J’suis un chômeur abandonné…

Ce jeudi soir, les candidats se sont virtuellement affrontés sur le plateau de l’émission Des Paroles et des Actes, à une dizaine de jours du second tour de la présidentielle.

L’un après l’autre, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont répondu aux questions des journalistes.

L’occasion pour eux d’évoquer enfin, mais très succinctement, la question de l’emploi… et du chômage. Et de constater que l’un comme l’autre n’envisage que des mesures « rustines » inadaptées. N’y allons pas par quatre chemin sur le constat : chômeurs, les politiques ignorent totalement ce que vous vivez, et n’ont pas l’intention de le découvrir. A force de clichés, ils  vous ont abandonnés. Décryptage.

Le mirage de la formation

Pour Nicolas Sarkozy, la solution se trouve dans la formation professionnelle. Selon lui, le vrai problème du chômage se trouve là. Les chômeurs ne disposeraient pas d’une formation suffisante pour trouver un emploi, ou alors, elle ne serait pas adaptée à la demande. Le mirage du plombier polonais. Les chômeurs seraient tous soit sortis du système scolaire trop tôt, soit des dangereux et irresponsables gauchistes dotés d’un BAC + 5 en socio, qui ne pourraient être absorbés par le monde du travail.

Donc Nicolas Sarkozy veut remettre tout le monde à l’école, sans aucune distinction. L’objectif est simple : donner une formation à tous, et obliger le chômeur à accepter une offre d’emploi correspondant à cette formation. Que vous soyez cadre ou manutentionnaire, peu importe. La philosophie ce cette proposition, c’est que tout est lié à vos (in)compétences, et vous devez passer au rattrapage.

Peu importe qu’il y a encore un mois, vous fûtes un excellent élément de votre entreprise, qui a mis la clé sous la porte. Il n’y a plus de crise qui tienne, vous êtes au chômage, vous êtes coupables. D’avoir eu des problèmes scolaires, peut être. D’avoir choisi la mauvaise orientation, c’est possible. Mais surtout, d’avoir perdu votre boulot. Chômeur, ton chômage, c’est de ta faute. Et on va te le faire payer cher.

Naturellement, certains sont concernés par les problèmes de formation. En premier lieu, ceux qui n’arrivent pas à entrer sur le marché du travail. Leur formation est-elle adaptée ? Si non, pourquoi les a-t-on orienté vers ces formations ? Personne ne se pose la question : mieux vaut les accuser de l’avoir choisie. Ca évitera de se demander pourquoi les entreprises refusent de faire confiance aux jeunes diplômés.

C’est tellement plus facile de faire croire que tous les jeunes qui ne s’insèrent pas sur le marché du travail sortent de formations inadaptées. Ce qui est naturellement faux. Combien d’entre eux s’entendent répondre qu’ils n’ont pas d’expérience ? Combien d’entre eux se voient proposer uniquement des stages ?  Combien d’entre eux vivotent de petits boulots très éloignés de leur formation –cette sacro-sainte putain de formation- juste parce qu’à la sortie on ne leur donne pas leur chance ? Cachez ce problème que l’on ne saurait voir !

Ensuite, il y a ceux qui n’ont pas de formation. Naturellement, ceux là ont besoin d’aide. Mais d’ailleurs, pourquoi n’en ont-ils pas ? J’entendais hier Nicolas Sarkozy pleurnicher sur les artisans qui cherchent des apprentis et n’en trouvent pas. Ce qui me donne l’occasion de vous donner l’exemple du petit frère d’une de mes meilleures amis. Romain a 18 ans. Il veut être plombier. Ca tombe bien, on manque de plombier. Mais voilà, Romain a 18 ans, et c’est son plus grand problème. Il voudrait bien retourner au lycée, pour décrocher une formation en alternance de plombier.

Mais pour être admis au lycée public qui assurerait cette formation, il doit trouver lui-même le patron qui le prendra en alternance. Bref, trouver le job. Sinon, pas de place au lycée. Mais personne ne veut de Romain. Parce que Romain a 18 ans, et que le patron devra le payer plus qu’un jeune de 16 ans qui ferait la même formation. Alors Romain s’est tourné vers Pôle Emploi. Réponse : attendre un an et sa demande sera étudiée, et il obtiendra peut être une formation de plombier.

Pour ceux qui ont besoin d’une formation, c’est déjà très compliqué. Mais tous les chômeurs ont-ils vraiment un problème de formation ? Et quelle est la part de crédit accordée à l’expérience professionnelle, appelée aussi « formation sur le tas » ?  Pour ma part, je suis titulaire d’un Bac + 3 en organisation de spectacle. Un métier que je n’ai jamais exercé. Et pour cause, c’est un secteur bouché. Je n’ai pas attendu de pointer des lustres au chômage pour remettre en cause ma formation. J’ai travaillé. Je me suis formée à partir de compétences comme l’écriture ou la communication, et j’ai appris non pas un, mais plusieurs métiers. J’ai de multiples compétences qui m’offrent l’accès à pas moins de trois jobs différents. Et ce serait un problème ?

