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conseillere_pole_emploiAujourd’hui, j’avais mon premier entretien avec ma conseillère Pôle Emploi.

Ce rendez-vous a été on ne peut plus surprenant… voire carrément surréaliste. Pour un retour chez Popole, j’ai été servie !

D’emblée, la journée s’annonçait mauvaise : titulaire contrat de sécurisation professionnelle (CSP), je pâtis des choix politiques locaux. L’agence chargée de ce suivi très particulier se trouve dans la ville d’un ténor politique qui a voulu montrer qui était Raoul, mais qui est maire d’une ville plus proche de Bab el Oued que de mon domicile. De chez moi, il me faut prendre trois bus différents pour parvenir à l’agence, le tout en 1h30 chrono. Trois heures aller/retour pour un simple rendez-vous à Pôle Emploi, c’est franchement inadmissible.

Entre mon dos et mon coccyx fracturé, on peut dire que je vis assez mal cette accumulation de transports, et c’est en kit que j’arrive enfin à l’agence, après m’être paumée dans la ville. J’ai mal et je ne parviens pas à le cacher. J’enrage, aussi : je consacre beaucoup d’énergie à me soigner et ce type de périple tue l’effet de ma rééducation.

Heureusement pour moi, la conseillère, débordée, n’entend pas s’occuper de mon suivi. Avant même que j’ouvre la bouche, elle a déjà prévu de me refiler à un prestataire, qui assurera mon suivi pour le compte de Pôle Emploi, bien plus près de chez moi. Je ne vais pas me plaindre, c’est exactement ce que j’étais venue chercher. J’aurais juste préféré qu’elle me demande mon avis. Par courtoisie. M’enfin.

Conseillère grogne, bougonne, semble fâchée. Il se passe bien 5 minutes avant que je ne comprenne qu’il aurait fallu que je sois présente ce matin à une réunion dont j’ignorais l’existence et à laquelle je n’étais pas convoquée. Elle insiste sur le fait qu’on a dû m’appeler pour me proposer une date. En passant sur ma fiche, le numéro de portable n’est pas le bon. Forcément, la personne qui a saisi le dossier a saisi deux fois le 6 de 06… La situation s’explique donc par cette simple erreur de frappe.

Je propose qu’elle m’inscrive à la réunion QUI EST OBLIGATOIRE, VOUS COMPRENEZ et qu’on n’en parle plus. Mais Conseillère s’emballe. S’ensuit une longue litanie sur… ses collègues de Pôle Emploi. Dont je dois comprendre qu’ils sont incompétents. C’est vrai pour une partie d’entre eux, mais pas tous. Et les tailler devant moi, est-ce un gage de compétence professionnelle ?

J’hallucine mais le meilleur reste à venir. Après m’avoir posé quelques questions dans un ordre franchement décousu et rapidement mis à jour ma fiche, il nous reste 20 bonnes minutes dont elle ne sait que faire. Conseillère sait qu’elle ne me suivra pas et n’envisage donc pas de s’attarder sur mon cas. Elle passe rapidement en revue mon CV. J’apprends que je dois virer ma photo. Vu le ton, je marque ma désapprobation et je fais bien car je vais enfin comprendre le pourquoi de son comportement surprenant : Madame est coach. ELLE SAIT.

Elle approuve que j’ai indiqué disposé d’un blog personnel mais ne comprends pas que je ne lui communique pas l’adresse. P-E-R-S-O-N-N-E-L, ça veut bien dire que ça n’est pas pour que le monde professionnel fourre son nez dedans ? Elle m’indique ensuite que c’est super que j’indique être championne de tir, parce que sa fille est championne d’escrime.

Je pense d’abord à un Kamoulox, mais je fais fausse route. Conseillère va vraiment me raconter sa vie. Sans avoir lu la suite de mon CV, elle se met sur sa page Linkedin et me raconte sa vie. J’ouvre de grands yeux. Je me pince. Non, je ne suis pas en train de rêver : elle me raconte toute sa carrière puis enchaîne sur les études de sa fille – un petit génie, évidemment – sans oublier de me placer qu’elle souhaite évidemment quitter Pôle Emploi et devenir coach à plein temps.

Je m’en tape royalement, je suis même choquée de sa manière de tenter de me vendre son second job de coach. Mais je ne peux rien dire. Même si je ne reverrai plus Conseillère, elle reste ma référente Pôle Emploi. Notamment administrativement. C’est elle qui peut valider ou bloquer une demande de formation, ou me faire radier de Popole et donc, me sucrer mes allocations. Conseillère a le droit de vie et de mort administrativo-financière sur moi donc autant vous dire que je m’écrase. Je subis en silence en hochant la tête, puis d’un coup, je sors « Tromblon ! ». Elle écarquille les yeux, je souris : j’ai rempli le défi fixé par @Fiatcosy, qui consistait à insérer le mot « tromblon » dans la conversation.

Cette heure de calvaire s’achève enfin.  En partant, et comme je suis à moitié handicapée, Conseillère coche une nouvelle case du Bingo et me conseille de commander un taxi. SERIOUSLY ? Mais sait-elle combien coûte un taxi Banlieue/Banlieue pour un transport de minimum 1/2h sans compter l’approche du véhicule ??? Manifestement, Conseillère n’est pas très au fait des finances des chômeurs… Une honte, tout simplement.