Hadopi : quelles alternatives ?

Les majors ne font plus la chasse aux internautes.

Pourquoi ?

Parce que comme Microsoft l’avait bien compris, le buzz généré par les premiers utilisateurs permet de faire connaître le produit, de voir si la sauce prend sur un nouveau marché, puis d’installer la marque. Plutôt que de s’attaquer aux petites gens, les majors ont donc appliqué deux types de réponses :

  • s’en prendre à ceux qui font du business sur leurs dos, en mettant à disposition des téléchargements illégaux et payants, punissant ainsi le profit effectivement réalisé sur leur dos (et non un hypothétique manque à gagner).
  • mettre en place des plateformes de rediffusions des épisodes de série déjà diffusés, dans l’optique de limiter le téléchargement et de quantifier les visionages… ce qui constitue un second marché pour le « domestic », cette possibilité étant réservée aux territoires premiers (en général USA + Canada)

Pour les territoires « overseas », il faudra probablement « payer » l’exclusivité, ce que j’agrée tant que le tarif est raisonnable car si l’internaute paie l’exclusivité, il est aussi générateur de buzz, donc il faut un tarif correct… surtout que l’objet ne peut être conservé, contrairement aux DVD.

Ce que n’a manifestement pas compris TF1 Vision, en procédant à un honteux racket sur la diffusion en preview des épisodes tout juste diffusés outre Atlantique (pour une saison complète, compter deux fois le prix du coffret DVD, avec obligation de visionner le produit « dans les 30 jours »).

La prochaine étape sera sans nul doute la mise en place de véritables solutions VOD pour l’ensemble des territoires, ce qui devrait à terme inclure les séries sur ce marché en plein essor.

Une tentative intéressante est à signaler, celle de la plateforme mise en place aux aux Etats Unis pour la saison sportive : tous les téléspectateurs du monde pouvaient s’abonner pour la saison de tel ou tel sport, et regarder autant de fois les matches qu’ils souhaitaient parmi tous ceux existants, ou bien acheter un match unique. Et ces offres étaient adaptées à la zone géographique de l’acheteur…

C’est ce système qui est l’avenir de la diffusion sur internet et il y a fort à parier que cette offre était un test de faisabilité tant au niveau de la gestion des droits que de la demande des internautes.

Le dossier du téléchargement est loin d’être clos, comme en témoigne les offres d’emploi régulièrement postées par les majors, à la recherche de spécialistes pour développer ce nouveau marché de la VOD.

D’ailleurs, si la Fox ou toute autre major propose un poste pour les territoires francophones… j’suis candidate !

Hadopi : comment quantifier le préjudice ?

Ce qui est très intéressant, c’est que l’article 9 de la LOI n°2009-1311 du 28 octobre 2009 prévoit que la peine doit prendre en compte votre personnalité, votre activité professionnelle ou sociale et concilier dans sa durée la protection de la propriété intellectuelle et votre droit de communiquer librement, depuis votre domicile.

Attachons nous donc maintenant à trouver les quelques cas qu’il faudra impérativement soulever au nom de l’article 9, c’est à dire une juste sanction entre l’infraction commise et votre situation personnelle, étant donné que la sanction vous prive de votre connexion internet (et donc de votre droit de communiquer librement depuis chez vous) :

Domestic / Overseas

le marché français fait partie de l’overseas pour les produits US, par opposition au domestic (marché intérieur). Sur le marché « overseas », le produit est déjà rentabilisé, il ne s’agit dans l’immense majorité des cas que d’un marché de bénéfices. Le préjudice est donc nettement moindre. Que dire alors des fonds de catalogue ? Est-il plus grave de télécharger Spiderman 25 ou Le retour des tomates tueuses ? On peut s’interroger sur la grille de valeur qui sera applicable…

Télécharger réduit-il vraiment la consommation payante ?

