Construire un parcours d’emploi pour les jeunes*

Le Gouvernement a fait le choix d’expliquer la réalité de l’emploi des jeunes telle qu’elle est et a montré l’urgence de la situation.

Il est normal que face à cette réalité, les jeunes et leurs parents soient inquiets de l’avenir.

La bataille pour l’emploi est la priorité du Gouvernement. Face aux réformes nécessaires, les interrogations sont nombreuses et légitimes.

Sur le terrain, la mobilisation étudiante patine et ne parvient pas à s’étendre au-delà des traditionnels cercles conservateurs de la gauche estudiantine : la dernière grande manifestation contre la loi Fillon, le 8 mars 2005, avait réuni 165.000 étudiants et lycéens, contre 125.000 le 7 mars dernier contre le CPE

Faute de convaincre, le mouvement s’enferme dans la radicalisation et le blocage d’universités contre la majorité des étudiants : des recours en justice contre ces blocus sont déposés (par exemple à Poitiers) et la mobilisation des étudiants « non-grévistes » va croissante.

Le Gouvernement est à l’écoute de tous les Français, de ceux qui manifestent et aussi de tout ceux qui ne manifestent pas et en particulier tous les jeunes qui galèrent pour trouver un emploi stable. Face à la désinformation, nous devons poursuivre et à accentuer le travail d’explication et de pédagogie.

1) Préférer le statu quo c’est choisir de laisser les jeunes dans la précarité : nous avons choisi l’action plutôt que la résignation

  • En France, le taux de chômage des jeunes atteint 23% : c’est 6 points de plus que le reste de la zone euro (17,4%). Et ce taux grimpe à 40% pour les non qualifiés.
  • Alternant stages, CDD ou périodes de chômage, un jeune met en moyenne 8 à 11 ans pour trouver un emploi stable : c’est 2 fois plus que chez nos voisins européens.
  • Plus de 70% des jeunes qui trouvent un emploi sont embauchés en CDD et la majorité de ces CDD ne dépasse pas un mois. Et même quand ce n’est pas le cas, le CDD a toujours une fin.
  • C’est dans la succession de ces périodes d’incertitude que réside la vraie précarité des jeunes.
  • Face à cette situation, il est temps d’essayer autre chose que ce qui échoue depuis 20 ans ! Aujourd’hui, l’urgence, c’est de sortir de la logique qui a prévalu avec la Gauche : la logique des petits boulots et de la bonne conscience.
  • A la bonne conscience, nous voulons opposer le bon sens, en partant de la réalité de la situation des jeunes :

– le succès du CNE (350.000 signés) nous incite à poursuivre l’effort pour faciliter les embauches, en apportant des réponses nouvelles

– le Contrat première embauche c’est un contrat à durée indéterminée ouvert aux jeunes de moins de 26 ans dans les entreprises de plus de 20 salariés

– la vraie précarité ce n’est pas demain avec le CPE, c’est aujourd’hui, avec le chômage et la succession de stages et de CDD !
2) Nous voulons construire un véritable parcours d’embauche pour les jeunes

Proposer une totale remise à plat de notre système d’orientation

  • Les dispositifs d’orientations existants sont mis en cohérence au niveau national : l’objectif est d’arriver à la mise en place d’un véritable service public de l’orientation.

– il est légitime qu’un jeune puisse connaître la réalité des débouchés sur le marché de l’emploi lorsqu’il s’engage dans une filière de formation. Il ne peut exercer sa liberté de choix que s’il est pleinement informé.

– ce dispositif serait décliné au niveau régional, par académie.

  • « Trois temps forts » de l’orientation sont mis en relief : en 4ème, en terminale et à l’issue de la licence.
  • Enfin, la mise en place des tutorats par des jeunes de grandes écoles à destination des élèves de ZEP permet d’élargir le champ des possibles pour tous ceux qui sont motivés :
    – le principe est simple : un élève de grande école « coache » un élève de ZEP pour lui apporter tous ces « petits plus » qui font la différence lors d’un concours ou d’un entretien d’embauches
    – le Président de la République a demandé que ce tutorat soit généralisé : 100.000 étudiants de grandes écoles parraineront 100.000 jeunes issus des quartiers sensibles

Nous encadrons la politique des stages

  • Les stages supérieurs à 3 mois sont désormais obligatoirement rémunérés.
  • Une convention de stage est également obligatoire dans tous les cas.
  • Afin d’éviter les abus, les stages non inclus dans le cursus pédagogique sont limités à 6 mois de la durée
  • Pour favoriser la rémunération des stagiaires, une franchise de cotisations sociales est instaurée :
    – Auparavant, l’exonération totale allait jusqu’à 360 euros : dès le franchissement de 361 euros, les cotisations s’appliquaient sur la totalité de la rémunération.

