Bloop bleep de fin pour 24

Flashback en 2002. L’été est là, quand on me parle d’une série très innovante, basée sur un concept simple mais efficace : chaque épisode, censé durer une heure, se déroule en temps réel. C’est 24.

« Jaaack I’m watching you » Ira Gaines (Day 1)

Suivant le buzz j’achète la première saison en import… Je suis soufflée. Jack Bauer, Nina Myers, des rebondissements en veux-tu en voilà, pas toujours crédibles, certes, mais toujours très efficaces. En résumé, 24 épisodes scotchée devant l’écran. Avec une seule envie : la livraison de la saison suivante.

D’année en année, le mois d’octobre était signe de « marathons 24 », riches en moments de suspense, de colère, d’émotions… Le tout sur fond de terrorisme avec des scénarios toujours efficaces, et une mise en scène dynamique, basée sur les fameux split screens.

Mais cette fois, c’est fini. En fin de contrat, avec des audiences qui s’épuisent, et une saison qui peine à convaincre -dix épisodes pour démarrer c’est un peu long, et l’intrigue secondaire du Day 8 est insupportable-, la série ne devrait pas être renouvelée par la Fox, si l’on en croit Variety.

A l’issue de la diffusion du séries finale du « Day 8 », le 24 mai prochain aux Etats Unis, je ne reverrai plus Jack Bauer sur mon petit écran.

DAMNIT !!!

Mon top 10 des meilleurs moments de 24

  • Mort de Ryan Chapelle (Day 3)
  • Mort de Nina Myers (Day 3)
  • Charles Logan arrêté pendant l’hommage à Palmer (Day 5)
  • Interrogatoire de Charles Logan par Jack Bauer (Day 5)
  • Jack : « Say Hello to your brother » (Day 6)
  • Jack : « it has been an honour Mr President » (Day 4)
  • Jack Bauer détourne un avion… et le pose sur une autoroute (Day 5)
  • Jack s’infiltre… une tête à la main (Day 2)
  • Chloe et ses ordis au service de Jack (Day 3 to 8)
  • Pres. Taylor: « How am I supposed to know where your loyalties really lie? » Jack: « With all due respect Madam President, ask around. » (Day 7)

The following takes place at NYC

Après 8 mois de longue attente pour les aficionados de la célèbre série en temps réel, la Fox a tapé très fort cette semaine, en programmant deux soirées consécutives, dimanche et lundi dernier, au cours desquelles deux épisodes ont été diffusés.

ATTENTION SPOILERS : Si vous n’avez pas vu la saison 7, votre voyage s’arrête là.

Et il fallait bien cela. Après une saison 7 intense, mais qui avait laissé Jack Bauer dans le coma, en attente d’un traitement décidé par sa fille Kim -qui pour une fois sert à autre chose qu’à lui créer des ennuis-, et une incertitude sur le chemin qu’allait prendre Renee Walker, il fallait prendre le temps de poser les choses.

ATTENTION SPOILERS : si vous n’avez pas vu les quatre premiers épisodes de la saison 8, votre voyage s’arrête là

Du temps, pour expliquer le cheminement de Jack. La saison 7 avait démarré avec un Jack en proie à un procès pour ses méthodes parfois expéditives, et s’était terminée sur un héros qui payait une fois de plus très cher les risques du métier, et se retrouvait aux portes de la mort après avoir été exposé à une arme bactériologique. Comment alors avoir l’envie de poursuivre son métier ?

Du temps aussi, pour exposer la nouvelle menace et le nouveau cadre, New-York. Cette fois, c’est un dignitaire étranger qui est visé, en la personne du président Omar Hassan, président de la République Islamique, qui souhaite négocier un accord de désarmement nucléaire avec la présidente Allison Taylor, présidente des Etats Unis, et notamment se débarrasser d’une ribambelle de centrifugeuses qui permettraient à son pays de disposer de la bombe nucléaire. Il va de soi que ça n’est pas du goût de tout le monde… et notamment pas des marchands d’armes qui se verraient bien refourguer à son pays un peu d’uranium.

Du temps enfin pour positionner les autres personnages clés de la saison, à commencer par Chloe O’Brian, l’indispensable geekette qui occupe cette saison un poste nettement sous dimensionnée, qu’elle a du accepter lorsque son mari Morris a perdu son job. Mal à l’aise et probablement désintéressée par les missions trop simples qui lui sont confiées, elle peine à trouver sa place dans une CTU devenue trop politique.