D’ailleurs, 15 ans après l’obtention de mon dernier diplôme, il me semble que l’expérience professionnelle suffit à mes candidatures. Très honnêtement, j’ai entendu tous les prétextes du monde pour voir mes candidatures rejetées, mais jamais, ô grand jamais, personne ne m’a encore dit que c’était parce que je n’avais pas le bon diplôme lorsque je candidatais pour mon activité principale. Et pour cause : j’ai plus de 10 ans d’expérience ! Tous les recruteurs reconnaissent que cela vaut largement un diplôme…

Concrètement, va-t-on m’obliger à suivre une formation pour m’obliger à accepter ensuite deux offres d’emploi dans le domaine dans lequel je cherche déjà un job depuis un bail… ou peut on passer directement à la deuxième partie de la phrase ? Ce qui serait utile à un profil comme le mien serait plutôt une validation des acquis –qui ne prennent pas des mois comme la formule actuellement proposée par Pôle Emploi- ou une formation à la carte sur des compétences telles que les langues ou l’informatique. Mais là, ce serait plus compliqué d’appliquer l’obligation d’accepter une offre d’emploi correspondant à la formation.

Naturellement, un autre problème se pose. Si tout le monde doit obligatoirement suivre une formation lorsqu’il est au chômage, quid des CDD multiples ? Devront-ils enchaîner les formations entre deux CDD et changer tout le temps de métier, ou auront-ils une dispense ? Or c’est bien ces gens « qui travaillent quelques mois pour toucher des droits » que le président sortant vise… sans avoir conscience que pour quelques fraudeurs, l’écrasante majorité subit cette précarité et rêve du CDI qui viendrait enfin rompre la chaîne des CDD, qui rime avec logement précaire et insécurité financière.

Enfin, si la formation obligatoire pour tous est vraiment LA solution à tout, peut-on m’expliquer pourquoi Gilloux 99, qui a fait une formation payée par Pôle Emploi, correspondant aux métiers et besoins professionnels de la région dans laquelle il habitait alors (superviseur de centres d’appels, en Picardie) n’a pas trouvé d’emploi dans sa région à l’issue de cette formation si capitale pour le remettre sur le marché de l’emploi, et pointe aujourd’hui au RSA bien qu’ayant déménagé sur une région encore plus porteuse ? La solution miracle serait-elle faillible ?

Sans compter que personne n’évoque le problème capital du financement, et de l’indemnisation. Pour Nicolas Sarkozy, les chômeurs seront indemnisés pendant leur formation. Tous ? A quelle hauteur ? Aujourd’hui, un chômeur en formation continue de percevoir Assedics. Du moins, tant qu’il dispose de droits aux Assedics. Car une fois encore, la durée d’indemnisation dépend de la durée de cotisation. Certains chômeurs ne touchent donc pas d’Assedics. Pour les autres, la durée maximale est de deux ans, mais peut tout à fait être de quelques mois.

A l’issue de la période d’indemnisation Assedics, l’indemnisation durant la formation peut exister, sous conditions. Elle n’est donc pas, aujourd’hui, automatique. Elle dépend  de multiples critères, et  ne peut excéder 650 euros. Mais ce montant peut être bien inférieur. Ainsi, un de mes amis ne touchait que 200 euros pendant sa formation, qui de plus, avait lieu dans une autre région que la sienne. Il n’a pu survivre que grâce au maigre salaire de son épouse.

Mais cela choque-t-il vraiment ? Hier un internaute me disait sur Twitter : « Si tu es au RSA, tu as 400 euros par mois. Mieux vaut en toucher 650 ». Merci pour ce beau projet de vie qui nous est promis. La logique semble être la suivante. Si l’on touche 400 euros de RSA, il vaut mieux toucher 650 euros pendant une durée de formation a priori longue (si on veut disposer d’une bonne formation) et au résultat forcément aléatoire (rien ne garantit l’insertion immédiate sur le marché du travail à la sortie de ladite formation) que de risquer toucher près de 900 euros en trouvant un job au SMIC peut être le lendemain. Expliquez moi. Mais alors si, comme dans le cas de mon ami, la formation n’est indemnisée que 200 euros, alors qu’on avait 400 au RSA, c’est mieux aussi ? Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ?

Tout ceci au nom de quoi ? De la valeur travail. Le « vrai » travail. Le glissement idéologique n’est pas innocent. Le « vrai » travail n’est plus avoir un emploi qui permet de tirer un salaire de son labeur. Le vrai travail, c’est être occupé, fut-ce pour une tâche qui ne correspond ni à ses aspirations, ni à ses compétences, en échange d’une indemnisation standardisé qui n’est pas fonction du marché. Pour sortir les chômeurs du travail, Sarkozy est prêt à soviétiser le travail : tous au boulot, pour un pécule uniforme, et sans rapport avec les aspirations. Et il se prétend de droite ? Sa-vou-reux !

Les emplois aidés… pour tous ?

En face, ça n’est guère mieux. En effet, pour François Hollande, la solution au chômage de masse, c’est l’emploi aidé. Fatalement, de masse aussi. Parce que pour le candidat socialiste, les gens au RSA sont éloignés de l’emploi depuis trop longtemps. Erreur. Certains n’ont jamais connu l’emploi, comme nombre de jeunes diplômés. Mais d’autres parce qu’ils n’ont pas cotisé suffisamment longtemps. Non, le RSA n’arrive pas nécessairement au bout de longues années de galère… En même temps pour François Hollande, le RSA est de 700 euros, pas étonnant qu’il ne maîtrise pas le sujet.