– Désormais, elles ne s’appliqueront que sur les euros supplémentaires à compter de 360 euros : au-delà, les cotisations portent sur les seuls euros supplémentaires, ce qui supprime un effet de seuil et permet de mieux rémunérer les stagiaires.

Développer les formations en alternance et l’apprentissage

  • Dans tous les pays européens, un lien plus étroit entre la formation et l’entreprise est une garantie d’emploi rapide.
  • Les entreprises qui ne respecteraient pas les objectifs chiffrés que nous avons fixés en matière d’apprentis verront leur taxe d’apprentissage augmenter de 20%. (Pour rappel : pour les entreprises de plus de 250 salariés, 1 % de jeunes en alternance en 2007, 2 % en 2008, 3 % en 2009).
  • Le texte met en place « l’apprentissage junior » ouvert aux jeunes âgés d’au moins 14 ans :
    – cette mesure s’adresse à celles et ceux qui veulent rapidement apprendre un métier, qui ont déjà une idée de leur projet professionnel et qui souhaitent s’engager dans la vie active.
    – le choix est réversible : à tout moment, le jeune peut réintégrer l’enseignement général. Il ne remet donc pas en cause le principe du collège unique.

Créer un contrat spécifique adapté aux difficultés des jeunes

  • Depuis 20 ans, on est prisonnier du même labyrinthe de fausses bonnes idées et on se heurte toujours au même mur du chômage des jeunes ! Le Gouvernement veut explorer et proposer une voie nouvelle.
  • Nous voulons répondre aux problèmes des jeunes, qui font face à la quadrature du cercle : 
    – on leur demande une expérience professionnelle que, par définition, ils n’ont pas eu le temps d’acquérir ;

– on exige d’eux une qualification très pointue qu’ils n’ont pas toujours ;

– parfois même on leur reproche au contraire un diplôme trop élevé et inadapté au poste proposé.

  • Le contrat première embauche est un nouveau CDI pour permettre aux jeunes d’accéder plus rapidement à un emploi stable. Passé la période de consolidation de l’emploi de 2 ans, le contrat première embauche devient un contrat à durée indéterminée à part entière.

3) Le contrat première embauche c’est l’inverse de la précarité 

  • Le contrat première embauche, nouveau CDI pour les jeunes, prévoit des garanties spécifiques pour répondre au mieux aux préoccupations des jeunes :

– les stages et les CDD sont décomptés de la période de consolidation de l’emploi de 2 ans : un jeune qui aurait déjà fait 6 mois stage et 6 mois de CDD dans l’entreprise n’aurait plus que 12 mois de période de consolidation.

– une garantie de rémunération : en aucun cas les rémunérations ne pourront être inférieures au régime commun des salariés. Il n’est pas question de payer un jeune au rabais !

– le droit à la formation individuel est ouvert dès la fin du 1ermois : là aussi, c’est un vrai progrès, puisque dans les autres contrats le droit à la formation ne s’ouvre qu’au bout d’1 an
– un délai de préavis qui augmente avec l’ancienneté :l’employeur ne peut pas licencier le salarié du jour au lendemain. Ce délai de préavis est de 14 jours de la fin du 1er mois au 6ème  et d’un mois à partir du 6ème mois, comme pour un CDI ! Et en cas de licenciement abusif (licenciement d’une femme enceinte par exemple) le droit du travail s’applique : le salarié licencié peut saisir les prud’hommes

– une indemnité de 8% du salaire, nette de cotisations sociales, en cas de rupture du CPE : cela équivaut à la prime de fin de CDD

– une protection renforcée en cas de licenciement : en cas de rupture du CPE après 4 mois, une allocation forfaitaire permettant de chercher un emploi dans de meilleures conditions.