Du temps, naturellement, pour présenter les nouveaux personnages. Que ce soit Dana Walsh, dont on apprend très vite qu’elle cache un lourd secret sous cette fausse identité -ce qui l’expose au chantage-, Hastings, le nouveau patron de la CTU, qui ne veut prendre aucun risque susceptible de briser sa carrière, Arlo, le geek-tellement-geek, l’agent Ortiz, homme de terrain courageux qui rappelle le Jack des premières saisons, ou encore le nouveau chef de cabinet de la présidente Taylor, jeune loup aux dents longues qui commettra fatalement son lot d’erreurs. En attendant le retour de Charles Logan, ancien président destitué pour avoir commandité l’assassinat de David Palmer, qui reviendra probablement via la mafia russe qui cherche à vendre l’uranium à la « république islamique ». Toute ressemblance avec la réalité serait, comme toujours, purement fortuite.

Du temps enfin pour relier Renee Walker, la Jack Bauer en jupons, à cette nouvelle saison. A la fin de la saison 7, Renee a le choix pour interroger Alan Smith : suivre le manuel du FBI, ou appliquer la méthode Jack Bauer, que lui même lui déconseille, tant elle est complexe ensuite à assumer. Mais qui face à ce type de personnage reste la seule chance d’obtenir des réponses. La saison 8 nous apprend qu’elle a choisi l’option off the book, puisqu’elle l’a laissé en mauvais état. Sa manière d’intégrer une couverture, à la fin du quatrième épisode, le confirme, et résonne comme un écho au début de la saison 2 : Renee Walker est positionnée comme une relève éventuelle à Jack Bauer. Espérons pour lui qu’on ne lui mettra pas en main un marché tel que celui qui mena à l’exécution de Ryan Chapelle…

Les dés sont jetés, la saison lancée. Il n’y a plus qu’à suivre les épisodes. Selon le schéma de 24, le commanditaire de la tentative d’assassinat contre le président Hassan sera neutralisé avant la douzième heure, et la seconde menace, évidemment bien plus importante, tiendra les téléspectateurs en haleine jusqu’à l’épisode final, sans que jamais la pression redescende.

Question qualité, le début de la saison comme les échos relatifs à la suite confirment que la saison 8 sera un excellent crû. Dans un entretien avec la presse, Cherry Jones (président Taylor) indiquait que les épisodes 15, 16 et 17 étaient les meilleurs que la série aient jamais connu. Deux jours avant sur Twitter, Marci Michelle, répétitrice des dialogues auprès des comédiens, indiquaient qu’après les incroyables épisodes 15, 16, et 17, les épisodes 18 à 20, dont elle venait d’avoir le scénario, les surpassaient.

La saison 8 étant la dernière contractualisée, il vaudrait mieux en effet que la saison soit à la hauteur… même si les aficionados appellent déjà à une 9ème saison. Wait & see…

Hadopi : un #FAIL parmi d’autres…

Le projet de loi Hadopi est passé à l’Assemblée, au Sénat, et revient maintenant à l’Assemblée pour être votée dans les mêmes termes… sinon via une commission mixte paritaire qui, sans nul doute, l’adoptera.

Ce qui a retenu mon attention, dans ce qu’en a dit la presse -j’attends l’avis du Conseil Constitutionnel pour me pencher sur le texte qui sera soumis à promulgation-, c’est un point totalement dingue : lorsque vous vous ferez prendre à télécharger… Vous ne saurez pas pourquoi. Vous aurez le jour et l’heure de la connexion, mais pas le contenu, gardé « top secret ». Des fois qu’on se rendrait compte que personne ne télécharge les films français. Mais alors, il n’y aura pas de victime dans ce « procès » ?

Comment vérifier si vous avez bafoué le droit d’auteur ? Comment vérifier que le plaignant est bien victime du téléchargement ?

Récemment, j’ai mis à disposition via un FTP de très nombreuses photos. Mon contact a téléchargé ces mêmes photos. La mise à disposition comme le téléchargement ont été enregistrés sur mon IP. Et pourtant… il s’agissait de photos… d’enfance. Dont les auteurs sont mes parents. Et absolument pas plaignants, et non de Robert Cartier-Bresson.. Hadopi, fail…

D’une oeuvre française ?

