Sakho-mence bien

La barre. Oui, encore. En même temps, aujourd’hui Mamad a 22 ans, et on a fêté ça hier dès la sortie de l’avion. Ou presque. Une grosse soirée. « Une bête de soirée », comme dirait Ménez. Alors que la seule bête reste celle qu’il s’obstine à porter sur le crâne, et qui a dangereusement entamé son cerveau. Et qu’il n’était même pas là.

C’était au club Ozu, près de la Tour Eiffel. J’ai bêtement cru que c’était à la cinémathèque. Bah quoi, vous ne connaissez pas Ozu ? Alors qu’en fait c’était à l’Aquarium. Juste à côté. Ceci dit, il  a bien un rapport. Cinémathèque, Ozu, le réalisateur japonais. Que je suis la seule à connaître dans l’équipe. Avec Leonardo. C’était la minute intello-pétasse.

Une fois à l’intérieur, je n’ai pas bu que du Schweppes, et je peux vous dire que je n’étais pas la seule. Fallait bien faire passer le gâteau, décoré avec des centaines de bonbons… qu’on a allègrement attaqués. Jusqu’à l’overdose. Fatalement, il a fallu aller griller quelques calories, pour rééquilibrer tout ça. Habitué des boîtes, Néné a dansé jusqu’au bout de la nuit. On voit bien qu’il n’a pas de talons de 12, lui. Mais j’ai quand même fait ma gogo danseuse sur la table. Comme d’hab. Avant de m’éclater une cheville. Comme d’habituuuude.

Comme Maxwell n’était pas avec nous, j’ai passé la soirée à prendre des vidéos avec mon Iphone pour les lui envoyer : le gâteau de Mamad, les copains en train de trinquer, les copains en train de parler aux poissons –de l’Aquarium-, le cul de Bodmer… et la chenille. Oui, ils ont osé danser sur La Chenille. Notamment Néné et Pastore. La honte. Vague impression d’être au mariage de Tonton René, celui qui boit un jaune dès qu’il entre dans un café. Heureusement qu’ils n’en ont pas totalement conscience. Perso, je préfère le pogo. Mais pas avec Sissoko, ça peut faire mal. Et c’est encore Cazarre qui le résume le mieux : Aïe Momo, Momo, aïe aïe j’ai croisé Momo Sissoko…

A un moment j’ai réalisé que Sirigu n’était plus dans mon champ de vision. Et puis j’ai vu la blondasse qui le chauffait. Une wannabe Wag de compèt’, agitant sous son nez ses seins à propulsion made by PIP tout en remuant ses fesses un peu trop charnues pour son mini-short et en lui caressant la cuisse de manière fort suggestive, dans le but d’attraper ce qui se trouvait entre ses jambes. Et que j’ai accessoirement en leasing.

Malheureusement pour elle, Sirigu déteste qu’on lui montre tout le matos avant même d’avoir dit bonjour, ça lui donne l’impression d’être chez Bricorama poursuivi par un vendeur qui veut absolument te refourguer une scie sauteuse dont tu n’auras jamais l’utilité. Au lieu d’intervenir comme une furie, j’ai regardé mon mec gérer… et la fille s’enfoncer. Se débattre. Puis se noyer, malgré ses bouées PIP. C’était jouissif. Nan mais !!!

Du coup le décrassage de ce matin, c’est un peu coton. Footing pour tout le monde. Ateliers physiques pour les remplaçants, et séance spécifique pour les gardiens. Moi, je cuve mon champagne… J’ai tellement besoin de café que Maxwell m’apporte le thermos qu’il a piqué à Lugano. C’est chou. J’adore Sherrer. J’adore le gang des brésiliens de toutes façons. Probablement un rapport avec le fait que je ne comprends rien à ce qu’ils disent.