Sur le marché cinématographique français, jsutement… Rigolons un peu. Car le préjudice est nécessairement au regard du marché français. Or curieusement, alors que l’on nous bassine depuis des lustres sur le thème « Télécharger nuit à la santé de l’industrie cinématographique française », on a pu constater que sur l’année 2009, la fréquentation des salles obscures a encore enregistré un record.

Télécharger nuit donc gravement, en augmentant la fréquentation des salles de cinéma, et en générant une folle remontée des recettes, qui aboutit, ô scandale, à l’augmentation des royalties des auteurs, mais aussi de la taxe qui permet de financer l’avance sur recettes, sans parler des droits des distributeurs et des producteurs… Vraiment télécharger, ça craint un max.

La chaîne de vie d’un produit audiovisuel

Toujours dans l’idée de quantifier le préjudice, il faudra alors bien différencier les périodes, car le préjudice n’est pas le même suivant que le téléchargement se produit à tel ou tel moment de la vie du produit.

Ainsi, l’auteur d’un film très ancien et multi-diffusé ou au contraire jamais acheté par une chaîne ne subirait pas le même préjudice qu’un film en première exclusivité. Ces recherches vont demander un sacré travail à Hadopi… M’est avis qu’ils ne vont pas chômer pour devoir évaluer tout ça !

Le placard

Comment gérer le préjudice lorsqu’une chaîne de télévision met délibérément un produit au placard, produit qu’elle a été obligé d’acheter en raison des systèmes de package (pour les films de catégories B & C) et parfois les séries dont elle a acheté l’exclusivité au moyen de contrats qui lui imposent d’acheter les saisons suivantes.

Bloquant ainsi délibérément un marché… Cas d’école : 24 heures Chrono, bloqué par TF1 sur le marché Free TV, non diffusé sur ce support depuis la fin de la saison 5. Comment quantifier un « vol » sur un marché qui n’existe même pas ? 

Pay TV & Free TV

Dans le même esprit, comment peut on OBLIGER les téléspectateurs français à s’abonner pour 12 mois à une chaîne payante (pay TV) pour voir une série diffusée pendant 3 mois (ex : 24 heures Chrono sur Canal +) sous prétexte qu’une autre chaîne, qui a acheté les droits en télévision hertzienne ou numérique (free TV ) refuse de diffuser le produit ?

En d’autres termes, peut on considérer comme nuisible une consommation qui, de toutes façons, n’aurait pas existé, et donc rapporté aucune recette ? Qui osera plaider que l’auteur (major) préfère voir sa série dans un placard que vue par des téléspectateurs, qui accessoirement peuvent lancer le buzz pour une revente, ou forcer la chaîne à diffuser ???

Et le buzz dans tout ça ?

Poussons le raisonnement plus loin : pour les séries jamais diffusées sur notre territoire, le téléchargement contribue au buzz d’une série, et donc à son lancement sur ce nouveau marché. On peut donc, dans ce cas, parler d’un effet bénéfique pour la chaîne de vie du produit, et non d’une nuisance. On gagne un téléchargement gratuit ?

EDIT : à combien sera estimé le préjudice ?

L’article 9 prévoit une sanction juste au regard de l’infraction commise. Sachant que la plupart des accès internet le sont depuis une offre « Box » contenant la télévision et le téléphone, pour un prix tournant aux alentours de 30 euros, on peut estimer qu’une coupure d’un mois vous coûte 10 euros. En réalité bien plus car si vous êtes chômeur, cela peut vous coûter de ne pas trouver de job. Mais bon, partons sur 10 euros.

Sachant que vous allez vous faire choper pour un téléchargement donné, et que le coût moyen d’achat d’un produit va de 0,99 euros pour la musique à environ 4,99 euros pour un film, on vous coupera donc la connexion pour un coût bien inférieur à ce que vaut cette connexion. Sachant que sur ce prix de vente, la totalité n’est pas reversée aux auteurs… Oui, oui, oui, je pinaille…

Hum, ça ne me paraît pas très équitable tout ça… Sans parler des multiples cas où vous n’auriez pas pu acheter. M’est avis que ça ne va pas tenir longtemps, cette histoire…

Hadopi : un #FAIL parmi d’autres…

Le projet de loi Hadopi est passé à l’Assemblée, au Sénat, et revient maintenant à l’Assemblée pour être votée dans les mêmes termes… sinon via une commission mixte paritaire qui, sans nul doute, l’adoptera.

