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Betadine5h30. L’infirmière me réveille, pour que j’ai bien le temps de me préparer avant qu’on ne vienne me chercher pour le bloc, à 8h. Je passe un temps fou à m’astiquer dans tous les sens avec cette so sexy bétadine, puis j’enfile la non moins sexy tenue de bloc : une horreur. Et j’attends. Longtemps. J’en profite pour faire les dernières photos d’avant l’opération. Pour la postérité.

On vient me chercher un peu avant 8h30 pour me descendre au bloc. Thomas, infirmier anesthésiste, me parle. Beaucoup. Un peu trop tout le temps. Heureusement qu’il est mignon, parce qu’il est un peu fatiguant avec ses explications techniques dont je me fous royalement. On m’installe sur la table. Table étant un bien grand mot : c’est un espace rikiki ultra désagréable. Et là Thomas montre toute l’étendue de son humour, en inclinant la table. Je manque de me prendre la gamelle de ma vie. Tout ça à poil, bien sûr. Enfin, sous leur espèce de chemise de bloc qui ne cache absolument rien. BREF.

Le chirurgien arrive, me parlote, a l’air un peu énervée que je sois arrivée si tard. De toute façon, on attend le médecin anesthésiste. Longtemps. Du coup, Thomas me tient bien fort le masque qui m’envoie de l’oxygène bien dégueulasse dans la tronche. Dès fois que je voudrais m’échapper. Puis il se décide à me faire une perfusion sur la main. Et me balance : « Ca y est, on va te passer le premier produit. Bon, tu vas peut-être sentir, là on passe le deuxième ». Putain, on dirait le protocole des condamnés à mort ! Va falloir revoir votre show, les mecs. Je décide de penser à Pirlo. Rideau.

Je me réveille vers 12h ou 12h30, dans la salle de réveil, au milieu de tas de gens qui geignent plus ou moins, et de personnel soignant qui les rabroue. Ambiance. J’essaie de fermer ma gueule, mais c’est compliqué : ces gens nous remuent quand même beaucoup pour des opérés, et mon dos en prend plein la tronche. Je souffre un max. Mais tout le monde s’en tape. Wokay.

On me ramène enfin chez moi, dans ma chambre. Et quasi directement on me lève, car j’ai envie de pisser. Faute de sonde urinaire, c’est bassin ou toilettes : je n’hésite pas un seul instant. Puis je me couche. Je passe le reste de cette première journée à tenter de me reposer, ce qui est impossible tant le ballet des infirmières ne cesse de me perturber. En fin d’après-midi, le chirurgien passe me voir : l’opération s’est très bien passée.