Et puis il y a eu un drame. Alors que je cuvais tranquillement au bord du terrain, j’ai pris une frappe d’Alex en pleine tête. Pour mémoire, Alex est surnommé le Tank. Oui et bien sa frappe, c’est comme un tir de Tank. Ca fait très mal. J’ai donc vu 36 chandelles… et quitté le terrain en Thiago-barquette, l’international italien m’ayant ramenée à l’intérieur pour quelques soins. Dommage que je ne m’en souvienne pas, ça devait être bien. Qui a maintenant un bel œuf de pigeon sur le crâne ?

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Salade niçoise

© C.Gavelle/PSG

Nice. La promenade des anglais. Le Negresco. Le stade de la Rey. « Du cul » balance Hoarau.

Thiago ne comprend pas et me demande de traduire. Armand suggère que je le fasse en images. Néné relance de dix et propose que je montre aussi mes seins. « Mes nénés », tient-il à préciser. Alors que c’est le seul mot que tous les joueurs connaissent.

Ils sont en forme nos garçons. En même temps c’est une mise au vert, ils ont un peu faim. Mais à deux jours de la Saint-Valentin, c’est pas le romantisme qui les étouffe… en même temps, ils seront  aussi au vert, vu qu’on sera à Dijon. La Saint-Valentin à Dijon. L’amour parfum moutarde. Mourir.

Ici, l’ambiance est chaude, parfum pizza. Dans les tribunes, un mec me demande ce que je veux. « Une Calzone ». Il ne comprend pas. Purée même en humour, on est premiers du championnat. Les niçois gueulent. Le plus drôle, c’est qu’ils nous traitent de paysans. Euh.. Je suis fébrile. Dans les vestiaires, Alex s’est mélangé les chaussettes avec Motta. Surréaliste. Ils ont des valises toutes prêtes et ils arrivent à se planter. Vraiment les mecs… Sirigu, lui, grogne parce que je ne vais pas assez vite pour fixer ses protèges tibias au gaffer. Ils sont un peu chiants ce soir.

Retour dans les tribunes, juste à temps pour l’entrée des joueurs. Ils n’ont aucune chance de m’entendre, mais je leur parle. Jolie Poupée Ménez appelle le ballon, bien vu Néné, mais Ospina est sur le coup. C’est pas pour rien qu’on parlait de lui l’an dernier pour remplacer Edel. Gameiro tente. Au loto du ballon rond, il n’a toujours pas de chance. De toutes façons le jeu est un peu cracra. En plus Jolie Poupée Ménez et Néné ne se trouvent pas.

Nice a faim, mais Captain Mamad est là. Hey, c’est son birthday demain, avec une grosse soirée en rentrant de Nice, il va vouloir faire le beau. Faute sur Maxwell. Sherrer protège le ballon comme si c’était un bébé. On lui explique ? Sirigu, lui, dirige sa défense. En parlant avec les mains, les pieds, et parfois aussi la voix. Alex se fait remarquer. Et ne fait pas dans la dentelle.

Côté niçois, Mouloungui a décidé de se prendre pour Jolie Poupée Ménez, crête incluse. N’y allons pas par quatre chemins, c’est moche. Très moche. A peu près autant que le vilain geste de boucher de Bisevac, qui semble vouloir repartir avec un tibia. Ceci dit, Abriel qui prend Ménez par derrière, c’est pas beaucoup mieux. Si ce match se termine sans blessés ni cartons rouges, on aura de la chance.

Et tout à coup la frappe de Mounier. Et la claquette de Sirigu. Juste magique. Mounier envisage maintenant de se suicider à coup de smarties. Dé-goû-té par cet arrêt. Je suis joie, je danse la samba, je remue des fesses, je fais la choré de Michel Télo. Oui parce que Ai se eu te pego, ça signifie « Ah si je t’attrape ». Comme la balle. Ou moi. A la base c’est Néné qui a lancé la mode dans les vestiaires, puis pour célébrer les buts, et pour moi la danse des arrêts de Sirigu. Enfin jusqu’à ce que Leonardo me retienne par le maillot. Oh ça va hein ! Jaloux…