Donc pour le socialiste en passe d’emporter la présidentielle, tout le monde aurait besoin d’un contrat d’insertion, pour se remettre au travail. Là encore, ça peut tout à fait convenir à certains publics en perte de confiance, ou dont les qualifications très techniques peuvent nécessiter une remise dans le bain. Mais une secrétaire qui a cessé de travailler il y a 6 mois et qui est au RSA, on imagine qu’elle ne sait plus décrocher le téléphone ??? M’enfin, qu’est ce que c’est que cette manière de systématiquement prendre le chômeur pour un demeuré ? Alors on peut avoir travaillé des années, avoir des compétences reconnues par ses anciens employeurs, et tout à coup ne plus savoir rien faire parce qu’on est au chômage ?

Mais dites moi les politiques, ce n’est pas vous, par hasard, qui prétendiez que la crise ralentissait les embauches ? Alors pour les entreprises, l’argument de la crise tient, mais par contre pour les chômeurs, ça ne peut expliquer leur période sans emploi : ils sont forcément devenus débiles ! Autrement dit, on distille dans la tête du reste de la population que le chômage n’est ni plus ni moins qu’une sorte de pathologie dont les effets seraient de rendre subitement incompétent. Ma-gni-fi-que. Voilà qui va aider le chômeur à retrouver du lien social, tiens !

De toutes façons cette proposition est fantasque. Vu le nombre de chômeurs, elle serait bien trop onéreuse… Il y aura certainement à nouveau des emplois aidés, mais ils ne seront ni obligatoires (au moins le candidat PS ne veut pas obliger les chômeurs à quoi que ce soit), ni accessibles à tous (comme auparavant, il y aura des conditions). Rien de neuf sous le soleil, donc. Et tout ceci ne nous dit donc pas comment les chômeurs seront aidés. Probablement parce que comme d’habitude, ils ne le seront pas.

Mais diantre, quand les politiques comprendront-il que ce que veulent les chômeurs, c’est un emploi ? Pas une formation. Pas un sous emploi. Pas un vrai travail. Un vrai emploi. Comme ceux qui sont issus des offres publiées sur internet ou dans les journaux. Des vrais jobs. Et non des cache-misères destinés à sortir des chiffres du chômage un maximum de chômeurs afin de prétendre avoir résolu le problème. Les formations comme les emplois aidés ne sont que des outils à mettre à destination de ceux qui en ont le plus besoin. Mais en aucun cas basculer dans le pérenne.

L’objectif de tout chômeur est de retrouver un véritable emploi, payé à sa juste valeur, en fonction du marché.  Ce serait bien qu’il en soit de même pour les pouvoirs publics… Hélas, ils y ont renoncé. Personne ne s’intéressera donc au comportement des entreprises de recrutement, qui utilisent des logiciels de tri de candidatures massives pour écarter des candidatures pourtant valides, et notamment celles de candidats dépassant un certain nombre de mois sans activité.

Ou encore celles qui organisent de faux entretiens en recevant des candidats ne pouvant pas répondre aux critères des entreprises clientes, le tout en 5 minutes chrono, pour prétendre avoir vu XX candidats, toucher la prime relative au poste, qui sera en réalité attribué à un membre du réseau. Ou encore l’absence d’obligation de réponse à un candidat. Ni du poids prépondérants des diplômes. De celles qui écartent des candidats sur le physique. Sur la raison politique. Ou autres discriminations. De celles qui profitent de la crise pour sous-payer leurs nouveaux salariés, et tirer ainsi les salaires vers le bas. Non, on ne parlera jamais de ce qu’il se passe de l’autre côté du miroir, ni de la mauvaise foi qui devient vraiment tendance chez les recruteurs, puisque de toutes façons, tout est de la faute du chômeur.

Entre mesures coercitives culpabilisantes et mesurettes, aucun politique ne propose de se préoccuper sérieusement de l’accès à l’emploi, en regardant dans plusieurs directions. Non, les politiques préfèrent se cacher la tête dans le sable, et omettre ce sujet. Le message reste le même que d’habitude : chômeurs, démerdez-vous !

TVA sociale, injustice fiscale

A l’origine, la TVA sociale est une bonne idée. Elle permet de faire baisser les charges des entreprises, ce qui est censé faire baisser le coût du travail, et favoriser tant l’emploi que la consommation.

En contrepartie, le poids des cotisations sociales, reporté sur la TVA, est partagé par tous. Le système semble pertinent vu que tout le monde bénéficie d’une protection sociale. Mais alors pourquoi une telle levée de bouclier ?

Parce que la France est en crise, et que les inégalités sociales ne cessent de se creuser. Mais surtout, les dernières décisions du gouvernement en matière fiscale ont quasi systématiquement touché tout le monde. A force, la pression fiscale est devenu très élevée pour les plus pauvres, et bien plus légère en proportion pour les plus riches qui eux, n’ont pas été bien fortement mis à contribution.

Résultat, le système s’est totalement déséquilibré. Dans un tel contexte, la TVA sociale n’a plus l’effet escompté de faire participer tout le monde tout en dégageant de la compétitivité pour les entreprises. Elle n’est plus qu’un impôt de plus, qui taxe, taxe, taxe… sans que l’effort ne soit jamais partagé.