  • Les possibilités offertes par Locapass (avance de caution et garantie des impayés de loyer) sont étendues aux titulaires d’un contrat première embauche dès le premier jour de travail.
  • Les banques considèrent déjà le CPE comme un CDI pour les ouvertures de crédits.
  • Enfin, le contrat première embauche respecte le droit du travail : pas de licenciement abusif et pas de discriminations possibles. Les droits prévus par la convention collective de l’entreprise s’appliquent dès le 1er jour de travail (congés spécifiques, RTT, primes, prise en compte de l’ancienneté…)

4) La gauche n’a rien à proposer pour l’emploi des jeunes

  • Après 5 ans d’immobilisme et plus 3 ans de silence sur l’emploi des jeunes, le PS fait dans la surenchère de concepts, mais ne propose rien de nouveau.
  • « Contrat emploi formation » pour François Hollande, « contrat sécurité insertion » pour Laurent Fabius, le PS ne parvient pas à sortir de la logique de l’emploi subventionné de court terme qui a pourtant échoué. Faute d’imagination, le PS préconise même un retour aux emplois jeunes !
  • Il n’est d’ailleurs pas inutile de rappeler à ceux qui dénoncent aujourd’hui le caractère précaire du CPE ce qu’étaient réellement les emplois jeunes :
    – des CDD de 5 ans, susceptibles d’être rompus chaque année : l’aide de l’Etat étant attachée au poste et non à la personne, elle durait tant que le poste existe, même si le contrat était rompu avant l’expiration de l’aide.

– une faible rémunération : la rémunération variait entre 1 et 1,2 Smic, puisque les emplois jeunes étaient financés par une aide de l’Etat correspondant à 80% du Smic brut par emploi créé sur 5 ans.

– aucun dispositif de formation n’était prévu par la loi

– aucun dispositif d’indemnisation chômage ou de pérennisation des emplois n’était prévu

– des emplois destinés à des jeunes peu qualifiés qui étaient en réalité occupés par des jeunes diplômés (les 2 tiers avaient un niveau bac ou plus)

5) Le Gouvernement a laissé tout le temps nécessaire à un véritable débat

  • Avec au total plus de 132 heures de discussion, le débat parlementaire a pleinement eu lieu : le projet de loi pour l’égalité des chances a été adopté, en dépit de l’obstruction stérile de l’opposition.
  • L’ensemble du texte s’appliquera dans les prochaines semaines pour répondre au plus vite aux situations d’urgence auxquelles notre pays est confronté : le projet de loi vise ainsi à lutter contre les discriminations, contre les inégalités et les injustices, mais aussi à faire reculer véritablement le chômage des jeunes.
  • Les consultations sur la mise en œuvre des mesures se poursuivent pour compléter les différents dispositifs et notamment pour enrichir le nouveau parcours d’embauche.

*Article écrit pour Jeunes pour le CPE et publié à cette adresse

Entrevue sur le site Ensemble pour le CPE*

Merci au site Ensemble pour le CPE pour l’article consacré à notre initiative, et à celle de la webring en faveur du CPE.

Cette forte mobilisation démontre le sursaut des français pour défendre ce projet du Premier Ministre, qui offre enfin aux Jeunes la possibilité de s’insérer de manière pérenne dans la vie professionnelle.

Pourquoi avoir monté un blog d’information sur le Contrat Première Embauche (CPE) ?

Jeunes pour le CPE a été créé un peu dans l’urgence, le 24 janvier dernier. Lorsque la Gauche a annoncé la mobilisation anti-CPE, les médias se sont mis à faire de nombreux sujets sur le Contrat Première Embauche… pas toujours très justes sur le contenu. J’en ai eu assez d’entendre mes proches dire n’importe quoi au sujet de ce contrat, qui cristallisent des inquiétudes pas toujours liées au sujet. Je me suis aperçu qu’en expliquant clairement le CPE, mes proches trouvaient finalement qu’il représentait une véritable avancée.

Face à la désinformation qui faisait jour, il était urgent de réagir. C’est pourquoi j’ai décidé d’étendre cette information au maximum de personnes. Ayant peu de moyens et n’étant pas affilié à un mouvement syndical et politique, il a fallu que je m’organise avec les moyens du bord.