Ca repart, et Galimeiro loupe une passe. Je grogne. On a du mal. Ca circule, mais en mode Jean-Claude Dusse : on n’arrive pas à conclure. Néné se prend un pastis. Ca fighte entre Néné et Civelli, Monzon reste à terre. C’est le Bronx sur herbe là. Fair-play, Néné jette un oeil au tatouage qu’il a fait à Monzon. Je ris. Très fort. Sinon pas un ne pense à Sirigu pour calmer Civelli. Pourtant, ils jouaient ensemble à Palerme… Je dis ça, je dis rien. Je commence à m’impatienter : on ne m’a toujours pas apporté ma calzone. J’en parle à Léo, qui appelle Paris pour m’en faire livrer une. Ca ne va pas mieux, Léo. Parfois, il perd tout sens commun.

Et là, c’est le drame. L’arbitre réprimande Ancelotti. Ancelotti fait « oui, oui », mais on sait tous qu’il n’a rien compris. Makélélé vient à sa rescousse, mais doit se lever pour ça. En même temps, il fait 1m12 Claude… L’arbitre voit rouge, et lui hurle « Assis, assis, assis ». Comme si Maké était un chien galeux ! Maké lui indique qu’il est de mauvaise foi.. et se fait exclure. Comme au bon vieux temps. Reste que c’est n’importe quoi. Ancelotti pleure.

Néné s’offre un joli coup du sombrero pendant que Sissoko balance tout ce qu’il a au bout des crampons pour décrocher le jaune. Qu’il finit logiquement par obtenir. On lui dit que ça n’est pas un Oscar ? Ca flotte. Et Nice joue à 35 en défense. J’ai le mal de mer. Alex fait une petite poussette au putois niçois. En même temps une petite poussette d’Alex, c’est un lancer de nain pour n’importe qui d’autre. Mais bon. On nage en pleine couscous party avec un arbitre totalement fêlé. Corner party aussi, un peu.

Clerc tente une reprise qui se termine en publicité pour n’importe quel revendeur de lunettes. M’est avis qu’il se cherche un équipementier… Joli tacle de Captain Mamad. Talonnade de Néné pour Galimeiro et… Et ??? K-e-v-i-n ??? Hors cadre. Bisevac. Idem. Mouloungui le putois ? Dans les bras de Sirigu. Ménez réalise un magnifique grand pont… mais tout seul. Alors que tout le monde connaît le tennis-ballon, Jolie Poupée Ménez invente le foot-balle. C’est comme du foot, mais tu joues tout seul avec la balle. Sur ce c’est la mi-temps, sur le score mirifique de 0-0.

Direction les vestiaires où Gilles Bourges félicite chaleureusement Sirigu. Hey mais c’est mon job, moi j’ai deux nichons et une langue ! WAG power ! Bon, la place étant prise, je console Galimeiro. Et aide à fixer les protèges de Jallet, qui file à l’échauffement en remplacement d’Alex. Et ça repart. Sissoko accroché. Le putois Mouloungui rencontre un Sakho. Puis shoote une taupe. Ce soir, c’est une spéciale Les animaux du monde ! Mais je m’ennuie. Tellement que j’ai le temps de voir que Mouloungui a l’étiquette qui dépasse de son maillot. Vraiment pas classe. C’est pas jouli. C’est pas Paris.

Avec tout ça, toujours pas eu l’occasion d’évoquer Joli Cul Bodmer. Qui est inexistant. Quant à Galimeiro, il ne parvient plus à conserver un ballon. Je suis au bord du suicide à la Calzone. Que ce type ne m’apporte toujours pas. Je veux une pizza !!! Leonardo commence à avoir peur de moi. Et soudain, Galimeiro envoie une frappe cadrée. Yeaaahhhh…. Arrêt d’Ospina. Je pleure ma pizza, là.