Pire, pour vendre la TVA sociale, le gouvernement argumente avec des éléments de langage faux. Selon la droite, la baisse des cotisations sociales permettra mathématiquement au salaire net d’augmenter. Certes, mais quid des plus démunis qui touchent des prestations comme le RSA, les retraites, les Assedics ou les Indemnités Journalières (maladie ou accident) ?

Eux verront leur montant net de prestations baisser, du fait de l’augmentation probable de la CSG. D’autre part, si mécaniquement le salaire net va augmenter, quid du pouvoir d’achat ? Depuis 2007, le gouvernement a mis en place une quarantaine de taxes : sur la durée, peut on prétendre que le pouvoir d’achat a augmenté ? Non, Sarkozy n’a pas été le président du pouvoir d’achat.

Enfin si le salaire net et le revenu disponible augmente légèrement pour ceux qui ont un emploi, pourront-ils pour autant consommer suffisamment pour relancer l’économie, et atteindre l’objectif de cette réforme ? Rien n’est moins sûr car avec la TVA sociale, les prix vont eux aussi mécaniquement augmenter. Quand aux plus démunis, ils peuvent déjà commencer à faire la liste de ce dont ils devront se passer : les chômeurs, malades, retraités, titulaires du RSA, handicapés seront définitivement les indigents de cette politique fiscale.

Pour que ce système fonctionne, il aurait fallu l’insérer dans une réforme fiscale d’envergure, en le couplant avec d’autres impôts progressifs, permettant ainsi l’implication fiscale de tous les citoyens en mettant au centre ce principe simple : que tout le monde participe à l’effort fiscal nécessaire… mais à la hauteur de ses moyens.

Malheureusement aujourd’hui, la deuxième partie est complètement occultée. Chacun étant ponctionné selon un pourcentage qui est le même pour tous, il est évident que cette pression fiscale pèse lourdement sur les plus démunis, et nettement moins sur les plus aisés : c’est le monde à l’envers !

Or les plus démunis disposent aussi du droit de vote, et représentent pas loin de 15 millions d’électeurs. Nul doute que le moment venu, ils exprimeront dans les urnes leur ras-le-bol d’avoir été abandonné au bord de l’autoroute par des politiques flashés en flagrant délit de lobbying. Quitte à se tourner vers le FN, ou l’abstention : des valeurs refuges idéales pour exprimer la frustration d’une population exclue, qui, à force de subit la loi du plus fort, n’a finalement plus rien à perdre, puisque c’est déjà fait.

Et c’est bien là le danger. Nul doute d’ailleurs que tu côté de Nicolas Sarkozy, c’est un choix parfaitement assumé. Le candidat de l’UMP a tout intérêt à faire mécaniquement monter le FN pour parier sur un second tour à droite toute. Sauf qu’à trop jouer avec le feu, la bombe pourrait exploser…

Reste donc à attendre les ajustements programmatiques annoncés pour janvier par les candidats de gauche et du centre, pour espérer disposer lors de la présidentielle d’un panel de propositions visant à endiguer cette politique injuste fiscalement et donc, socialement. J-107 avant le premier tour : tic-tac, tic-tac, tic-tac…

SarkoShow, Acte III : Je suis le candidat qu’il vous faut

Après avoir sauvé l’Europe et bientôt le monde, puis la France, il était assez logique que Sarko songe à tirer les fruits de son dur labeur, et face enfin son autopromo, de manière plus claire. Afin que chacun comprenne qu’il sera bien candidat, et qu’en fait il l’est déjà. Sauf qu’il ne veut pas le dire.

Donc pour faire patienter, il indique que ce n’est pas le moment de se poser la question de savoir s’il doit redevenir président ou pas : « Quand nous avons fait la réforme des retraites, tout le monde m’est tombé dessus, les syndicats, l’opposition (…) Moi je m’en moque de savoir si je vais être réélu » Attention lecteur, il ne se pose pas la question parce que c’est évident : Sarkozy est bien plus candidat que président, et ce en permanence ! Tout ceci me fait penser à Zéro Janvier, le businessman-qui-a-le-blues de Starmania, dont le slogan était, dans cette comédie musicale, « Zéro c’est l’homme qu’il vous faut ». Zéro, oui, c’est bien ça. D’ailleurs j’aimerais bien savoir si Sarko aussi aurait voulu être un artiste. Et voir ses œuvres en poterie et macramé. Just sayin’.

Et d’ailleurs il se lance immédiatement dans son tube du quinquennat matraqué à longueur d’éléments de langages de #QAG –Questions au Gouvernement- en plateaux télés, à savoir une diatribe anti-PS –parce que même si le PS n’a pas gouverné depuis 10 ans, c’est toujours la faute du PS- en martelant en boucle son discours sur les retraites : « Cette réforme des retraites a protégé la France et les Français. La Grèce, l’Italie, l’Espagne n’ont pas fait de réforme des retraites ». Parce que lui est responsable, il fait les réformes…Réformettes. Faut pas déconner. Mais il est mieux que tout les autres et grâce à lui la France est au top. Bon, pour avoir le comparatif avec les autres systèmes européens, c’est sur l’Observatoire des Retraites. Reste que tout ça sent toutefois le vieux disque rayé : il fait souvent le coup des retraites lors de ses déplacements en province.