Le blog est alors apparu comme une évidence. Simple, rapide à créer, et gratuit, il me permet de toucher rapidement des centaines d’internautes. A ce jour, nous avons déjà eu 2100 visites dont 1700 visiteurs uniques, qui ont vu plus de 5300 pages. Un score énorme pour un blog personnel !

Votre blog est il issu d’une démarche personnelle, militante, ou corporatiste ?

C’est une démarche à la fois personnelle et militante, mais avant tout citoyenne.

Le premier objectif de Jeunes pour le CPE est évidemment d’informer, comme je l’ai dit ci-dessus. Mais ça ne m’a pas semblé suffisant. Internet est un moyen génial pour toucher un grand nombre de personnes, aussi ai-je pensé que si nous pouvions informer les gens, nous pouvions aussi les inciter à militer.

C’est pourquoi j’ai décider de consacrer une large partie du blog à la mobilisation, en réalisant notamment un petit guide du militant, destiné à expliquer aux internautes comment ils peuvent eux aussi agir concrètement en faveur du Contrat Première Embauche : envoi de mails à leurs amis, réponse en ligne à des sondages, à des commentaires sur les blogs, etc…

A mon sens, c’est à chaque citoyen de se mobiliser pour qu’ensemble, nous gagnions la bataille de l’emploi.

Que pensez-vous de la mobilisation des mouvements anti-CPE ?

La mobilisation des mouvements anti-CPE apparaît comme un vaste fourre-tout qui rassemble pêle-mêle les syndicats professionnels, les syndicats étudiants, les branches syndicales de la fonction publique, les partis politiques, etc…

Résultat, cette rébellion est peu lisible, comme en témoigne les manifestations récentes.

Prenons un simple exemple, la manifestation des agents de la Fonction publique : en quoi la Fonction publique est-elle concernée par le CPE ?

Cette lutte contre le CPE n’est que le reflet d’une manipulation politicienne, qui utilise le CPE comme un simple prétexte pour s’opposer au Gouvernement.

C’est totalement immature, et contraire à l’intérêt général.

Concernant le CPE, l’information donnée par les médias vous semble-t-elle satisfaisante ?

Malheureusement, les médias ne sont pas très informatifs sur le Contrat Première Embauche. Ils se contentent de relayer les communiqués de presse des uns et des autres, brouillant ainsi la lisibilité du projet.

C’est ce qui nous oblige à diffuser des argumentaires explicatifs, afin de permettre au public de s’y retrouver, et de mieux comprendre ce que propose de Gouvernement.

Pensez vous que le CPE soit la solution adéquate pour lutter contre le chômage des jeunes ?

S’il existait une solution miracle contre le chômage des Jeunes, celui-ci n’atteindrait pas aujourd’hui 23% des jeunes, ni 40% des jeunes non qualifiés.

Cependant, le Contrat Première Embauche constitue à mes yeux un outil qui permettra à de nombreux jeunes de trouver une première expérience professionnelle rapidement. En effet, le temps est l’écueil majeur pour les jeunes : la plupart d’entre eux mettent très longtemps à trouver un emploi stable, et avant d’y parvenir, ils sont en général obligés d’accepter de petits boulots sans rapport avec leur qualification, ou d’enchaîner les périodes de stages mal rémunérés, CDD sans lendemain, période d’intérim, et inévitablement, entre chacune de ces étapes, des périodes d’inactivité.

J’ai publié sur mon blog le témoignage de Marie. Diplômée d’un BTS rare, qui lui a été vendu comme un véritable passeport pour l’emploi, elle a navigué entre les propositions d’emploi qui frisaient l’arnaque, les stages et les CDD. Elle aura finalement mis 5 ans à obtenir son premier CDI. Ce n’est pas acceptable !

En encourageant les entreprises à offrir aux jeunes une première expérience professionnelle, et en cassant cette spirale infernale d’expériences précaires, le CPE permettra, à mon sens, à de nombreux jeunes de disposer d’un emploi stable, qui leur permettra d’obtenir une solide première expérience.