Guillaume A-hauts-risques remplace Galimeiro. Je me lance dans des incantations bizarres pour qu’il plante la même tête qu’ à l’entraînement. Anin frappe… Loin du cadre. Très loin. Jolie Cul Bodmer relance pour Néné, qui passe à Hoarau, tête, et Ospina. Groumpf. Réponse du berger à la bergère en contre, par une frappe lointaine de Monzon. Parade de Sirigu. Youhou !!!

Joli Cul Bodmer se couche sur Abriel. Euh… Frappe de Sissoko. Trop haut. Essaie encore. Pendant ce temps, personne ne voit les appels d’Hoarau. Ca rassure Galimeiro : ça n’est donc pas un problème de taille… Bref, on patauge dans une salade niçoise un peu trop chargée en huile d’olive. Du coup Ancelotti a les boules. Totalement raccord avec le sapin de Noël. J’en suis réduite à modeler un santon footballeur dans une boule de pâte d’amandes, à lui construire une petite crèche, et prier le Saint Chantôme. Mon cerveau a dû fondre…

Abriel tente sa chance. Sirigu tue dans l’œuf cette frappe. Salvatore le bien nommé… Je suis raide dingue. J’en enlève mes talons de 12, maintenant je danse pieds nus. Par le froid qu’il fait. Ouais, ouais. Ca vire au n’importe quoi. Ospina se fait mal. Difficile de voir si Jolie Poupée Ménez lui a collé une mandale au passage. Ancelotti est furax après Joli Cul Bodmer, qui sort et cède sa place à Matuidi.

Alerte : Hoarau fait une très belle reprise. La Guille a l’air en forme, mais c’est juste au dessus. Nice se met au grand classique de la faute sur Néné. Y-a-t-il une équipe dans ce championnat qui ne soit pas obsédée ??? Nouvelle tête d’A-Hauts-Risques. Magnifique. Ca va finir par rentrer. Du moins, ce serait bien. Côté Nice, ça ne va pas mieux. Palun a le même serial coiffeur que Ménez, et Mouloungui laisse traîner ses mimines.

On enchaîne par un petit coup franc pour une faute sur Ménez. Jallet plante une énorme frappe, presque ! Et puis Jolie Ménez m’a tué. Tant de suffisance, ça n’est plus un brin, mais une crinière ! Puis Néné croque tellement la feuille qu’il en perd toutes ses dents. Heureusement, il cadre le coup franc direct qu’il obtient ensuite, mais hélas Ospina est sur la trajectoire. Et dire que Civelli allait la prendre de la main… C’est fini, sur ce score exceptionnel de 0-0.

Du bord du terrain, j’observe Sirigu répondre à Mourad, de Canal +. Cette fois, pas de « puto dio », ça se passe bien. Son français est parfait. C’est fou ce que j’ai fait du bon boulot avec lui. Allez c’est pas tout ça, mais direction le tryptique car-avion-car, parce qu’on a une fiesta ce soir pour les 22 ans de Captain Mamad !!!

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So Nice !

© C.Gavelle/PSG

Samedi matin, et je tente de faire mon sac pour le déplacement à Nice.

Tout à coup, je comprends pourquoi le club fait porter aux joueurs tous ces horribles survêtements lors des déplacements : au moins en leur fournissant les uniformes, ils sont certains de ne pas oublier de fringues.

Hum. A ceci prêt que personne ne leur fournit les sous-vêtements. T’imagines le drame si Néné oublie son caleçon fétiche Brasil ? Ou si tout autre joueur oublie ses slips et qu’il joue avec les parties qui ballottent ? Techniquement, ça me semble tout de même un point de détail important. Bref.

Pour ma part, j’échappe à l’habillage Club, je dois donc constituer moi-même mon petit sac. Sans oublier ni sous-vêtements de rechange –que pourtant quelqu’un retire à chaque fois du sac, je crois qu’il tente de me passer un message… peut être le fait que je porte un mini-kilt ?-, ni pulls, ni talons de 12, et en évitant que ça ne pèse trois tonnes : après tout on ne passe qu’une nuit dehors. Tout ça un samedi matin pendant que La Chose prend son café vu que lui, il n’a que sa petite besace à préparer et donc juste son MP3 et son chargeur à penser. Envie de pleurer là. Calimero time.