Sauf que d’une part, la Grèce n’est pas dans une telle situation juste parce qu’elle n’a pas fait la réforme des retraites –ça, c’est un raccourci vraiment moisi…- et d’autre part, le Sarko qui annonce qu’en France il n’y a eu ni baisse des salaires ni des pensions de retraites est le même qui laisse son gouvernement préparer un décret prévoyant la baisse des indemnités journalières de maladie. Certains vont donc bien voir leurs revenus diminuer, et pas n’importe qui : ceux qui sont en difficulté.

Le tout par décret, sans passer par ces curieux petits bonhommes qui s’agitent dans un, pardon deux hémicycles dont l’un dirigés par de dangereux gauchistes, ils pourraient amender l’article du PLFSS dans lequel cette disposition aurait du se trouver vu qu’il est en ce moment à l’étude à l’Assemblée. Du coup le gouvernement va passer par décret et ni vu, ni connu, ce sera adopté à l’unanimité du signataire, le président de la République ou le Premier Ministre. Franchement, y’a pas de quoi se vanter.

Mais mes aïeux, vous n’avez encore rien vu. Alors que notre bon mètre veut évoquer la stratégie de dumping de certains pays émergeants, on nage vraiment dans le show télé, avec cette référence à la série télévisé les Borgia : « Depuis 30 ans, les grands pays émergents, Inde, Brésil, Afrique du sud, Mexique, ils ont des bouches à nourrir, ils ont envie de progrès ». Les Borgia. Au XVème siècle, en Italie. Avec en option, la petite touche mini bling-bling qui nous apprend que notre bon mètre a Canal + puisqu’il regarde cette série. Bon, on n’est plus dans la Rolex, mais ça reste un peu tape à l’œil, le chef de l’Etat qui se la joue avec son accès au pay-per-view… Dis, tu ne veux pas me passer tes codes Foot + ? Nan parce que pour mes articles sur le PSG, je rame à trouver des streaming potables…

Sarkozy multiplie les allusions aux échecs des précédents gouvernements socialistes, avec pour leitmotiv le bilan désastreux des 35 heures : « Il faut accepter de prendre les mesures courageuses nécessaires… à partir du moment où on vit plus longtemps il faut cotiser plus longtemps pour sa retraite… (…) l’affaire des 35 heures a été une folie payée par les ouvriers et les salariés les moins formés… (…) y’a eu une délocalisation et une pression supplémentaire sur les salaires, ça a été une catastrophe sociale ».

Euh… N’ont-elles pas été démantelées ? A part dans certaines structures, elles ne sont plus en vigueur. Et la loi TEPA, sa grande loi, a tout de même servi à mettre en place les heures supplémentaires… achevant ainsi d’enterrer les 35 heures. Aussi, il serait peut-être temps de changer de disque. Ou alors de constater que les dispositifs qu’il a mis en place pour les enrayer ont échoué. Eh ouais. Faut rester cohérent.

Peu importe, de toutes façons, c’est la faute des socialistes. Et sur ce sujet, notre bon mètre attaque grassement : « C’est pas mon genre de dire que c’est la faute des autres, je prends mes responsabilités, mais je n’étais pas ministre en 1983… ». Sarko, toujours autant rat de caniveau, tout ceci manque de hauteur… Mais la fin justifie les moyens. Parce que le socialiste, voyez-vous, Sarko aimerait bien l’éliminer au premier tour. Histoire d’affronter Marine et qu’on soit obligés de se foutre une pince à linge –ou le panier de pinces tout entier- sur le nez pour aller voter. Ce serait bien pratique…

Et donc, il martèle sa vision manichéenne du bien et du mal, ou plutôt du travail et de l’assistanat : « Nous avons tous une responsabilité… Mais ce modèle d’assistanat qui consiste à laisser les gens chez eux… non (…) la stratégie est claire : travail, innovation, formation, investissement ». En enjolivant largement son bilan sur les heures supplémentaires en affirmant que «c’est 9 millions de salariés qui ont gagné en moyenne 450 euros de plus » -en français correct, on dirait « ce sont », mais passons, Monsieur Bescherelle est déjà mort plusieurs fois ce soir- et en omettant évidemment les nuances. Notamment en terme d’aggravation du déficit budgétaire, ou sur l’absence d’impact sur le chômage. Des chômeurs, qui justement, aimeraient travailler mais ne trouvent pas d’emplois. Effectivement, perso, avant de travailler plus, je voudrais bien travailler tout court. Et on est plusieurs millions dans ce cas.

Puis il annonce gentiment que « quelle que soit sa situation professionnelle on a le droit de se faire bien soigner ». Là, je m’étrangle ! Six paragraphes au dessus j’ai déjà expliqué que le gouvernement veut baisser les indemnités journalières de maladie, et en plus le gouvernement a déjà fait voter à l’Assemblée l’augmentation des taxes des mutuelles ! Et bien que les éléments de langages de l’UMP prétendent que les mutuelles ne sont pas obligées de répercuter la hausse, c’est un mensonge. Comme je l’ai déjà expliqué, ces structures sont par définition mutualistes, c’est-à-dire qu’elles n’ont pour seules ressources que les cotisations des épargnants. Et que dire des déremboursements de médicaments, qui touchent notamment certaines affections de longue durée ? En quatre ans, Sarko n’a cessé d’attaquer les malade au porte-monnaie !