Un amendement prévoyait en effet de limiter les actions aux ayant-droits français. Sur cette base, en téléchargeant une série télévisée de la Fox, je ne nuisais à personne : l’auteur -au sens français, c’est à dire selon la définition donnée par le Code de la propriété intellectuelle, ne pouvait donc ester en justice à mon encontre. Aussi, quels seront les petits arrangements accordés aux majors pour pouvoir nous attaquer quand même ? Et que se passera-t-il lorsqu’un petit malin comme moi rappellera que l’entreprise X, filiale de Y, elle même maison mère de Z, ne peut absolument pas porter plainte contre moi ? Hmmmm… on va se marrer !

Comment se défendre si l’on n’a pas accès au dossier ?

L’un des principes du droit est d’avoir droit à la communication des pièces de votre dossier, via un avocat. Comment se peut-il que la loi le refuse ? Même pour les radars automatiques, il faut la photo ! Ne pas indiquer quel est le produit téléchargé sous entend qu’on a pu télécharger une vidéo perso dont un ami est auteur. A ce titre, en militantisme politique, j’ai mis à disposition et téléchargé de nombreux contenus, dont certains faisaient la taille d’épisodes de séries TV… Alors, quelle preuve d’une infraction à Hadopi ? Aucune !

Hadopi : FAIL

Si Hadopi nous promet les premiers mails d’avertissement dès janvier, je promets une belle riposte via les avocats spécialisés… M’est avis qu’il va y avoir de nombreux tomes de jurisprudence !!!

Je rappelle, pour les fanatiques des droits d’auteurs, que je ne suis « pirate » que par défaut, et responsable : je ne télécharge que des séries télévisées, qui sont disponibles en replay aux Etats-Unis, et des films qui ont largement achevé leur cycle de vie, puisqu’ils sont tous antérieurs à 1995. Aussi, question « vol », on repassera…

J’appelle de tous mes voeux la mise en place d’une licence globale qui, à mon sens, ne nuirait pas plus au cinéma que les cartes illimitées, dont elles ne seraient qu’une version numérique. En terme de séries, je serais la première à sauter sur une licence globale sur une plateforme inter-studios, qui me permettrait de voir MES séries en VO, sans subir la censure du doublage que nous impose trop souvent la télévision française, TF1 en tête. J’aurais même alors légalement accès à des séries que nous ne verrons jamais en France.

Voilà ce que la vilaine pirate demande : POUVOIR payer. Car aujourd’hui, même en étant volontaire, ce marché n’existe pas. Alors les majors, on s’y met sérieusement à la VOD ? Face au téléchargement, la répression n’est pas la solution : il faut inventer un nouveau modèle économique, et ça n’a rien de compliqué. Il faut juste un peu de volonté… Aux States, ça bouge en ce sens -la Fox, par exemple, travaille sur des solutions VOD, qui vont finir par arriver à l’international-, mais chez nous, on marche sur la tête. Tout ça pour remplir les poches de la Fnac, ce qui me fait gerber.

Sur ce j’vous laisse, vu que la menace se rapproche, il faut que j’étudie les nouvelles technologies anti-Hadopi.

What else ?

Toute la journée, j’ai regardé l’Equipe TV. A tel point que j’ai une overdose de sport. Logique. Par contre, moins logique, je n’ai pas du tout d’overdose de la pub Nespresso qui passe en boucle sur cette chaîne. Car j’aime Georges Clooney.

Il y a 7 ans, en 2000, il était à Cannes pour présenter O Brother des frères Coen. Ce qui m’avait valu une rencontre mythique avec le beau Geooooorges lors de la soirée donnée en l’honneur du film.

Bah oui, je devais l’interviewer, l’attachée de presse m’a fait passer après tout le monde, résultat : le beau Georges s’est déclaré trop alcoolisé pour poursuivre les entretiens…

Là, direct, j’ai pété un câble. Logique, n’importe quelle nana normalement constituée n’accepterait pas de voir le beau Clooney lui filer ainsi entre les doigts. Très logiquement, j’ai copieusement insulté l’attachée de presse. Fort. Très fort. Suffisamment fort pour que le beau Georges se rende compte de l’incident.