Ce qui a retenu mon attention, dans ce qu’en a dit la presse -j’attends l’avis du Conseil Constitutionnel pour me pencher sur le texte qui sera soumis à promulgation-, c’est un point totalement dingue : lorsque vous vous ferez prendre à télécharger… Vous ne saurez pas pourquoi. Vous aurez le jour et l’heure de la connexion, mais pas le contenu, gardé « top secret ». Des fois qu’on se rendrait compte que personne ne télécharge les films français. Mais alors, il n’y aura pas de victime dans ce « procès » ?

Comment vérifier si vous avez bafoué le droit d’auteur ? Comment vérifier que le plaignant est bien victime du téléchargement ?

Récemment, j’ai mis à disposition via un FTP de très nombreuses photos. Mon contact a téléchargé ces mêmes photos. La mise à disposition comme le téléchargement ont été enregistrés sur mon IP. Et pourtant… il s’agissait de photos… d’enfance. Dont les auteurs sont mes parents. Et absolument pas plaignants, et non de Robert Cartier-Bresson.. Hadopi, fail…

D’une oeuvre française ?

Un amendement prévoyait en effet de limiter les actions aux ayant-droits français. Sur cette base, en téléchargeant une série télévisée de la Fox, je ne nuisais à personne : l’auteur -au sens français, c’est à dire selon la définition donnée par le Code de la propriété intellectuelle, ne pouvait donc ester en justice à mon encontre. Aussi, quels seront les petits arrangements accordés aux majors pour pouvoir nous attaquer quand même ? Et que se passera-t-il lorsqu’un petit malin comme moi rappellera que l’entreprise X, filiale de Y, elle même maison mère de Z, ne peut absolument pas porter plainte contre moi ? Hmmmm… on va se marrer !

Comment se défendre si l’on n’a pas accès au dossier ?

L’un des principes du droit est d’avoir droit à la communication des pièces de votre dossier, via un avocat. Comment se peut-il que la loi le refuse ? Même pour les radars automatiques, il faut la photo ! Ne pas indiquer quel est le produit téléchargé sous entend qu’on a pu télécharger une vidéo perso dont un ami est auteur. A ce titre, en militantisme politique, j’ai mis à disposition et téléchargé de nombreux contenus, dont certains faisaient la taille d’épisodes de séries TV… Alors, quelle preuve d’une infraction à Hadopi ? Aucune !

Hadopi : FAIL

Si Hadopi nous promet les premiers mails d’avertissement dès janvier, je promets une belle riposte via les avocats spécialisés… M’est avis qu’il va y avoir de nombreux tomes de jurisprudence !!!

Je rappelle, pour les fanatiques des droits d’auteurs, que je ne suis « pirate » que par défaut, et responsable : je ne télécharge que des séries télévisées, qui sont disponibles en replay aux Etats-Unis, et des films qui ont largement achevé leur cycle de vie, puisqu’ils sont tous antérieurs à 1995. Aussi, question « vol », on repassera…

J’appelle de tous mes voeux la mise en place d’une licence globale qui, à mon sens, ne nuirait pas plus au cinéma que les cartes illimitées, dont elles ne seraient qu’une version numérique. En terme de séries, je serais la première à sauter sur une licence globale sur une plateforme inter-studios, qui me permettrait de voir MES séries en VO, sans subir la censure du doublage que nous impose trop souvent la télévision française, TF1 en tête. J’aurais même alors légalement accès à des séries que nous ne verrons jamais en France.