On passe à l’aspect programmatique et aux bonnes recettes de Docteur Nicolas and Mister Sarko. Tout d’abord, il nous apprend qu’il n’a pas la recette miracle pour réduire le déficit en un seul mandat. Nan par contre on a vu dans l’Acte II qu’il avait bien la méthode pour l’augmenter dangereusement, puisqu’il est passé de 3,2% du PIB à 7,5% en 2010 avant de redescendre à 7,1% cette année. Si ça c’est pas du foutage de gueule en règle… Donc en la matière, sa solution reste de supprimer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. D’ailleurs, il ne se prive pas de s’en vanter : « nous avons supprimé 150 000 postes de fonctionnaires, il faut continuer ». Supprimer à la hache, n’importe comment, alors qu’il serait plus utile de raisonner par secteurs, en fonction des besoins… Fichue RGPP qu’il faudrait brûler…

L’occasion pour Sarko de taper encore un peu plus sur le programme du PS, irréaliste selon lui : « J’entends qu’on parle d’embaucher 60000 enseignants de plus, mais avec quel argent ? ». Bon déjà, il s’agit non pas d’enseignants, mais de personnels de l’Education Nationale, et qu’ils seront créés sans embaucher de fonctionnaires mais en les redéployant, dixit Michel Sapin. Rien à voir donc, avec ce qu’en dit Sarkozy.

Et là, de sortir son petit couplet sur l’assistanat, clin d’œil à Laurent Wauquiez et sa droite prétendument sociale : « Il faut que la France investisse, il faut moins d’assistanat et plus d’investissement, voilà la martingale gagnante dans tous les pays ». Une nouvelle fois, notre bon mètre, qui a cette fois endossé le costume de Grincheux, stigmatise les français : que ce soit sur le chômage ou la santé, ce sont des délinquants qui ne pensent qu’à vivre aux crochets de la société. Peu importe les réalités, le discours il faut marteler. Pour la quatrième fois. Et aucun journaliste ne l’interrompt. Cirage de pompe…

Enfin on passe à l’idée de convergence franco-allemande, un sujet sur la table depuis des lustres : «La logique de la monnaie unique c’est l’intégration économique et la convergence. Nous avons fait la monnaie unique sans rapprocher nos gouvernements (…) Il faut bien réparer toutes ces erreurs, quand on rentre chacun avec sa fiscalité (…) ça ne peut pas marcher (…) Ca n’a pas de sens que nous ayons pas les mêmes taux d’imposition avec l’Allemagne ». Sarko penche fichtrement vers le fédéralisme européen. En même temps, c’est bien par là qu’on va.

Cette petite séquence franco-allemande m’aura permis d’apprendre, grâce à la prononciation de notre bon mètre, que le ministre de l’économie allemand –monsieur Chahubleuh dixit notre président qui ne parle pas allemand- n’est autre que Robert Hue déguisé en chat bleu. Même si en vrai il s’appelle Wolfgang Schaüble, ce qui se dit Chaobleuh en bon teuton et que se serait donc plutôt un chat au bleu. Ca, c’est bon pour l’harmonisation avec les fromages-qui-puent !

Bref, rien de neuf sous le soleil pour le candidat Sarko, à part une constante qui se fait jour depuis quelques temps à l’UMP, à savoir prétendre être le meilleur sous le prétexte d’être déjà au pouvoir. Un peu court sur pattes, et pas sûr que ça suffise aux français au printemps prochain… et côté programme ?

Quand la raison politique s’invite dans le recrutement…

Lundi, j’ai revu mon agence d’intérim chérie. Celle dans laquelle j’ai commencé ma carrière d’assistante de direction il y a dix ans, et qui est une merveille.

Dans cette petite agence, pas question de placer les gens n’importe comment : on fait selon leur profil et leurs aspirations, partant du principe que si le salarié est bien dans son job, il le fera bien, et tout le monde sera content. Notamment le client, qui confiera alors de nouvelles missions à l’agence. Bref, des gens qui ont tout compris, et que j’aime pour cela.

J’avais rendez-vous avec la patronne, pour faire un point sur ma situation, mes envies, et voir ce que l’on pouvait faire ensemble. Elle avait une mission en tête. Un de ses clients, une grosse entreprise publique, cherchait une assistante de direction, avec un cerveau, et capable d’assister un big boss bien pressurisé. Pour elle, qui me connaît bien et qui dispose de très bons retours de clients sur les missions déjà effectuées par le passé, je collais parfaitement. Jusqu’à ce qu’un grain de sable vienne s’immiscer dans le processus de recrutement.

Comme prévu, elle a transmis mon dossier de candidature et sa chaude recommandation à son client, et le retour a été rapide : un gros non. Quelque chose aurait-il échappé à la patronne de l’agence ? Manquerais-je des compétences nécessaires pour le poste ? N’avait-elle pas compris la demande de son client ? Non, rien de tout cela. Je disposais bien des qualités requises. Mais alors, pourquoi ce refus catégorique de me rencontrer ?

J’ai travaillé comme permanente au sein du parti politique UMP. Et cela pourrait, selon le client de cette grande entreprise publique, remonter aux oreilles des syndicats, et en particulier de la CGT. Qui fait encore la pluie et le beau temps dans l’entreprise. Ce qui pourrait nuire à la bonne marche du service de celui qui ne sera donc pas mon futur patron. En gros, avoir travaillé pendant 18 mois, en tant que simple assistante de direction, au sein de l’UMP, représente un risque stratégique. Soit.