*Article écrit pour Jeunes pour le CPE et publié à cette adresse

La CFDT débloque !*

La CFDT a sorti un tract anti-CPE d’une démagogie insoutenable. Impossible de ne pas réagir à ce flots de contre-vérités. Voici donc leurs arguments (en italique), et ce qu’on en pense.

La CFDT dit NON à un contrat de travail pour les Jeunes

Non à l’introduction d’un « statut » précaire pour les jeunes !

Face à l’ampleur du chômage des jeunes, la CFDT revendique une véritable concertation afin d’examiner les obstacles à l’emploi des jeunes pour les dépasser. Pour la CFDT, il est intolérable que le gouvernement crée un nouveau contrat qui, de surcroît, autorise les employeurs à licencier à tout moment et sans motif.

Le CPE, véritable « CNE jeunes », est inacceptable ! Il ne fait que renforcer la précarisation des jeunes :

2 ans de période d’essai assortie d’une possibilité de licenciement à tout moment et sans aucun motif ;

le CPE risque de devenir un passage obligé avant l’obtention d’un CDI « normal ». Ce dispositif entraîne une sélection des jeunes en fonction de leurs capacités à s’adapter à la précarité.

  • Qu’y avait-il avant la proposition de CPE ?
    RIEN.
  • Sous Jospin, on a vu fleurir les Emplois Jeunes.
    Cette vaste arnaque qui était un CDD de longue durée, 5 ans tout de même, payé des clopinettes, et uniquement dans la fonction publique pour des emplois peu qualifiés.
    Bref, en aucun cas un contrat permettant une insertion professionnelle, juste une mesurette à l’efficacité fictive, et destinée à faire baisser les chiffres du chômage des jeunes le temps d’une législature.
    Depuis ?
    RIEN
  • Ce qui signifie que les Jeunes, sans expérience, sont contraints de tenter de se vendre comme ils le peuvent. Et d’aligner les stages souvent mal ou non rémunérés.
    N’est-ce pas la vraie précarisation ?

Si la CFDT pense qu’il vaut mieux pas de contrat du tout et des situations ubuesques comme celle que nous a livrée Marie (qui, rappelons le, a eu « de la chance » car elle n’a mis « que » 5 ans à trouver son premier CDI, et qui sont légions, nous, Jeunes, les premiers concernés, nous nous élevons contre cette récupération politique de notre avenir, et réclamons justement de pouvoir avoir accès à des contrats de travail qui nous sortent de cette spirale infernale des stages et CDD.

La CFDT ne fait aucune proposition concrète

Oui à la sécurisation dès l’entrée dans la vie professionnelle !

Le problème du chômage des jeunes en France résulte d’une double incapacité des gouvernements et des employeurs à construire des parcours d’entrée dans la vie professionnelle :

· le gouvernement doit s’assurer qu’aucun jeune ne sorte du système scolaire sans diplôme ou qualification ;

· l’entreprise doit être en mesure d’accueillir les jeunes et de les accompagner dans leurs parcours professionnels ;

Les pouvoirs publics et les employeurs doivent conjointement s’engager en faveur de l’égalité des chances.

  • Sécurisation, ça veut dire quoi ? Un emploi à vie ? A la japonaise ? A la communiste ? Sortons de ces lieux communs et regardons la réalité en face : pour résoudre le problème du chômage, il faut prendre des mesures concrètes !
  • Avec le CPE, l’entreprise pourra, justement, accueillir spécifiquement le public jeune, et lui offrir une première expérience.

C’est ce que les jeunes réclament. Donnons leur cette chance !

*Article écrit pour Jeunes pour le CPE et publié à cette adresse

CPE : une vraie mesure pour lutter contre le chômage des jeunes*

1. La précarité pour les jeunes, c’est :

  • Plus de 20% de taux de chômage pour les moins de 25 ans, 40% pour les non qualifiés.
  • 70% des embauches qui se font en CDD, dont la moitié ne durent pas plus d’un mois.
  • De 8 à 11 ans avant d’avoir un emploi stable et ce qui va avec : le logement, l’accès au crédit, l’installation dans la vie.

