe les détails sur le fait qu’il parait que je regarde le foot par écran interposé, moi l’abonnée du PSG. Sait-il seulement qu’il dit cela à l’amie avec laquelle je vais voir des matchs de l’Italie en Italie ? LOL.

Voilà à quel point les gens peuvent être agressifs sur Twitter, imaginer que c’est un lieu qui permet de se défouler sur les autres, avant d’aller ensuite reprocher leur propre comportement à ceux qu’ils ont agressé.

Samedi soir, j’en ai eu marre. Marre que ces comportements soit quasi-quotidiens. Marre de perdre mon temps à discuter avec des gens qui n’ont pas envie de discuter, et qui ne cherchent qu’à imposer leur point de vue. Marre de cette déferlante de pensée unique, comme si finalement, seuls ceux qui ont les mêmes idées pouvaient s’apprécier. Quelle vision réductrice de la vie ! Et surtout, quel totalitarisme…

Ces comportements ont atteint leur apogée pendant le Mariage pour Tous. Sur Twitter, ceux qui étaient contre étaient traités de fachos. J’ai été violemment agressée par un type qui prétendait qu’en étant réservée sur la PMA et contre la GPA, je lui retirais des droits. Non, personne n’a de droits en la matière, pas même moi, femme hétéro en état de procréer. Aujourd’hui, ces comportements se sont répandus partout sur Twitter. Y-compris sur des sujets aussi anodins que le football… Pour moi, l’outil est vicié : le véritable Twitter est déjà mort.

Quand j’ai rejoint Twitter en 2009, l’esprit n’était pas le même. Nous étions bien moins nombreux, et bien plus ouverts aux autres. Souvent très solidaires, même. A RT des messages pour filer un coup de main, à chercher des nouvelles de tel ou tel Twitto pendant la tempête Xenthia, à organiser des apéros pour nous rencontrer…

Et puis Twitter est devenu un outil de masse. Les sales gosses de tous âges y ont importé leurs codes et leur incompréhension du système. Cachés derrière un écran, ils se sont crus dotés de superpouvoirs leur permettant d’envoyer chier la planète entière. Ils ont inventé la vie selon le bashing, les agressions permanentes. Juste pour se sentir exister. Sans avoir plus d’ambition que d’être de vulgaires trolls

J’ai inventé des choses sur Twitter, comme le LT des QAG, qui a donné naissance au Club Bourbon. J’ai été l’une des chefs de file du foot commenté par les filles, avec de nombreuses comparses. J’ai utilisé le réseau à des fins militantes, allant même jusqu’à réaliser des Twitcams aux débuts de cet outil, devenu ringard depuis. J’ai même fait un TwitCV. Bref, je me suis bien amusée sur Twitter et il semble que mes 2500 followers ont jusque-là apprécié les tweets que je pouvais leur proposer.

Mais j’ai aussi ma dignité. Et si j’aime échanger avec les gens, je suis obligée de reconnaître qu’aujourd’hui, trop d’échanges finissent en agression, et je n’ai pas d’énergie à consacrer à cela. C’est naturellement injuste pour mes adorables followers, qui font les frais des trolls.

Mais je ne vois pas l’intérêt de passer la majeure partie de mon temps à lutter contre ces mômes. Non, je n’ai pas envie d’être de la chair à personnes en plein délire, shootées à l’anonymat, et laissant exploser leur fake surpuissance derrière leur écran. C’est pathétique et malsain.

A tous ceux qui m’ont suivi, sachez que j’ai toujours été moi-même sur Twitter. Un peu plus prolixe que dans la vraie vie, où je parle peu. Mais sinon, je n’ai jamais joué aucun personnage et si vous m’aviez eu en face de vous IRL, vous m’auriez reconnue. Contrairement à beaucoup, je n’ai jamais joué de rôle. Et c’est une fierté.

Si la tempête se calme, ou si les indésirables se lassent de l’outil, alors peut être que je reprendrai la parole. En attendant, mon compte reste ouvert, et je continue de vous lire avec attention. Bonne route à tous !