Peu importe que je n’ai pas occupé de fonction politique au sein de l’UMP, ou même que j’ai été virée pour raison politique par l’équipe du président du parti de l’époque, qui s’appelait Nicolas Sarkozy. C’est toute l’ironie de l’histoire : on me refuse pour une étiquette associée au sarkozysme, alors que j’ai été virée par l’équipe Sarkozy pour chiraquisme non conforme avec le sarkozysme. Et ce alors que j’étais reconnue en interne comme l’un des meilleurs éléments… sur le plan strictement professionnel. La raison politique, déjà, à l’époque… C’est dire si je connais le sujet !

Reste que tout ceci relève de la discrimination et du délit de prétendue opinion. Car avoir été assistante de direction au sein de l’UMP ne signifie pas que j’en partage les valeurs : il ne s’agit pas d’un poste politique, et contrairement au mythe répandu, nombreux sont les permanents à ne pas être encartés. Plus drôle, les non encartés sont en général ceux qui tiennent des postes politiques, comme par exemple au service des études, ceux qui rédigent le programme. En tout cas à l’époque.

C’est dire le non sens profond de ce rejet à mon égard, qui relève d’une toute aussi profonde méconnaissance du fonctionnement des partis. Cette décision tient à un mythe. En ce qui me concerne, j’étais à l’époque encartée. Dès mon licenciement, j’ai cessé d’adhérer à l’UMP : je n’allais tout de même pas donner du fric à ceux qui venaient de me faire un gros chèque pour licenciement abusif…

Ca n’est pas la première fois qu’une telle mésaventure m’arrive et qu’on me dit franchement que la politique a bloqué ma candidature. Et il m’est arrivé de nombreuses fois d’avoir le doute. Pourtant, je n’envisage pas de maquiller mon CV. Je n’ai pas honte des endroits où j’ai travaillé, et en tant qu’assistante de direction, j’ai eu à l’UMP de nombreuses expériences probantes qui sont extrêmement révélatrices de mes qualités à ce poste. C’est donc un point de force dans mon parcours. Je ne vois pas en quoi je devrais le cacher.

Aussi, j’assume totalement d’avoir quitté un poste prometteur au sein d’une major hollywoodienne pour entrer à l’UMP et y créer le poste d’assistante au sein des Jeunes Populaires. Je suis fière d’avoir instauré tous les process, géré l’agenda et les déplacements de ma Boss, répondu à la centaine d’appels téléphoniques par jour, rédigé les dizaines de courriers de réponse à ceux qu’elle recevait, aux centaines de mails qui arrivaient chaque jour sur nos boîtes, accueilli ses rendez-vous mais aussi les cadres et les militants qui venaient à notre bureau, organisé les réunions de service, établi les notes de frais pour la centaine de cadres que comptait notre départements, géré et envoyé les fichiers à ces mêmes cadres… bref, d’avoir fait le job de l’assistante de direction que j’étais.

Mais encore plus fière des missions annexes, comme l’organisation générale d’événements jusqu’à 5000 personnes pour les jeunes, et 40 000 pour les aînés. Un exemple. La veille de son accession à la tête de l’UMP, Nicolas Sarkozy avait exigé que nous organisions une soirée pour les jeunes, la veille. L’objectif était de réunir 2000 jeunes populaires à côté de Paris, de les loger le soir, et de les emmener sur site au Bourget le lendemain.

Ce qui signifiait, pour les jeunes de province (1500) :

  • Transport en train ou avion jusqu’à Paris
  • Transfert Gare ou Aéroport/Bodega en car
  • Bagagerie à la Bodega
  • Transfert Bodega/Hôtel en car
  • Nuit à l’hôtel
  • Transfert Hôtel / Palais des expositions du Bourget en car
  • Transfert Bourget / Gare ou Aéroport en car

Le tableau de bord récapitulait, pour chaque département, toutes ces étapes. Sachant qu’il fallait :

  • faire coller les heures d’arrivée et de départ des trains et avions, pour remplir les cars à leur capacité maximale, à savoir 50 personnes (que les départements viennent à 3 ou 27)
  • utiliser au maximum les mêmes cars pour aller à la Bodega et à l’hôtel afin de ne pas surcharger la bagagerie
  • faire coïncider ces mêmes cars avec les capacités d’hébergement, donc gérer la répartition des chambres en fonction.
  • Gérer les cas particuliers (venu en voiture mais ayant besoin d’une chambre, ou l’inverse, arrivé par un autre train, …)

L’ensemble représentait 7 points d’arrivée et de départ (5 gares, 2 aéroports), 30 cars et 11 hôtels. Et j’étais seule pour faire ce tableau et les feuilles de route pour l’ensemble des départements… en veillant à ne pas me tromper : toute erreur aurait eu pour conséquence de perdre les militants en route. Tout en assurant naturellement la gestion des relations avec les prestataires, pour la réservation des billets, l’ajustement du nombre de chambres, la réservation du bon nombre de cars…

Un mois seulement pour gérer tout ceci entre l’annonce de l’événement jusqu’à sa tenue. Des inscriptions à la réalisation : tout à concevoir, planifier, gérer, et réaliser. Et non un mois pour faire uniquement le tableau, les inscriptions étant arrivées jusqu’à deux jours avant ce meeting. Tout en gérant le reste de la vie classique du bureau –appels, mails, Boss, cadres, …- mais aussi le recrutement et l’organisation de l’équipe en charge de toute cette organisation (accueil aux gares, navettes, tenir la bagagerie…), vous l’aviez compris. Oui, tout ceci a nécessité un paquet d’heures supplémentaires pour nécessité de service. A-dap-ta-bi-li-té !