Direction le Camp des Loges, pour un dernier entraînement avant la mise au vert et le départ pour Nice. Première étape, la conférence de presse d’avant-match du Coach. Au premier plan, une cannette de Red Bull. Je ris. Puis je la prends, et je la bois. Poupette Style.

Juste après, les garçons s’entraînent sous le dôme, mais je reste à l’intérieur. D’une part, je suis sapée pour le départ, donc pas question de recommencer ce qui m’a pris un temps dingue à mettre en place. D’autre part, le service de presse m’a apporté 12 milliards d’articles en italien pour que je fasse le tri dans ce qui est intéressant. WTF ?

99% des articles ont juste traduit l’Equipe, le seul truc intéressant porte sur la réaction de Viviano à la rumeur selon laquelle il intéresserait le PSG. Genre il viendrait prendre ici une place de numéro 2 alors que le départ de Sirigu lui a permis d’arriver titulaire chez les rosaneros. Mais bien sûr… Et la marmotte ? Tu m’étonnes qu’il dément. Tout ça pour ça. Je me sens ravioli, la tête farcie à la bouillie de cerveau. Le prochain qui me parle italien, je le tue. Je suis française, mettez vous ça dans ce qu’il vous reste de crâne !

Dans le car, Bodmer s’installe à côté de moi. « T’as bien du Toblerone qui traîne Poupette ? ». Je lance un Toblerone-Scrabble : celui qui arrive à faire un mot a droit à un triangle. Forcément dès qu’on retire des lettres, ça se complique. Ménez propose Blero. Forcément, il perd. Il pleure. Matuidi gagne avec Neron. Oui, il a compris que les triangles sont double face et que donc, il suffit d’en retourner un pour avoir une autre lettre.

Dans l’avion, je lis l’autoportrait de Claude Berri. J’explique à Salvatore, qui est cinéphile, qui est Claude Berri. Un type à qui tu dis toujours merci. Et à Ménez que sur son échelle, c’est le 6124789522335452122355 épisode de Oui-Oui. Oui, tant que ça… Il pleure. A l’arrivée à Nice, je fais croire à Hoarau qu’on va se crasher en mer. Plus on descend, plus j’insiste, en lui disant que l’avion se rapproche dangereusement de la mer, et qu’on va finir par toucher l’eau. Il flippe. En même temps c’est le principe, la piste est en effet constituée d’une longue avancée sur la Méditerranée. J’adore atterrir à Nice.

Arrivée à l’hôtel, installation, dîner… on se prépare une petite soirée rugby France Irlande. Hélas, la pelouse étant congelée, le match est reporté. Groumpf. Du coup, on se fait un poker. Ca part un peu en sucette, Sirigu veut défoncer Néné qui m’a demandé si je me couchais. Je siffle la fin de la récré : « Si je ME couchais, Salvo, pas si je couchais… » De l’importance du pronom dans la construction d’un verbe pronominal. Penser à demander à sa prof de français de lui faire un cours là-dessus.

Galimeiro ne veut pas jouer. Il a déjà trop perdu au jeu de l’avion. Le pauvre Ménez se fait dépouiller. Hoarau l’appelle Martoni. Parce qu’il bluffe. Ou pas. Avec Guillaume, on se fait dans grands signes avec les mains en disant « O.D.I.L ». Personne ne comprend. Ces joueurs n’ont strictement aucune culture. Ca me déprime. Je me couche sur Sirigu. Dans tous les sens du terme. Ca va finir en strip-poker…

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Grave amoureux

© PSG Girl

Lever en douceur après la journée off d’hier. J’aime les journées off. Surtout en semaine, on peut fair plein de trucs sympas. Genre du shopping de WAG. Ou pas. Bref.

Café, jus d’orange, biscotte… et l’Equipe. Avec un magnifique portrait de Salvo que je suis bonne pour traduire en rital dès le petit dej.