Voilà ce que la vilaine pirate demande : POUVOIR payer. Car aujourd’hui, même en étant volontaire, ce marché n’existe pas. Alors les majors, on s’y met sérieusement à la VOD ? Face au téléchargement, la répression n’est pas la solution : il faut inventer un nouveau modèle économique, et ça n’a rien de compliqué. Il faut juste un peu de volonté… Aux States, ça bouge en ce sens -la Fox, par exemple, travaille sur des solutions VOD, qui vont finir par arriver à l’international-, mais chez nous, on marche sur la tête. Tout ça pour remplir les poches de la Fnac, ce qui me fait gerber.

Sur ce j’vous laisse, vu que la menace se rapproche, il faut que j’étudie les nouvelles technologies anti-Hadopi.

Double peine pour Cantat

Quand laissera-t-on Bertrand Cantat tranquille ?
Qui s’intéresse à sa liberté conditionnelle ?

Pourquoi parler et reparler toujours de ce drame de Vilnius ?

Rappelons que Bertrand Cantat, chanteur mythique du groupe Noir Désir, a purgé la moitié de sa peine de prison, soit 4 ans, dans les mêmes conditions que n’importe quel détenu.

Que sa liberté conditionnelle peut être demandée, en vertu du droit français, parce qu’il a purgé la moitié de sa peine, qu’il s’est bien conduit, et qu’il a dédommagé ses victimes.

A tous ceux qui hurlent avec les loups, et réclament qu’il soit traité comme tout le monde : pourquoi ne pas lui accorder la discrétion dont bénéficient les autres prisonniers ?

Pourquoi n’y a-t-il pas eu de sanction à l’égard de ceux (gardiens de prison compris) qui ont vendu des photos de sa détention ?

Pourquoi ce traitement de défaveur, alors qu’il n’a bénéficié d’aucun traitement de faveur ?

Laissez Cantat tranquille, les admirateurs de Noir Désir se fichent des pages people : ils n’ont d’oreilles que pour le son saturé de sa guitare, depuis déjà plus de 20 ans.

What else ?

Toute la journée, j’ai regardé l’Equipe TV. A tel point que j’ai une overdose de sport. Logique. Par contre, moins logique, je n’ai pas du tout d’overdose de la pub Nespresso qui passe en boucle sur cette chaîne. Car j’aime Georges Clooney.

Il y a 7 ans, en 2000, il était à Cannes pour présenter O Brother des frères Coen. Ce qui m’avait valu une rencontre mythique avec le beau Geooooorges lors de la soirée donnée en l’honneur du film.

Bah oui, je devais l’interviewer, l’attachée de presse m’a fait passer après tout le monde, résultat : le beau Georges s’est déclaré trop alcoolisé pour poursuivre les entretiens…

Là, direct, j’ai pété un câble. Logique, n’importe quelle nana normalement constituée n’accepterait pas de voir le beau Clooney lui filer ainsi entre les doigts. Très logiquement, j’ai copieusement insulté l’attachée de presse. Fort. Très fort. Suffisamment fort pour que le beau Georges se rende compte de l’incident.

Là, je suis allée noyer mon énervement au bar. A l’open bar, car à Cannes, dans les fêtes, on ne paye rien, les distributeurs rasent gratis. Je sors mes dents au barman pour commander, et là, le beau Georges surgit, s’approche de moi, ouvre la bouche… C’est à moi qu’il parle !!!

– Georges : What do you drink ?
– Moi (complètement héberluée) : Gin fizz
– Georges (au barman) : Gin Fizz for the lovely girl
– Moi : …. Euh… thank you so much !
– Moi (je me reprends) : And you, what do you drink ?
– Georges : Vodka
– Moi (grand seigneur, au barman) : Vodka on the rocks, for mister Clooney
– Georges : Thanks a lot for this and now I would like you to know that…

S’en est suivi une petite discussion so cute au cours de laquelle Georges m’a expliqué pourquoi il arrêtait les interviews, qu’il était désolé, tout ça, tout ça… La classe totale. Le truc qui n’arrive qu’à Cannes. Le charme absolu. Georges Clooney 5 minutes pour moi toute seule…

What else ?