2. Pourtant il n’y a pas de fatalité au chômage des jeunes :

  • Depuis des décennies nous nous sommes habitués à vivre avec un taux de chômage élevé des jeunes sans oser nous attaquer à la racine du problème : un jeune a moins d’expérience, il doit donc être mieux formé et mieux accompagné vers l’emploi.
  • C’est ce qu’ont compris nos grands voisins européens qui font mieux que nous : je pense en particulier à l’Allemagne avec un taux de chômage des jeunes de l’ordre de 11%.

3. Les mesures proposées par le gouvernement ont donc toutes le même objectif : sortir les jeunes de la précarité et leur permettre d’accéder dans de meilleures conditions à l’emploi.

  • Les jeunes font des stages dans de mauvaises conditions : les stages seront encadrés, les stages longs seront obligatoirement indemnisés et ils compteront dans le cursus académique.
  • Les jeunes trouvent plus facilement un emploi quand ils ont fait une formation en alternance : le gouvernement fixera des objectifs chiffrés de recrutement de jeunes apprentis pour les entreprises de plus de 250 salariés. La taxe d’apprentissage sera modulée en fonction du respect de ces objectifs.
  • Les jeunes enchaînent les CDD et les périodes de chômage souvent non indemnisées : le contrat première embauche leur permettra d’entrer immédiatement dans un contrat à durée indéterminée, avec une période de 2 ans pour faire leurs preuves et des garanties réelles et justes :
    – S’ils ont fait une période de stage, de CDD ou d’alternance dans l’entreprise qui les recrute, cette période sera décomptée des 2 ans : un jeune qui aurait fait 1 an de stage et 6 mois de CDD aura déjà fait les trois quarts du chemin.
    – Ils auront accès à des cautions pour le logement et au crédit bancaire : la fédération des banques française a pris des engagements dans ce sens.
    – Ils auront un droit à la formation dès la fin du premier mois d’activité : cela leur permettra de combler des lacunes qui auraient pu apparaître après le premier mois de travail, par exemple une maîtrise insuffisante de l’informatique ou d’une langue étrangère.
    – Le chômage sera indemnisé au bout de 4 mois : c’est une amélioration majeure.

4. Nous ne sortirons pas les jeunes de la précarité en restant immobiles.

  • Nous avons le devoir d’avancer, en prenant soin d’accompagner chaque jeune dans son parcours d’embauche.
  • Près de 60% des moins de 30 ans estiment que le contrat première embauche permettra de réduire le chômage des jeunes : quelle mesure pour l’emploi a recueilli ce degré de confiance dans les années précédentes ?
  • Il n’y a pas de proposition alternative. Le rêve caché de certains, c’est le statu quo : et le statu quo aujourd’hui n’est plus une option.

*Article écrit pour Jeunes pour le CPE et publié à cette adresse

Le CPE, et moi, et moi, et moi…

Juillet 1995. Fraîchement diplômée d’un BTS rare et réputé auprès des professionnels de mon domaine, je m’attèle à ma recherche d’emploi. Je suis alors pleine d’espoir, portée par mon succès ; j’ai été reçue 5ème de ma promotion pour la France entière.

Août 1995. J’ai envoyé près de 300 lettres, un gros budget pour l’étudiante que je ne suis plus. Merci papa-maman de me soutenir, quand la déprime me gagne. J’ai reçu 4 réponses seulement, toutes négatives. Quand je rappelle les DRH, on me dit « vous n’avez pas d’expérience ». Je tente de faire valoir mes stages, mais les employeurs sont frileux : « trop jeune », « vous avez seulement 6 mois de stages », « vous n’êtes pas opérationnelle de suite »…

Septembre 1995. Un espoir se profile. Arte, chaîne de télévision culturelle, me propose de m’embaucher. Las ! Je déchante assez vite. L’emploi proposé est un plein temps, qui sera payé à mi-temps sur la base du SMIC, le reste étant compensé par les Assedics (Unedic Spectacle). Pire, on me demande une convention de stage, tout en me précisant que je serai payée au cachet. Autant dire que je ne toucherai les Assedics qu’au bout de 507 heures… Impossible d’accepter cette arnaque. Personne ne comprend alors pourquoi je refuse cette expérience. Excepté mes parents qui m’ont conseillée en ce sens.