Hum, je constate que Jallet a réussi à placer ce surnom que je déteste. Adamo. Parce que Salvatore Adamo. Mais qui aime Adamo ? Sérieusement, ça pue la naphtaline !!! Mon Salvatore à moi n’est pas vieux, n’a pas une improbable coupe de cheveux qui tient à grands renforts de laque Elnett de chez l’Oreal, et ne chante pas des chansons à l’eau de rose !!! Ca fleure bon les années 60, et je déteste les 60’s. Dans le même style, j’aurais préféré Dali. Ou pas. De toutes façons, je ne l’appelle jamais comme ça. En privé, je ne vous le dirai pas. En public, c’est Mimisiku. Cherchez pas.

Et c’est parti pour la traduction. Avé l’assent. Ou pas. J’arrive tant bien que mal à la fin de l’article en déclamant péniblement : “Questa stagione, dopo gli incontri di Palermo, la chiede sempre come quello e avvenuto per il gruppo, per me” dice Federico Balzaretti, il difensore di Palermo: “E un amico molto caro. Si passa anche molto tempo insieme in occasione delle raccolte del Squadra Azzura. Spere che andremo tutti all Euro 2012”. Il sourit et m’achève : “J’avais compris”. Okay, tu es bilingue, et en fait tu voulais tester mon italien. Qui est très approximatif. Voire carrément nul. Parfois, je le hais. Heureusement qu’il sait donner plusieurs sens à l’expression cours de langue

Mon smartphone n’arrête pas de biper. Je reçois des tonnes de textos mentionnant tous la même chose : « Grave amoureux ! », en référence à la déclaration d’un de ses coéquipiers dans l’Equipe. Encore un qui n’a pas su fermer sa grande bouche, et j’ai déjà une bonne liste de suspects. Il finit par prendre mon téléphone et regarder mes textos pour comprendre ce qu’il se passe. Oui, je l’y autorise. En même temps je regarde aussi les siens. C’est intime, oui, mais nous sommes intimes. C’est comme ça lalalala…. Je ne veux pas t’abandonner mon bébé.

Ceci dit, mieux vaut relativiser ce que dit la presse. Après tout, Emilie du 59153 était soi-disant enceinte, alors que pas du tout : comme dirait Julien Cazarre, si Jolie Poupée Ménez marquait un but à chaque fois qu’il tire, ça se saurait. J’aime bien Julien Cazarre. Il me fait rire. Et dans l’Equipe de ce matin, on apprend aussi que Pastore a perdu 3 kilos parce qu’il avait une gastro… trois kilos, pour cette raison, peu crédible à moins qu’il ait dévalisé le stock de chili con carne d’un mexicain pas très frais. Bon appétit bonjour, et mon estomac ne résiste pas longtemps à l’image mentale d’El Flaco se vidant par derrière. Beurk !

El Flaco, justement, qui reprend aujourd’hui l’entraînement avec un préparateur physique attitré, le gentil Denis. Tiens, aujourd’hui, le Dôme est à nouveau en place. Au programme, un atelier physique assez intense pour les joueurs de champ. La séance se termine sur un défi : l’équipe doit mettre cinq buts aux gardiens. Qui perdent. Et se prennent le tarif : et une série de pompes pour les quatre portiers, une !

Tout le monde est franchement mort de rire, même les gardiens. Sauf un, celui qui n’aime pas perdre. Et qui en bon perfectionniste, met un peu trop de sérieux dans l’exercice. Alors pour lui, Carlito corse le défi : non seulement il doit faire les pompes, mais avec moi en dessous, sans céder à la tentation. Il pleure. Et je fais évidemment tout pour qu’il cède… ce qui arrive naturellement, mais après la série, et ailleurs que sous l’œil de l’équipe. On a beau être sous un dôme, c’est pas Loft Story !

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Bouchée glacée

© C.Gavelle/PSG

Nouvelle surprise à l’arrivée ce matin : le dôme est en train d’être retiré, parce que le vent rend la structure dangereuse.