Là, je suis allée noyer mon énervement au bar. A l’open bar, car à Cannes, dans les fêtes, on ne paye rien, les distributeurs rasent gratis. Je sors mes dents au barman pour commander, et là, le beau Georges surgit, s’approche de moi, ouvre la bouche… C’est à moi qu’il parle !!!

– Georges : What do you drink ?
– Moi (complètement héberluée) : Gin fizz
– Georges (au barman) : Gin Fizz for the lovely girl
– Moi : …. Euh… thank you so much !
– Moi (je me reprends) : And you, what do you drink ?
– Georges : Vodka
– Moi (grand seigneur, au barman) : Vodka on the rocks, for mister Clooney
– Georges : Thanks a lot for this and now I would like you to know that…

S’en est suivi une petite discussion so cute au cours de laquelle Georges m’a expliqué pourquoi il arrêtait les interviews, qu’il était désolé, tout ça, tout ça… La classe totale. Le truc qui n’arrive qu’à Cannes. Le charme absolu. Georges Clooney 5 minutes pour moi toute seule…

What else ?

Panic Room*

Meg Altman vient de se séparer de son mari. Ce pont de l’industrie pharmaceutique lui offre une maison en plein centre de Manhattan, pour que le couple reste proche géographiquement, dans l’intérêt de Sarah, leur fille. Une fois leur choix fixé, sur une immense maison de quatre étages, doté d’une chambre de sécurité, Meg et Sarah commencent leur nouvelle vie.

Mais dès la première nuit, trois cambrioleurs s’introduisent dans la maison. Leur objectif : s’emparer d’un magot laissé par le précédent propriétaire, décédé. Les deux femmes n’ont que le temps de se réfugier dans la chambre forte, sans savoir que c’est précisément à cet endroit que se situe ce que les hommes cherchent. Assiégées dans cet espace, elles vont devoir se livrer à un face-à face aussi long qu’éprouvant.

Haute tension

Si l’on pouvait douter de parvenir à tenir sur un tel scénario pendant près de deux heures, David Fincher (Fight Club, Seven, The Game) a encore réussi un coup d’éclat. D’une part, parce que le scénario de David Koepp recèle de rebondissements plus ou moins forts, et toujours savamment dosé.

Vous ne verrez pas ici des tonnes d’explosions, l’intervention de l’armée, ou autre excès typiquement hollywoodien. Mais en jouant sur les mêmes effets, à savoir maintenir un certain équilibre entre les moments de tension et les instants de répit, moments de panique et instants de désespoir, Panic Room suit un rythme suffisamment soutenu pour que l’attention du spectateur ne retombe jamais.

Jodie Foster, mère célibataire d’une ado pas toujours facile, se trouve à la croisée des chemins. Elle doit reconstruire sa vie sans mari, tout un apportant un certain équilibre à une ado qui vit mal la situation. Dans l’épreuve, elle se révèle convaincante dans l’alternance entre la combativité et les moments de doute. Dans le camp d’en face, il convient de saluer Forest Whitaker.

Sous un aspect proche de son rôle de Ghost Dog(même look, même attitude détachée), il incarne un chef d’entreprise devenu voleur pour nourrir ses enfants. Intelligent et disposant des informations essentielles à la conduite des opérations, c’est de lui que dépend la réussite  de ce coup insensé. Affublé d’un cerveau sans cervelle (Jared Leto) et d’un troisième homme ultra violent, il est le seul à savoir que la partie ne sera pas si facile.

Parallèlement, le scénario est admirablement servi par une technique et des choix de réalisation extrêmement intelligents. Cloîtré dans une maison dont chaque recoin est vite visité, David Fincher n’a d’autre choix pour apporter une certaine diversité que de le filmer sous tous les angles, avec un maximum d’innovations. Caméras au sols, comédiens filmés en pied, caméra au plafond, caméra, caméra, caméra… C’est un tourbillon de plans qui s’enchaînent, le plus souvent en mouvement. Bien que clos, le lieu déborde de vie et de mouvements.

Filmé avec une musicalité étonnante, le film est une véritable symphonie sur quatre étages. Avec en toile de fond cette question angoissante : qu’est-ce que la sécurité ?

*Article écrit pour Objectif Cinéma et publié à cette adresse