Octobre 1995. Je choisis de poursuivre mes études, faute de trouver un emploi stable. Cela me permettra au moins d’avoir des conventions de stage… Parallèlement, j’occupe un job étudiant d’animatrice en maternelle, comme beaucoup de copains de mon âge. Je navigue de la fac à la maternelle, le tout sans bien savoir comment faire valoir cette expérience. A défaut, cela met un peu de beurre dans les épinards…

Mai-Juin 1996. Au terme d’une bataille acharnée avec la fac, je parviens à décrocher une convention de stage. Le combat fut âpre, car mon cursus ne nécessitait pas de stage, j’ai donc eu toutes les peines du monde à faire comprendre à l’administration que je souhaitais effectuer un stage par an minimum, pour parfaire mon CV.

Je réalise donc un nouveau stage, non rémunéré. J’apprends, je suis débrouillarde, mais il est évident qu’il n’y a aucune perspective d’embauche à la sortie.

Janvier 1997. En licence, le stage est obligatoire. A la bonne heure ! Je commence à avoir une bonne expérience en tant que stagiaire, les missions se font donc nettement plus intéressante. Toujours pas de rémunération à l’horizon, mais éventuellement des perspectives d’embauche. Je me défonce.
Las ! La boîte est rachetée. Tous mes espoirs s’envolent. La situation devient réellement glauque quand, en fin d’année, je fais gagner un marché sur ma région à mon ex-employeur, et qu’il ne verse pas la commission promise.

Juillet 1997. Je décide d’effectuer un premier emploi d’été. J’occupe un CDI de trois mois. Mon premier contrat de travail ! J’en suis fière…

Janvier 1998. Mon emploi du temps étant cool , j’accepte de revenir dans la société où j’ai passé mon été. J’enchaîne deux CDD, pendant une durée totale de 10 mois. J’acquière ainsi une réelle expérience… Toujours pas de perspective d’embauche, l’activité étant saisonnière.

Mai 1998. Parallèlement à mon CDD, j’entame un stage de très longue durée sur un site internet. Pas de convention, pas de contrat, pas de rémunération… La précarité totale, mais l’expérience !

Juin 1999. Toujours étudiante et stagiaire, j’entame maintenant mon 4ème CDD dans ma première entreprise. Toujours besoin de main d’œuvre ponctuelle, et pas chère. Mon salaire a légèrement augmenté car j’ai fait valoir mon expérience, mais reste en dessous du marché et de mes compétences.

Janvier 2000. Nouvelle vie, retour à la case ANPE. Le stage et le CDD se sont achevés. Je m’inscris à l’ANPE. Déprimée par la situation –on ne me propose que des emplois en relation avec mon CDD et sans rapport avec mes études ou mes stages – je tente un énorme coup de poker. Je contacte le patron d’un gros site internet dans mon domaine de prédilection, que j’avais croisé dans une affaire dans le cadre de mon précédent stage. A l’époque, nous étions en conflit. Je lui propose mes services. Contre toute attente, il accepte de travailler avec moi… Mais je dois faire mes preuves. Aucun contrat, je bosse sur notes. Précarité extrême et aucune rémunération. Je reste donc chômeuse, mais je bosse pour décrocher un contrat.

Avril 2000. Lassée, je décide de partir à Cannes avec un autre employeur. Je préviens le patron de la start-up que je m’absenterai pour bosser pour une grosse compagnie. Là, il prend peur… Ma valeur professionnelle est désormais réelle, après tous ces stages… Il me fait signer rapidement un CDD. Le salaire est faible, mais je prends. Après tout, ce n’est que pour 3 mois. Je négocie tout de même le départ à Cannes…

Juillet 2000. Victoire ! A la fin de mon CDD, je signe mon premier CDI. Cerise sur le gâteau : mon CDD fait office de période d’essai, je suis donc intégrée directement.

Voilà, il m’aura fallu 5 ans entre le début de ma recherche d’emploi et mon premier CDISi à l’époque le CPE avait existé, quasiment tous mes employeurs l’auraient signé… Je suis donc résolument POUR l’adoption de ce contrat, qui évitera aux jeunes de galérer pendant des années pour se forger une expérience professionnelle, et leur permettra de s’insérer plus facilement dans l’entreprise.