C’est donc dehors, par -3°, que les garçons évolueront. Une pensée pour mes fesses qui vont congeler. Vague impression d’appartenir à la famille Courjault, là…

Mais pour l’heure, y’a interro pour Galimeiro, qui passe son grand oral en conférence de presse. L’occasion pour moi de vérifier ses progrès. S’il foire, il sera privé de MP3. Autant vous dire que mon petit bonhomme a la pression. Histoire de l’accompagner mentalement, j’en bois une, de pression. Kevin s’en sort plutôt bien. Je décide de lui mettre 13. Il pleure. Parce que la semaine dernière, il a vu Vendredi 13. Ah ouais, c’est vraiment un ado. Bon va pour 14 alors. Mais c’est mon dernier mot, Jean-Pierre.

Après un petit échauffement en salle, c’est parti pour l’entraînement dehors. Tout le monde a sorti les gants, bonnets, cache-cols, écharpes… S’ils n’étaient pas en rouge et bleu, on jurerait que c’est Ocean’s 25 et qu’on va attaquer une banque. Ceci dit, on a bien prévu de faire la razzia sur la Ligue 1. Mais bon, j’ai quand même vaguement l’impression d’être au milieu d’un groupe d’indépendantistes corses camouflés en PSG boys.

Vu qu’il reste encore un peu de neige sur le terrain, j’ai sorti les Moon Boots. Mais en rouge, pour être raccord avec nos couleurs, pas comme l’atroce orange des joueurs de Saint-Etienne. Orange et vert, ils sont vraiment mal lotis. Alors que nous, en rouge et bleu, on a la classe… Je pense d’ailleurs qu’on devrait faire des Moon Boots pour fesses. Voire l’équivalent des combinaisons de cosmonautes en Moon Boots. Enfin en Moon. Cosmonautes, moon, y’a un rapport. Enfin si tu parles anglais. Parce que là, dehors, j’ai vraiment froid à la culotte.

Du coup je fais spontanément des longueurs de terrain, pour tenter de me réchauffer. Sous l’œil éberlué de Paul Clement, qui se demande quelle mouche a pu me piquer. Et si ça existe, l’inverse de la mouche Tsé-Tsé. Puisqu’on en est là, les Moon Boots, c’est pas l’idéal pour courir. Ca pèse une tonne ! Et puis ça me donne une allure bizarre.

Mes pieds ont doublé de volume : ils ressemblent à des bouts de jambon au bout d’une pique en bois.  Je suis devenu un apéro géant. Si Guéant apprend ça, je suis bonne pour la geôle. Déjà que je fricote avec un italien, je sens que mon compte va vite être bon. Et pas en version Des Chiffres et des lettres ! D’autant que je sens qu’il  y en a un qui ne ferait bien qu’une bouchée de moi…

Les garçons terminent enfin leur séance, et je récupère les attaquants pour une petite leçon de français. Hoarau, meilleur élève de toute la promo, est dispensé. J’ai donc avec moi Néné, Pastore, Galimeiro et Jolie Poupée Ménez. Néné décrète qu’il veut que j’applique la même méthode qu’avec Sirigu : s’ils travaillent bien pendant le cours, je devrai montrer mes seins. Et moi, je veux que Jolie Poupée Ménez arrive à faire une phrase de type Sujet-Verbe-COD sans faute de syntaxe. Bref, c’est la guerre.

Ceci dit, je suis tranquille, car Ménez ne tarde pas à ouvrir la bouche : « Poupette si tu montrerais tes seins je vais bien parler ». Mes oreilles saignent. Les autres lui jettent des boulettes de papier, énervés qu’il mette à mal le défi du jour. Il prend le tarif : copier 100 fois « Poupette, si tu montrais tes seins, je parlerais bien. » et un rendez-vous pour un cours particulier sur la concordance des temps. Et je n’ai pas à montrer mes seins. C’est ça de vouloir faire les malins… Gniark gniark gniark !

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