C’est un exemple parmi tant d’autres, mais voilà une de mes réalisations probantes. Qui n’aimerait pas avoir une assistante de direction capable d’assurer le quotidien, mais aussi de faire face, dans l’urgence, aux exigences de l’entreprise ? Franchement, je ne vois pas une seconde pourquoi je me priverais d’exposer une expérience qui en dit tant sur mes compétences et mes capacités.

Aussi, si cette personne commet l’erreur de bloquer sur un sigle qui ne signifie en rien mon positionnement politique actuel –j’ai voté à gauche aux cantonales, et si je suis favorable à une hypothèse Juppé (mon rêve) ou Villepin, je ne m’interdis pas de faire preuve d’humour corrézien en cas d’absence d’un de ces hommes-, il n’en reste pas moins que mes opinions politiques relèvent du domaine privé.

Voilà pourquoi j’estime qu’on ne peut en aucun cas me reprocher d’avoir travaillé au sein de l’UMP. Et d’ailleurs, je ne compte pas renier cette excellente expérience, très formatrice, et dans laquelle j’ai pu m’épanouir sur le plan strictement professionnel, grâce à la confiance de ma Boss. Non, je ne me réfugierai pas derrière l’appellation « société confidentielle » !

Heureusement, tous les recruteurs ne sont pas si fermés. Et si ce directeur n’a pas voulu en savoir plus sur le service que je peux apporter à sa structure, nous n’avions, effectivement, pas les mêmes valeurs : heureuse donc de ne pas travailler avec un tel Boss. Next !

Photomatronche

Vendredi, j’ai envoyé une candidature pour un poste sur lequel je pouvais convenir. Une vraie candidature, loin de celles « quota Pôle Emploi » accumulées juste pour démontrer que je cherche du travail sans avoir la moindre chance d’être retenue parce-que-je-ne-suis-pas-comme-ci-ou-comme-ça. Ca se passe comme ça chez Pôle Emploi… Enfin si l’on veut éviter la radiation.

Trois minutes après, le portable a sonné : au bout du fil, la recruteuse, qui semblait avoir flairé le bon plan. La conversation s’est éternisée bien au-delà des quelques minutes prévues, et nous avons disséqué mon CV comme les souris en classe de 5ème B.  Tant et si bien que lorsqu’elle m’a proposé de nous rencontrer ce lundi, je me demandais bien ce que nous pourrions avoir à nous dire de plus.

Elle m’a également demandé de lui envoyer par mail ma photo « sur demande du client ». Des fois que je serais moche, ce qui est loin d’être le cas. Rappelons tout de même que lorsque la photo est demandée dans l’annonce, je ne candidate ja-mais : je n’ai pas pris l’option Bimbo.

C’est néanmoins toute pomponnée et toute guillerette que j’ai quitté mon appartement douillet et préservé de la chaleur par mes superbes nouvelles fenêtre à double vitrage, pour effectuer ¾ d’heure de trajet en plein cagnard, dans un RER puis un bus. Va faire tenir ton make-up par ce temps, tiens ! Et va éviter de planter un talon dans les pavés, aussi !

C’est en un seul morceau, encore relativement fraîche, mais au bord de la déshydratation que je suis arrivée au cabinet de recrutement. Une dame charmante m’a accueillie et proposé un verre. Après avoir hésité à lui demander un pastis, je lui ai gentiment demandé un verre d’eau : le Saint Graal ! J’aurais presque pu repartir illico tant j’étais heureuse d’avoir pu me sustenter. La dame m’a également proposé de prendre ma veste, et c’est moi qui lui en ait mis une. Ah ah. Après tant d’efforts, je tenais à être absolument impeccable pour cet entretien. C’était sans compter sur la salle de réunion surchauffée dans laquelle elle m’a demandé de patienter. Sans mentir, il y faisait bien plus chaud que dehors !

Au bout de quelques trop longues minutes, la dame –en fait la recruteuse- et une de ses copines –une autre recruteuse- sont revenues, pour entamer l’entretien. Là, il m’a été demandé de rappeler mon CV de manière rapide –comprendre moins de 2 minutes-, puis la copine de la recruteuse est partie. S’en est suivi un échange surréaliste. La recruteuse m’a demandé deux précisions techniques proches de l’enculage de mouches sur mon parcours, et m’a ensuite donné le nom du client. Voilà. En 5 minutes, nous avions fait le tour de cet entretien.

Tant d’acharnement à lutter pour rester fraîche sous le cagnard et à prier pour ne pas choper des ampoules dans mes nus pieds à talons, pour 5 petites minutes d’entretien. Raison invoquée : « il fallait que je vous vois et que je vous donne le nom du client ».Autrement dit, il fallait voir ma tronche. La photo ne suffisait pas ?